Psaume 105

R/ Souviens-toi de nous, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
 (cf. Ps 105, 4)

Heureux qui pratique la justice,
qui observe le droit en tout temps !
Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.

Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
Ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d’agir.
Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c’est un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons.

De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.
Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur.

La liturgie propose un extrait du psaume 105. Ce passage est un cri vers le Seigneur : devant la réalité de son péché,  le psalmiste en appelle à la bienveillance de Dieu pour son peuple.  Et du verset 6 au verset 44, ce psaume évoque l’histoire du peuple hébreu, depuis la libération d’Egypte,  avec sa traversée du désert et son installation en Canaan. Un chemin mouvementé qui alterne action de grâce et récriminations,  oubli de Dieu et adoption des pratiques des païens.

*Je prie aujourd’hui avec ce psaume ;  les mots de ce psaume peuvent me renvoyer à ma propre histoire. Je me mets sous le regard du Seigneur et je fais mémoire de ce qui fait ma vie. Je peux demander la grâce de prendre conscience de mon péché, c’est à dire de ce qui m’éloigne de Dieu.

Je peux aussi demander la lumière en prenant  le refrain de Taizé : « Christ, Lumière intérieure »

« Heureux qui pratique la justice » : je peux  d’abord évoquer les moments où j’ai le sentiment de vivre l’Evangile, d’être ajusté à ce que veut le Seigneur pour moi. Ai-je ressenti alors du bonheur ?

« Ils apprennent les manières d’agir  des  païens» : dans notre société sécularisée, quelles sont les attitudes qui vont à l’opposé de l’Evangile ? Les pratiques qui ne sont pas celles du droit et de la justice ?  Est-ce que personnellement j’y participe d’une manière ou d’une autre ? Comment je vis cela 

« Ils servent leurs idoles » : quelles sont les idoles de notre temps ? Ce qui est recherché avant tout : la réussite, l’argent, la beauté, la notoriété… ? Personnellement,  qu’est-ce qui compte vraiment  pour moi ? Y a-t-il en moi des attachements qui  passent avant la louange et le service du Seigneur ?

*Je m’adresse au Seigneur et lui partage le fruit de ma méditation. Je peux lui demander pardon pour ce qui n’est pas ajusté à son projet de vie pour moi ; je peux lui demander son aide pour me libérer…

Ce psaume est aussi un psaume de louange ; il commence par une invitation à rendre grâces pour l’amour du Seigneur :

Rendez-grâce au Seigneur : Il est bon !
Eternel est son amour !

Il se termine par une bénédiction de Dieu dont l’amour est fidèle et qui sauve.

Il se souvient de son alliance avec eux ; 
dans son amour fidèle, il se ravise :
il leur donna de trouver grâce
devant ceux qui les tenaient captifs.

Sauve-nous, Seigneur notre Dieu,
rassemble-nous du milieu des païens,
que nous rendions grâce à ton saint nom,
fiers de chanter ta louange !

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
depuis toujours et pour la suite des temps !
Et tout le peuple dira : Amen ! Amen !

*Je peux faire mien l’un ou l’autre verset et le répéter.

Puis je me tourne avec confiance  vers le Dieu de Jésus-Christ, Lui qui est fidèle à son alliance, qui est tendresse et miséricorde et je dis un Notre Père.

Je peux terminer ma prière en reprenant le refrain de Taizé.

Avec quelques jours de retard, méditons la Présentation au Temple

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22,40)

Je prends le temps de me disposer pour une rencontre avec le Seigneur et l’écoute de sa Parole. Je trace sur moi le signe de croix. Me rendant attentif à ma respiration, sans la forcer, je prends conscience à travers l’air que je respire que j’appartiens à l’humanité tout entière, à la Création. En même temps, je crois que dans la multitude, Dieu s’adresse à moi personnellement, dans une relation unique. Je demande la grâce de la consolation.

Je lis le texte d’évangile, et retrouve un épisode que je connais bien. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent les rites juifs : la purification de la femme qui a accouché et la présentation au Temple du premier né « consacré au Seigneur ».

Pas de prêtre pour recevoir Marie et Joseph, mais Syméon, un homme juif extérieur au service du Temple, qui vient, poussé par l’Esprit. Il va prononcer successivement un cantique et un oracle. Une vieille femme, la prophétesse Anne, loue le Seigneur.

Pour accueillir le texte, je m’aide du tableau de Fra Angelico

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J’observe le cadre : pas de représentation solennelle du Temple, mais, une relation entre des personnages, un échange de regards. Au-delà du cultuel se joue ici une reconnaissance intérieure du Christ.

Je m’arrête sur le choix des couleurs. Un fond rouge, la robe rouge de Marie et le nimbe crucifère rouge du Christ, en écho à l’oracle de Syméon qui annonce la Passion.

Les tons or des auréoles et des tuniques de Joseph et de Syméon (tunique or et verte, couleur de l’Espérance). Signe du Christ annoncé comme « lumière qui se révèle aux nations. »

Je contemple maintenant les personnages :

  • Tous les regards sont tournés vers Jésus.
  • Joseph, présentant les deux tourterelles qui vont être sacrifiées, conformément à la prescription du Livre du Lévitique. (12, 1-4). Le regard de Joseph dit la profondeur de son écoute de l’oracle de Syméon. Étonnement, peut-être saisissement.
  • Marie, qui tend les mains en un geste d’offrande. Elle fait don de son fils. Au sacrifice rituel prescrit par la Loi se substituera bientôt l’offrande par Jésus, de sa vie.
  • Syméon « qui reçut l’enfant dans ses bras ». L’intense échange de regards entre Syméon et Jésus souligne l’accomplissement de la promesse, pour Syméon qui sut reconnaître dans ce nouveau-né la consolation d’Israël.
  • Sur la droite, la prophétesse Anne qui contemple Jésus, prosternée.
  • Sur la gauche, St Dominique. Fra Angelico est dominicain. La figure du dominicain représente l’Église, dépositaire de la Nouvelle Alliance.

Je rends grâce pour la sérénité de cette scène. Sans rien occulter du drame de la Passion, le peintre nous invite à contempler Jésus consolation et lumière des nations.

Le texte met en présence deux vieillards, derniers représentants de l’Ancienne Alliance, reconnaissant dans le nouveau-né, le signe de la consolation, du salut et de la délivrance.

Jésus, annoncé comme Messie, est reconnu par Syméon comme « le salut que tu préparais à la face des peuples ».

Après l’accomplissement du rite, Joseph et Marie « retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth ».

  • Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur. Je peux lui rendre grâce pour les germes de nouveauté que je pressens aujourd’hui. Je peux lui présenter mes résistances à la nouveauté. Je prie pour ceux, qui ont aujourd’hui, besoin de connaître la délivrance.
  • Dans ma prière, je m’unis aux consacrés fêtés à l’occasion de la fête de la Présentation au Temple. Je prie le cantique de Syméon, dit chaque jour à l’office de complies, comme une expression privilégiée, à la fin du jour, de gratitude, de paix et d’espérance.
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Je termine par le signe de croix.

Prier avec le quotidien vu par Vermeer

La laitière -Huile sur toile 45,5 x 41 cm- Johannes Vermeer – Delft – 1658

Je me dispose à prier en regardant ce tableau de Vermeer. Je prends le temps de la respiration et me rend disponible. Je peux demander la grâce au Seigneur de voir autrement ce qui fait mon quotidien.

Je regarde la femme qui est au centre du tableau ; elle est robuste et porte des habits de servante. Elle est là, dans un humble intérieur, toute absorbée par son activité. De ¾, la tête légèrement penchée, elle regarde le mince filet de lait qui coule de sa cruche et vers lequel converge aussi notre regard.

Ce qui frappe d’abord c’est peut-être la douce clarté qui inonde la pièce ; la lumière  qui arrive par la fenêtre à gauche illumine le mur du fond qui irradie la femme et les objets qui sont à l’intérieur. Lumière qui se reflète sur les parties plus claires : la coiffe de la femme ;  son buste et ses avant-bras, le filet de lait qui sort de la cruche, puis les morceaux de pain sur la table.

Je regarde les couleurs : le contraste entre le jaune du bustier et le bleu du tablier et du linge posé sur la table ;  et aussi  le passage entre ces 2 couleurs  qui se fait dans le vert du bas des manches retroussées et de la nappe.

Je regarde les accessoires qui tous évoquent la vie ordinaire: le panier et  le seau en laiton accrochés au mur à gauche ; la chaufferette au sol ainsi que les quelques carreaux de faïence de Delft en bas du mur ; les objets posés sur la table, une corbeille tressée, une cruche et un plat en terre cuite, un pot de faïence émaillée.

Je peux aussi penser à st Ignace de Loyola qui invite à « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » ou encore à ste Bernadette : « Je ne vivrai pas un instant sans que je ne le passe en aimant. »

Ou encore à Madeleine Delbrêl qui a entendu l’appel à vivre l’Evangile dans la vie ordinaire : « nous pensons que faire de toutes petites choses pour Dieu nous le fait autant aimer que de faire de grandes actions. »

Je prends alors le temps de regarder ce qui fait ma vie, au fil de mes journées : les temps de repos, les déplacements, les activités choisies ou subies, les gestes du quotidien…

Quels sont les moments où je suis pleinement présent à ce que je fais ? Où je me sens à ma place,  ce qui me procure paix et plénitude ?

Quelles sont les activités qui me pèsent ? Puis-je dire pourquoi ? D’où vient cette insatisfaction ?

Comment je vis tout cela en relation avec le Seigneur ?

Je peux lui rendre grâces pour la vie donnée ; pour ce qui est bon pour moi ; ce qui a eu goût d’Evangile … Je peux lui confier mes difficultés ou mes questionnements ;  les personnes avec lesquelles je vis, je travaille ; le monde qui m’entoure…

Je peux aussi envisager la journée de demain et lui demander son aide pour telle ou telle activité ou lui demander  de vivre en sa présence ou encore  lui offrir tel ou tel travail…

Je termine en disant un Notre Père et en écoutant le chant : « Trouver dans ma vie ta présence ».

Psaume 116

  • Je prends un temps à l’écart, pour me mettre à l’écoute du Seigneur. Je dépose mes préoccupations, tout en les confiant à Dieu, assuré du travail de l’Esprit en moi. Je me tiens en union avec les catholiques du monde entier qui prient, ce jour, ce psaume. Je me mets en présence du Dieu Trinitaire, en me signant. Je demande la grâce de la louange.
  • Le psaume 116, constitué de deux versets, est le plus court du psautier. Chez nos frères juifs, il fait partie du hallel, l’ensemble des psaumes 113 à 118, récité le jour des fêtes juives et les jours de louange. Je le lis lentement, et le reprends plusieurs fois, en intériorisant chacun des termes.

Louez le Seigneur…expression que nous disons régulièrement dans nos liturgies, lorsque nous proclamons « alleluia » (Littéralement « louez Yahvé » en hébreu).

« Tous les peuples / tous les pays ». Le psalmiste est un juif, mais a conscience que le Dieu unique est le Dieu de tous les peuples.

« Son amour envers nous s’est montré le plus fort ». Au cœur de l’Histoire Sainte, le psalmiste relit son histoire et celle de son peuple, pour repérer, dans sa propre expérience, l’amour du Seigneur, en dépit des épreuves traversées, des infidélités vécues.

« Éternelle est la fidélité du Seigneur ». C’est cette expérience qui permet au psalmiste de croire à la fidélité du Seigneur.

Je relis le psaume, en laissant retentir en moi, les mots qui entrainent ma louange : amour, fort, éternelle, fidélité…

Je me tourne maintenant vers le Seigneur. Parlant sans cesse à son peuple, il s’adresse à moi personnellement et m’invite à lui parler comme un ami parle à un ami.

Je donne place, dans ma prière, à la louange, et confie au Seigneur ceux, qui, aujourd’hui, ont besoin de ressentir que son amour se montre le plus fort.

Je termine ma prière en disant « Notre Père… », qui commence par un appel à la louange : « que ton nom soit sanctifié. ». Avant de retourner à mon quotidien, je trace sur moi le signe de croix.

Qui est Saint Vincent, patron des vignerons ?

Il est fêté ce jour, 22 janvier, et de nombreuses manifestations festives ont lieu dans les régions viticoles.

Vincent est né à Huesca en Espagne au IIIème siècle, il fut ordonné diacre à Saragosse. Persécuté et torturé sur l’ordre de Dacien, préfet de la ville, Vincent est mis à mort à Valence en 304.

Les sermons prononcés par St Augustin à propos de Vincent se présentent, non pas comme des récits biographiques, mais plutôt comme des œuvres doctrinales.

L’auteur met ainsi  en avant des qualités morales vouées à l’édification des fidèles. Le nom du diacre, Vincentus, c’est-à-dire le victorieux, sert ici de socle à la prédication de St Augustin.

Tableau de Tomas GINER musée du Prado-1462-1466

Saint Vincent est vêtu de l’aube et de la dalmatique (vêtements du diacre), le livre de la Parole sur le cœur.  Une meule est attachée à son  cou, il foule un Maure de ses pieds  et porte la palme du martyre.

Prière à St Vincent :  prononcée par Monseigneur Turini à l’occasion de la St Vincent.

Néons sur Creuse-Brenne

Psaume 55

R/ Sur Dieu, je prends appui :
plus rien ne me fait peur.
 (Ps 55, 5bc)

Pitié, mon Dieu ! 
Des hommes s’acharnent contre moi ;
tout le jour, ils me combattent, ils me harcèlent.
Ils s’acharnent, ils me guettent tout le jour ;mais là-haut, une armée combat pour moi.

Le jour où j'ai peur,
je prends appui sur toi.
Sur Dieu dont j'exalte la parole,
sur Dieu, je prends appui ;
plus rien ne me fait peur :
que peuvent sur moi des êtres de chair ?

Tout le jour, leurs paroles me blessent,
ils ne pensent qu'à me faire du mal ;
à l'affût, ils épient, ils surveillent mes pas ;
comme s'ils voulaient ma mort.
Toi qui comptes mes pas vagabonds,
recueille en tes outres mes larmes.
Le jour où j’appellerai, mes ennemis reculeront ;
je le sais, Dieu est pour moi.

Sur Dieu dont j’exalte la parole
sur Dieu, je prends appui :
plus rien ne me fait peur !
Que peuvent sur moi des humains ?

Mon Dieu, je tiendrai ma promesse,
je t’offrirai des sacrifices d’action de grâce
car tu m’as délivré de la mort
et tu préserves mes pieds de la chute,
pour que je marche à la face de Dieu
dans la lumière des vivants.

Je prends un temps au calme, dans mon espace de prière ou un endroit paisible et confortable.

Je me prépare à rencontrer le Seigneur, en communion avec toute l’Eglise…

Je m’installe, respire profondément et trace sur moi le signe de la Croix…

Je peux demander une grâce au Seigneur…

Puis je lis le psaume, plusieurs fois, à voix basse ou à voix haute…

Je repère les mots qui « m’accrochent »…

Dans la première strophe, le psalmiste implore la pitié de Dieu et évoque l’oppression qu’il subit.

Puis la peur (v.4a) fait place progressivement

  • à la confiance (v. 4b-5) qui le mène à s’en remettre tout entier à Dieu,
  • à la certitude de la protection divine (v.10b- 11- 12) qui éloigne toute crainte…

Enfin le psalmiste s’engage à la gratitude envers Dieu (v.13) …

Je peux faire référence à des versets bibliques :

Je relis le psaume et le laisse résonner en moi …

Quand l’angoisse m’habite, quand je perds pied, quand les moments obscurs m’oppressent, est-ce que je prends appui sur Dieu, sûr(e) de sa protection, de son amour ?

Est-ce que je m’appuie essentiellement sur mes propres forces ? Suis-je dans la colère ?

Je relis ces instants…

Puis j’en parle au Seigneur, comme un ami à son ami…

Et en communion avec tous mes frères et sœurs, je m’adresse à Notre Père…

Prier à partir d’une sculpture. Conversation d’Etienne

Etienne, né en 1952, est le fils du peintre Arcabas. Il travaille habituellement le bronze, en exploitant les diversités chromatiques de la patine. Ses œuvres, sont, pour une part, abstraites, mais toujours figuratives, prenant ainsi valeur de symbole.

Je m’installe à l’écart, dans le silence. Je m’efforce de quitter les bruits ambiants pour me rassembler en moi-même. Désireux de rencontrer le Seigneur, je fais le signe de croix. Je demande la grâce de la disponibilité à la rencontre et à la conversation.

Quelle impression d’ensemble est-ce que je ressens ?

Suis-je à l’aise devant ces figures stylisées ?

Qu’est-ce qui rapproche et distingue les deux personnages : attitude, expression… ?

Comment la lumière joue-t-elle sur la patine du bronze ?

Sculptés dans une matière lourde, ils se caractérisent néanmoins par une grâce aérienne, tenant dans un harmonieux équilibre.

Ces deux silhouettes se donnent à voir à travers leurs membres (bras, jambes, pieds) et à travers leur visage. Mais, simultanément, elles comportent une part de mystère, dans l’évidement de leur torse, siège du cœur, de l’intériorité, de cet espace sacré qui n’appartient qu’à chacun

Ces deux silhouettes ont des points communs, sont sculptées de la même matière, et pourtant sont bien différentes dans leurs postures.

Une posture qui dit l’ouverture, jambes écartées, main tournée vers son interlocuteur qui semble aider la voix à porter. Ce personnage parle.

Jambes croisées. Main tournée vers le bas, reposant sur le genou. Visage concentré.

Converser, c’est se tourner vers l’autre, dans le désir d’une rencontre, dans le désir de se rejoindre à travers une parole adressée, formulée par l’un, accueillie par l’autre.

Savons-nous, aujourd’hui, prendre ces temps privilégiés, faits de distance respectueuse, de délicatesse partagée, d’une expression respectueuse, d’une écoute attentive ?

« Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact, tout cela se résume dans le verbe dialoguer. Pour nous rencontrer et nous entraider, nous avons besoin de dialoguer. » (Pape François, Fratelli Tutti, n° 198)

M’identifiant au personnage de droite, je m’adresse au seigneur qui m’écoute. M’identifiant au personnage de gauche, j’écoute le Seigneur qui me parle.

Je peux rendre grâce des moments d’écoute où j’entre facilement en relation, je peux aussi confier  ce qui m’empêche d’être réceptif ou disponible.

Je confie au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage ont besoin d’écoute.

Je termine ma prière en disant le Notre Père, cette prière que le Seigneur laisse à ses disciples lorsqu’ils lui demandent « Seigneur, apprends-nous à prier… » (Mt, 6, 1). Je fais le signe de croix ;

psaume 43

Sauve-nous, Seigneur, par ton amour

Maintenant, tu nous humilies, tu nous rejettes,
tu ne sors plus avec nos armées.
Tu nous fais plier devant l’adversaire,
et nos ennemis emportent le butin.
Tu nous exposes aux sarcasmes des voisins,
aux rires, aux moqueries de l’entourage.
Tu fais de nous la fable des nations ;
les étrangers haussent les épaules.
Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours.
Pourquoi détourner ta face,
oublier notre malheur, notre misère

Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.

Je fais silence en moi, je dépose mes inquiétudes et je me tourne vers le Seigneur.

Je me rends présent(e) à Lui, je fais mon signe de croix.

Je demande au Seigneur une grâce, par exemple de m’aider à entendre ce qu’Il veut me dire aujourd’hui.

Je lis doucement le psaume puis 

Je fais mémoire d’un évènement pendant lequel je me suis senti(e) abandonné(e) par le Seigneur, submergé(e) par l’incompréhension ….

Ai-je osé lui crier ma détresse ? Lui dire « où es-Tu ? »

Je recherche les traces du passage du Seigneur dans ma vie au temps de cette désolation : ce peut être une personne que j’ai croisée, une musique entendue, un texte lu, une prière …tous ces petits clin-Dieu infimes, qui me disent Sa présence silencieuse auprès de moi….et moi, l’ai-je entendu me dire « où es-tu ? » ?

Je prends le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je Lui confie ce qui habite mon cœur … je Lui parle et Lui dis en vérité ce qui monte du plus profond de mon cœur

Je termine par un Notre Père et le signe de croix

 Prier avec «  l’adoration des mages »

Adoration des mages sous la neige – Huile sur bois – Pierre Brueghel  le Jeune (1564-1638)

Pour ce temps de prière,  je me présente devant Dieu, tel que je suis. Je fais silence et demande au Seigneur, de mieux le connaitre  à travers la contemplation de  ce tableau.

D’abord, je prends place et  regarde

les lignes, la lumière, les couleurs ; puis je fais attention à ce qui est représenté ; je regarde les détails.

Comment je reçois ce tableau ? Qu’est-ce que cela m’évoque ? Qu’est-ce qui attire mon attention ? Le titre de ce tableau est « l’adoration des mages sous la neige » ; qu’est-ce qui me surprend ?

Je regarde l’ensemble de la scène représentée :

le paysage représenté, les maisons, la neige, les vêtements, les objets… Manifestement cette adoration des mages prend place, non pas à Bethléem  au début de notre ère, mais dans un village de la campagne flamande du 16ème siècle.

Que provoque en moi cette inculturation ? L’évènement, relaté dans l’Evangile en Matthieu 2,1-12, a-t-il du sens pour moi aujourd’hui ? Je peux imaginer ma façon de représenter cette scène dans notre société du 21ème  siècle.

Le mystère de l’Epiphanie

Comment  je reçois cette Bonne nouvelle ?

Je regarde maintenant les mages venus adorer l’enfant Jésus

La scène n’occupe qu’une petite place dans l’ensemble du tableau, en bas à gauche. Ici pas d’étoile mais une  lumière chaude qui  vient de la maison 

où se tient Marie portant l’enfant Jésus dans ses bras.  Deux des mages sont prosternés tandis que le 3ème s’avance en portant son offrande. Certains villageois les entourent et se tournent eux aussi vers l’enfant.

Que suscitent- en moi ces gestes d’adoration et d’offrande ? Qui est l’enfant Jésus pour moi ? Quelle attitude ai-je devant lui ? Ai-je quelque chose à lui offrir ?

Je regarde le reste du tableau

Il y a du monde sur cette place de village ! Certains regardent le cortège des chevaux parés de rouge,  qui accompagne les mages,

mais d’autres s’en vont ou vaquent à leurs occupations ; les uns coupent du bois, transportent des sacs, vont chercher de l’eau… C’est une scène de vie quotidienne. La visite des mages ne semble pas attirer leur attention.

Mystère de Dieu qui vient humblement partager la vie humaine. Mystère de ce Dieu qui choisit ce qui est petit, humble pour  se révéler, au risque de passer inaperçu.

Mystère de Dieu aussi qui se révèle à ceux qui scrutent le ciel et qui les guide par sa lumière.Et moi, qu’est-ce que je cherche ?  A quels  signes, je peux reconnaitre la présence de Dieu  au cœur de la vie ordinaire ?

Je m’adresse au Seigneur et lui dis ce que cette méditation a provoqué en moi. Je fais monter vers lui ma prière.

Je peux terminer ce temps en disant cette  prière de Pierre Charland (Prions en Eglise) :

Avec les trois sages d’Orient
Seigneur Jésus, ta naissance me comble de joie !
Avec les trois sages d’Orient, je viens me prosterner devant toi pour te dire mon émerveillement devant le don de ta vie.
En ce début d’année, je t’offre moi aussi un présent : celui de ma foi et de ma confiance.
Conduis-moi jusqu’à toi, comme l’a fait l’étoile pour les mages.
Garde-moi de la violence et du mensonge,
et inspire-moi une action de grâce pour la grandeur de ta Création.
Guide-moi par ta lumière et revêts-moi de ta paix.
Remplis mon cœur de ton Esprit et rends-le fidèle à ton Evangile.
Je veux construire avec toi un monde d’espérance et d’amour !

Psaume 97 (98)

Dans ce psaume, qui célèbre la délivrance d’Israël, le psalmiste chante la Gloire de Dieu et étend sa louange à l’univers tout entier qui exulte de joie et acclame le Seigneur.

Avant d’entrer dans la prière, je m’installe confortablement et je calme ma respiration et mes pensées, afin d’être pleinement tourné vers le Seigneur.

Je me mets en sa présence en traçant le signe de la croix et en lui demandant la grâce d’être dans la joie de Noël, fêté il y a quelques jours et dans la joie de la venue des mages à Bethléem, que nous célébrerons dimanche prochain.

Je lis lentement le psaume et je répète les versets ou les mots qui me touchent particulièrement. Je peux notamment m’arrêter sur les termes qui clament l’allégresse pour les merveilles du Seigneur : « chantez au Seigneur », « merveilles » « victoire », «  battent des mains », « chantent de joie », « acclamez »

 Je peux ensuite méditer le psaume en m’aidant, si je le souhaite, de ces quelques points :

La Création elle aussi se réjouit et rend gloire à Dieu : je peux laisser venir à moi une ou des images des merveilles de la Création dans mon environnement plus ou moins proche et je les contemple.

 « un chant nouveau » : Suis-je prêt à accueillir la nouveauté dans ma vie, à me laisser surprendre et déplacer par l’inattendu ? Si cela est pour moi une difficulté, je peux demander au Seigneur son aide.

« il s’est assuré la victoire » : Qui dit victoire, dit combat. Je me remémore les combats que j’ai menés dans ma vie personnelle, professionnelle, familiale, sociale ou spirituelle et qui ont abouti à une victoire. Je peux rendre grâce au Seigneur de m’avoir soutenu dans ces situations où la vie l’a emporté sur la mort.

Je peux achever ma prière en partageant au Seigneur ce qui ressort de la méditation de ce psaume et en récitant ou chantant le cantique de Zacharie :

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui visite et rachète son peuple.
Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,
comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :
salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,
amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,
serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,
afin que, délivrés de la main des ennemis,
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ;
tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins
pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,
grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,
pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.