Je me dispose à la prière, en décidant de prendre un temps avec la Parole. Faisant taire en moi mes préoccupations du moment, je veux m’ouvrir à la Parole, en l’écoutant, en l’intériorisant. Je demande la grâce de sans cesse chercher à mieux connaître le Seigneur.
Je lis la Parole, m’imaginant, aujourd’hui, comme l’un des disciples auxquels Jésus s’adresse.

Évangile selon St Matthieu, 16, 13-20.
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples :« Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent :« Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ;pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda :« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit :« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit :« Heureux es-tu, Simon fils de Yonas :ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare :Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux :tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.
Nous méditerons la première partie du texte.

J’ai écouté ce dimanche la proclamation de ce texte de Matthieu…Je considère la façon dont l’évangile entendu lors de la messe dominicale continue ou non d’habiter la semaine qui s’ouvre. En fais-je mémoire ? Ai-je le souvenir de l’homélie entendue ? Est-ce que je retiens du texte et de son commentaire une piste pour ma prière ?
« Au dire des gens, qui est le Fils de l’Homme ? ».
Dans notre environnement sécularisé, il est encore de nombreuses représentations de Dieu, de Jésus qui circulent…Est-ce que je peux en repérer ? Y-a-t-il des représentations qu’il est important de questionner, dans le dialogue ?

« Et vous, qui dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ».
J’entends cette question, pour moi, aujourd’hui. L’évangile de dimanche nous propose trois titres pour Jésus : Fils de l’Homme, Christ, le Fils du Dieu vivant…Nous pouvons aussi penser à d’autres titres donnés dans l’évangile :
Emmanuel, Prince de la Paix, Sauveur…Faisons aussi mémoire d’autres images : le bon pasteur, la porte, le chemin…Je médite chacun de ces titres. Suis-je au clair sur chacun ? Quels sont ceux qui me rejoignent plus ?
Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je rends grâce pour la connaissance qu’il me donne de Lui-même, je lui confie mes incompréhensions, mes questions…Je rends grâce pour ceux qui m’aident sur mon chemin de rencontre du Seigneur. Je confie ceux qui cheminent plus difficilement dans sa connaissance.
Je termine en partageant cette prière du Père Pedro Arrupe.
Seigneur Jésus, apprends-moi ta manière de regarder : comment tu as regardé Pierre pour l’appeler à ta suite ou pour le relever après sa faute, ou comment tu as regardé le jeune homme riche qui ne s’est pas décidé à te suivre, ou comment tu regardais avec bonté les foules qui se pressaient autour de toi, ou comment tu regardais avec colère les Pharisiens.
Je voudrais te connaître comme tu étais : ton image devant moi suffirait à me changer. Le Baptiste est resté subjugué par sa première rencontre avec toi; le centurion de Capharnaüm s’est senti écrasé par ta bonté; et un sentiment de stupeur et d’émerveillement envahissait ceux qui étaient témoins de tes miracles. Le même saisissement frappe tes disciples; et, au Jardin des Oliviers, la soldatesque terrorisée tombe à terre. Pilate se sent incertain, et son épouse est effrayée. Le centurion qui te voit mourir proclame ta divinité alors même que tu rends l’âme.
Je voudrais te voir comme Pierre qui prend conscience devant toi de sa condition de pécheur, alors qu’il est frappé d’étonnement devant la pêche miraculeuse. Je voudrais entendre ta voix comme dans la synagogue de Capharnaüm ou comme sur le Mont des Béatitudes, ou quand tu t’adressais aux foules “enseignant avec autorité”, une autorité qui ne pouvait venir que du Père.
Fais que nous soyons ainsi tes disciples dans les choses les plus grandes et dans les choses les plus modestes, que nous soyons, comme toi, totalement voués à l’amour du Père et à l’amour des hommes, nos frères, nous sentant très proches de toi, car tu t’es abaissé jusqu’à nous, en même temps que si éloignés de toi, Dieu infini.
Donne-nous cette grâce : fais que le sensus Christi anime toute notre vie et nous apprenne à agir conformément à ton esprit – y compris dans les choses extérieures.
Pedro Arrupe, Supérieur général des Jésuites, 1979
Écrits pour évangéliser, Collection Christus n°59, DDB, 1985, p.433-436.