Prions, quelques jours après la fête de la vie, consacrée, avec Ste Jeanne de France.
Sainte Jeanne de France, fondatrice de l’ordre de l’Annonciade, est fêtée le 4 février. Cet ordre marial est né en Berry, où un monastère s’est réimplanté dans la seconde partir du XXème siècle à St Doulchard.
La règle religieuse de l’ordre est d’inspiration franciscaine, et en ce 8ème centenaire de la mort de St François, les sœurs de l’Annonciade ont souhaité rappeler cette filiation. A leur invitation, le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, franciscain, est venu à Bourges où il a présidé l’eucharistie à la cathédrale ce 8 février.

Fille de Louis XI, elle fut mariée très tôt au futur Louis XII, qui obtint ultérieurement la déclaration en nullité de son mariage, pour épouser Anne de Bretagne. Jeanne de France fonda alors l’ordre de l’Annonciade. Elle a pour confesseur et directeur spirituel un prêtre franciscain, Gabriel-Maria. C’est lui qui rédigea les règles de l’ordre et obtint du pape la reconnaissance de l’ordre.

La Règle de vie de l’Ordre de la Vierge Marie se compose de dix chapitres. Chaque chapitre traite une vertu de la Vierge. La spiritualité des Sœurs de l’Annonciade se fonde donc sur une contemplation de la vie de Marie.
La succession des dix chapitres évoquent : la pureté, la prudence (soit le discernement), l’humilité, la fermeté dans la foi, la joie, l’obéissance, la pauvreté, la patience, la charité et la compassion.
Je me dispose à la prière, en me tournant vers le Christ, par Marie et je demande la grâce de me laisser rejoindre. Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.
Relisant la « liste » des vertus que porte la vie de Marie, je peux examiner comment ma vie donne place à ces vertus. Qu’est-ce qui peut m’être facile, naturel…Quelles peuvent être, au contraire, mes limites, mes résistances ?
Nous prions à partir de trois vertus qui marquent aussi la spiritualité franciscaine.
3ème vertu. L’humilité
« La Vierge Marie a toujours été très humble, elle dont le Seigneur a regardé l’humilité. Par le mouvement de son humilité, afin de plaire ∫ Dieu, elle pensa, dit et fit ce qui suit : elle fut troublée, c’est-∫-dire qu’elle eut peur, quand elle fut louée par Gabriel. Et, deuxièmement, elle répondit à Gabriel avec humilité : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

« Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »
La vertu n’est pas d’abord une qualité morale, c’est une disposition spirituelle. Je considère comment je me tiens humblement devant le Seigneur pour lui laisser toute la place.
7ème vertu. La pauvreté
« La Vierge Marie, très pauvre, vécut toujours très pauvrement et, par le mouvement de sa vertu de pauvreté, pour plaire à Dieu, elle pensa, dit ou fit ce qui suit : elle se logea dans un pauvre petit réduit, parce qu’il n’y avait pas de place pour elle dans l’hôtellerie ; elle coucha Jésus dans une crèche ; elle l’enveloppa de langes et, en quatrième lieu, elle le nourrit de son sein, n’ayant rien d’autre pour l’alimenter. »

« Heureux les pauvres de cœur »
Je contemple à mon tour le choix de la pauvreté fait par le Seigneur, lors de la venue du Christ, et la vie simple de Marie et Joseph. Que puis-je dire de la place de la pauvreté dans ma vie ?
9ème vertu. La charité
« La Vierge Marie fut toujours très ardente en amour, entièrement remplie de pitié et de miséricorde et, par le mouvement de sa charité, pour plaire à Dieu, elle a pensé, dit ou fait ce qui suit: elle nourrit son Fils de son propre lait;
elle le déroba aux poursuites d’Hérode, en le transportant en Égypte; elle eut de la sollicitude pour son prochain, en demandant du vin à Cana en Galilée et, quatrièmement, elle instruisit les serviteurs d’une salutaire doctrine, par les avis et les lumières qu’elle leur donna. »

« Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait. »
J’examine comment je prends soin de mon prochain, et je fais mémoire d’expériences où le visage d’un pauvre a pu me révéler le Christ.
Je termine en confiant à l’intercession de Marie tous ceux qui me sont chers, et, plus, largement, les intentions pour le monde : « je vous salue Marie… ».
Je peux aussi, si cela correspond à ma sensibilité, dire le « je vous salue Marie » dix fois, en la saluant successivement par chacune des vertus contemplées par la règle de l’Annonciade :
« Je vous salue Marie, pure... »
« Je vous salue Marie, prudente... »
« Je vous salue, marie, humble... »
« Je vous salue, Marie, ferme dans la foi... »
« Je vous salue, Marie, joyeuse... »
« Je vous salue, Marie, obéissante... »
« Je vous salue, Marie, pauvre... »
« Je vous salue Marie, patiente... »
« Je vous salue Marie, charitable... »
« Je vous salue Marie, compatissante... »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.