Je me dispose à la prière, me retirant à l’écart. En ce début d’Avent, je peux allumer une bougie et en contempler la flamme vacillante et fragile. Je respire lentement et ouvre l’oreille de mon cœur. Je demande au Seigneur de me donner la grâce de l’attente. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Ce temps de l’Avent est, pour le croyant, temps de l’attente. Quel sens cela a-t-il pour moi ? Quelle fécondité de l’attente pour ma vie de foi ?
Je fais mémoire de situations quotidiennes où j’attends. Comment est-ce que je vis ces situations ? Patience ? Impatience ? Exaspération ? Résignation ? Lassitude ? Découragement ?…

Il peut être aussi des attentes douloureuses.

Je me remémore de pareils instants d’attente, où j’ai pu vivre l’angoisse, l’inquiétude…
Mais il est aussi des moments d’attente confiante, heureuse. Je me les remémore également.


Et moi, comment est-ce que j’aborde ce temps de l’Avent qui est temps de l’attente ? Quels mouvements est-ce que je perçois en moi ?
L’épître aux Romains que nous avons entendu proclamer lors du premier dimanche de l’Avent nous dit : « Vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil.
Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. » (Ro, 13,11). Nous pensons aussi au psaume 129 : « Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. »

A mon tour, je m’imagine comme ce veilleur. Je suis dans la nuit, entouré de ténèbres, une obscurité qui peut m’insécuriser, m’inquiéter…Et pourtant, je sais que, selon le rythme de la nature, l’aube va venir. Cette certitude me rend fort, me donne patience, me rend attentif aux signes annonciateurs de la lumière qui vient…La promesse me tient dans l’Espérance.

Ainsi, le jour qui point me trouvera prêt, prêt à me lever, prêt à aller de l’avant, prêt à aller à la rencontre, prêt à agir, prêt à m’engager…
En ce premier dimanche de l’Avent, Matthieu nous redit :
« Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. ».
Que puis-je envisager, pour ce temps de l’Avent, afin d’entretenir ma vigilance, pour ne pas vivre ces semaines dans une attente passive.
Je lis ce texte de Jean Debruynne, avant de m’adresser au Seigneur, dans un cœur à cœur.
Dieu a choisi de se faire attendre
Dieu, tu as choisi de te faire attendre tout le temps d'un Avent.
Moi je n'aime pas attendre dans les files d'attente.
Je n'aime pas attendre mon tour.
Je n'aime pas attendre le train.
Je n'aime pas attendre pour juger.
Je n'aime pas attendre le moment.
Je n'aime pas attendre un autre jour.
Je n'aime pas attendre parce que je n'ai pas le temps et que je ne vis que dans l'instant.
Tu le sais bien d'ailleurs, tout est fait pour m'éviter l'attente : les cartes bleues et les libres services, les ventes à crédit et les distributeurs automatiques, les coups de téléphone et les photos à développement instantané, les télex et les terminaux d'ordinateur, la télévision et les flashes à la radio... Je n'ai pas besoin d'attendre les nouvelles, elles me précèdent.
Mais Toi Dieu, tu as choisi de te faire attendre le temps de tout un Avent. Parce que tu as fait de l'attente l'espace de la conversion, le face à face avec ce qui est caché, l'usure qui ne s'use pas.
L'attente, seulement l'attente, l'attente de l'attente, l'intimité avec l'attente qui est en nous parce que seule l'attente réveille l'attention et que seule l'attention est capable d'aimer.
Tout est déjà donné dans l'attente, et pour Toi, Dieu, attendre se conjugue Prier.
Et je termine par le Notre Père, où, comme le guetteur veille l’aurore, je guette le Règne de Dieu : « Notre Père, que ton règne vienne… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.