Une lumière dans la tempête

Mercredi18 février, dans trois jours, nous entrons en Carême, temps donné pour remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie afin que notre foi retrouve son élan et que notre coeur ne se disperse pas dans les inquiétudes et distractions quotidiennes.

Pour nous préparer à cette traversée, méditons avec le tableau: « la tempête apaisée » de Macha Chmakoff, peintre, psychanalyste et musicienne.

D’abord disposons-nous à ce temps de prière.

Je m’installe confortablement, dans un lieu calme. Je ferme les yeux, respire plusieurs fois lentement et profondément et fais le silence en moi. J’accueille le Seigneur qui est présent, et je dépose dans ses mains ce qui m’agite et m’occupe l’esprit. Et lui demande la grâce d’être disponible à son écoute dans le tumulte de ma vie.

Je commence par contempler ce tableau. Et me laisse saisir par l’atmosphère de ce qui y est raconté. J’entre dans la scène.

Je regarde d’abord les couleurs, leur masse, leur intensité, leur disposition les unes par rapport aux autres, la façon dont elles se complètent et s’opposent.

Mon regard est attiré, impressionné par les masses sombres; je distingue plusieurs nuances de bleu foncé allant jusqu’au noir. Je reconnais des vagues représentées par de grandes lignes courbes très accentuées, dessinant presque des cercles qui soulignent l’atmosphère enfermante et angoissante. Ces vagues rivalisent en hauteur et occupent pratiquement les 2/3 de la hauteur du tableau. Je suis impressionné par leur force, leur puissance et leur démesure.

Nous sommes en bateau sur le Lac de Galilée, qui était réputé pour être dangereux, lieu de peur et de danger mortel.

Je descends maintenant mon regard vers le premier plan, en bas à droite, vers un groupe de personnes, repliées sur elles-mêmes, serrées les unes contre les autres dans le fond de la barque que je peux deviner à la teinte orangée qui transparaît dans le bleu foncé de l’eau agitée , prête à la submerger.

Je peux me voir parmi ces personnes, au milieu de la tempête, où ma vie est en jeu. Je peux réfléchir à ma vie, transposer… Quels sentiments m’habitent? Je les nomme et les confie au Seigneur.

Peut-être que ces paroles peuvent être les miennes? Je doute ! Est-ce que mes soucis, mes épreuves « font quelque chose » au Seigneur? Je peux lui en parler, lui exprimer mes doutes, comme les disciples dans la barque.

Et puis, je déplace mon regard vers le centre du tableau, attiré par une grande silhouette revêtue d’un vêtement blanc-beige, des couleurs douces et chaudes. Je sais que c’est Jésus qui dormait à l’arrière de la barque.

Je me laisse toucher par la large ouverture de ses bras que dessine une fine courbe, pleine de douceur et de tendresse. Elle s’oppose aux cercles envahissants des vagues. Jésus est au centre, debout, stable, solide et sa silhouette, les bras ouverts évoque la croix. Ses bras grands ouverts accueillent … le monde et ses douleurs mais aussi la lumière et nous la donne.

De la même teinte que le vêtement du Christ, je repère une longue ligne droite qui part du bateau et s’élève un peu en diagonale, jusqu’en haut de l’angle, à droite, et elle dépasse largement les vagues et ce mat semble lui aussi bien solide. Cette couleur douce et chaude, celle du Christ et du mat, entoure aussi légèrement les personnes dans la barque. Ce mat et cette même teinte semble montrer le lien qui nous relie au Père et au Christ.

Maintenant je suis des yeux la pointe fine de la barque, je lève un peu le regard et je suis attiré par l’étendue claire qui occupe le grand tiers gauche du tableau. Je contemple et arrive à discerner dans le creux d’une vague comme un morceau de la ligne d’horizon. Je ne suis donc pas totalement enfermé dans l’obscurité et l’angoisse. Je peux laisser mon esprit s’envoler vers cet horizon de lumière…

Comment est-ce que reçois ces paroles de Jésus? Elles sont aussi pour moi, aujourd’hui? De quel manque de foi Jésus parle-t-il?

Jésus ne nous sauve pas des tempêtes en les empêchant, mais en les calmant.

Nous ne cessons de traverser des crises,
crises qui peuvent devenir des chances,
si nous nous tournons vers Jésus, si nous le réveillons.
Quand Jésus se dresse en nous et chasse les démons des ténèbres de notre âme, le calme se fait, nous accédons à la paix,

Jésus a-t-il déjà calmé des tempêtes dans ma vie? J’en fais mémoire et je peux en rendre grâce.

Et je peux prier avec ces paroles du Pape François, du 27 mars 2020, sur la Place St Pierre.

Je peux me laisser embarquer, pour ces 5 semaines, avec le Seigneur. Je me confie à sa tendresse et à l’amour du Père, qui veut nous donner la Paix.

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