Découvrir « Dilexi te » « Sur l’amour envers les pauvres »

Le Pape Leon XIV vient nous éveiller avec sa 1e exhortation: »Dilexi te » (Je t’ai aimé), écrite à quatre mains avec le Pape François, qui l’a commencée dans les mois qui ont précédé sa mort.

Découvrons quelques extraits de ce texte fort. Ce ne sont que quelques « graines » pour donner le goût de lire ce document très interpellant, en entier.

Je me dispose à lire calmement et en profondeur ces paroles et demande la grâce de me laisser toucher et rejoindre.

QUELQUES PAROLES INDISPENSABLES

5.Nous ne sommes pas dans le domaine de la bienfaisance, mais dans celui de la Révélation : le contact avec ceux qui n’ont ni pouvoir ni grandeur est une manière fondamentale de rencontrer le Seigneur de l’histoire. À travers les pauvres, Il a encore quelque chose à nous dire... 8.À ce sujet, il y a un texte de l’Écriture Sainte d’où il faut toujours repartir.Il s’agit de la révélation de Dieu à Moïse dans le buisson ardent : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ;

oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer […].Maintenant va, je t’envoie » (Ex, 7-8.10).. 9. La condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église. Sur le visage meurtri des pauvres, nous voyons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance même du Christ.

le cri de la prière
  • « J’ai entendu son cri; je connais ses angoisses » dit Dieu à Moïse. Je peux me remémorer des événements où Dieu a entendu mon cri et où Il est venu me « délivrer » de mes angoisses et m’apporter la paix
  • je peux aussi m’interroger ; comment est-ce que j’entends le cri des personnes en souffrance et comment je m’efforce de connaître leur angoisse?

15. Même les chrétiens, en de nombreuses occasions, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses. Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé,

comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du coeur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. Il n’est pas possible d’oublier les pauvres si nous ne voulons pas sortir du courant vivant de l’Église qui jaillit de l’Évangile et féconde chaque moment de l’histoire.

Comment ces paroles me questionnent personnellement, dans ma vie personnelle et m’interrogent sur mon Eglise? Je demande la grâce de l’Esprit pour discerner.

DIEU CHOISIT LES PAUVRES

16. Dieu est amour miséricordieux et son projet d’amour, qui s’étend et se réalise dans l’histoire,consiste avant tout à descendre parmi nous afin de nous libérer de l’esclavage, des peurs, du péché et du pouvoir de la mort. Le regard miséricordieux et le coeur rempli d’amour, il s’est tourné vers ses créatures, prenant soin de leur condition humaine, et donc de leur pauvreté. 19. L’Évangile montre en effet que cette pauvreté touchait tous les aspects de la vie du Christ. Dès son entrée dans le monde, Jésus fait l’expérience des difficultés liées au rejet. L’évangéliste Luc, racontant l’arrivée à Bethléem de Joseph et de Marie, alors sur le point d’accoucher, observe avec regret : « Il n’y avait pas de place pour eux dans le logement » (Lc 2, 7)

Jésus naît dans d’humbles conditions ; dès sa naissance, il est couché dans une mangeoire ; et très tôt, pour le sauver de la mort, ses parents fuient en Égypte (cf.Mt 2, 13-15). Au début de sa vie publique, il est chassé de Nazareth […]Il n’y a pas de lieu accueillant, même pour sa mort : ils le conduisent hors de Jérusalem pour le crucifier (cf.Mc15, 22). C’est à cette condition que l’on peut résumer de manière claire la pauvreté de Jésus. Il s’agit de la même exclusion qui caractérise la définition des pauvres : ils sont les exclus de la société

Je prends le temps maintenant de contempler en imagination, avec ma mémoire, ces épisodes de la vie de Jésus. Et je peux les associer avec des scènes que je peux voir ou dont j’ai connaissance dans le monde où je vis et aussi tout près de moi. Quels sentiments m’habitent? Je me laisse interroger et toucher.

Arcabas – Fuite en Egypte

23. Je me demande souvent pourquoi, malgré cette clarté des Écritures à propos des pauvres, beaucoup continuent à penser qu’ils peuvent tranquillement les exclure de leurs préoccupations. Mais restons dans le domaine biblique et essayons de réfléchir à notre relation avec les derniers de la société, et à leur place fondamentale dans le peuple de Dieu.

UNE ÉGLISE POUR LES PAUVRES

36. l’Église « reconnaît l’image de son fondateur pauvre et souffrant,elle s’efforce de soulager leur misère et en eux c’est le Christ qu’elle veut servir ». Ayant en effet été appelée à se configurer aux derniers, en son sein « aucun doute ni aucune explication, qui affaiblissent ce message si clair, ne doivent subsister […]

Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres ». Nous en trouvons de nombreux témoignages tout au long de l’histoire bimillénaire des disciples de Jésus.

Giotto
El albanil borracho

UNE HISTOIRE QUI CONTINUE

97. Il incombe donc à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”.[…] 98. La conversion spirituelle, l’intensité de l’amour de Dieu et du prochain, le zèle pour la justice et pour la paix, le sens évangélique des pauvres et de la pauvreté, sont requis de tous, et tout spécialement des pasteurs et des responsables. Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter, par une vie théologale intégrale, la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé

100. nécessité de considérer les communautés marginalisées comme des
sujets capables de créer leur propre culture, plutôt que comme des
objets de bienfaisance. Cela implique que ces communautés ont le droit de vivre l’Évangile, de célébrer et de communiquer la foi selon les valeurs présentes dans leurs cultures. L’expérience de la pauvreté leur donne la capacité de reconnaître des aspects de la réalité que d’autres ne réussissent pas à voir, et c’est pourquoi la société a besoin de les écouter. Il en va de même pour l’Église qui doit évaluer positivement leur manière “populaire” de vivre la foi. 112. Il convient de rappeler que la religion, en particulier la religion chrétienne, ne peut se limiter à la sphère privée comme si elle n’avait pas à se préoccuper des problèmes touchant la société civile et les événements qui intéressent les citoyens.

Ces paroles sont « bousculantes » ! Comment est-ce que je les accueille ? Quelle grâce de conversion dois-je demander ?

Je parle maintenant au Seigneur comme à un ami et lui partage mes désirs et aussi ce qui m’est difficile. Je lui exprime ma demande de pardon.Je lui confie tout ce qui m’habite.Je peux lui demander son aide. Il connaît ma pauvreté.

Et je termine en priant le Père.

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