Prier avec Marie

Vendredi dernier, nous avons célébré la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie et médité l’Évangile de la visitation ( Luc 1, 39-56). Ce texte narre la rencontre entre Marie et sa cousine Élisabeth, deux femmes rendues fécondes par la puissance de Dieu, et l’arrivée au monde prochaine de deux enfants : le prophète Jean-Baptiste et Jésus.

            Pour éclairer ce texte, nous pouvons contempler ce vitrail qui a été réalisé par le frère Éric de la communauté de Taizé et qui  apparaît dans l’Église de la réconciliation à Taizé.

En premier lieu, nous pouvons contempler l’ensemble des couleurs, les formes, les gestes.

Du point de vue des couleurs, nous avons une dominante rouge, un peu comme si c’était le matin. Cette lumière du jour contraste avec ce bleu beaucoup plus froid de l’intérieur. C’est sans doute le matin et on est dehors. Cette lumière baigne toute la scène.

On peut aussi voir les formes. Il y a quelque chose de presque dépouillé, deux femmes qui se tiennent face l’une à l’autre, dehors.
Au niveau des attitudes, Marie, à droite tend les bras et face à elle, Élisabeth à gauche a les bras ouverts, dans une posture d’accueil.

Essayons ensuite d’entrer dans la profondeur de ce vitrail

« Marie se mit en route. »

Quel est le point de départ ? Qu’est ce qui fait que Marie va rencontrer sa cousine Élisabeth ?   Dans la scène de l’Annonciation qui précède dans l’Évangile de Luc, l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle va donner naissance à celui qui va sauver l’humanité et qu’Elizabeth sa cousine, est enceinte alors qu’elle est censée être une femme stérile.

C’est avec cette information là que Marie se met en route.  C’est peut-être  l’ouverture à une vie nouvelle, une vie surprenante et qui dépasse ce qu’on peut attendre que symbolise la couleur rouge . Marie se met en route pour être en contact et pour partager ce qui l’habite.

Moi-même, suis-je sensible à tel ou tel appel qui me vient ? Qu’est ce qui me met en mouvement dans mon existence ?

« Marie se rendit avec empressement vers la région montagneuse. »

Marie a besoin de partager ce qui l’anime, l’annonce qui lui a été faite n’a pas pour  effet de rester seulement pour elle.Pour ce faire, elle a besoin de rencontrer une personne avec laquelle elle pourra rentrer en conversation. Et ce quelqu’un, c’est cette cousine, Élisabeth, dont l’ange lui a parlé.

Les attitudes ici peuvent nous aider : L’anticipation dans le geste de salutation de Marie qui ouvre les bras vers Élisabeth comme si elle était déjà à son contact, alors qu’elle a encore quelques pas à franchir. De son côté, Élisabeth est déjà sortie de sa maison et c’est en dehors de celle-ci que cette rencontre a lieu. Pour qu’il y ait rencontre, il faut sortir de nos lieux de confort pour consentir à quelque chose de différent.

Moi même, quels sont les lieux qui me sortent de ma zone de confort ?

●  Je peux enfin m’arrêter sur le choix de l’artiste

Je peux enfin m’arrêter sur le choix qu’a fait l’artiste de représenter la promesse pour chacune de ces femmes, à savoir un enfant que l’on voit de manière assez discrète : la présence de Jean-Baptiste dans Élisabeth, la présence de Jésus dans Marie.
Je contemple ce geste de Jean-Baptiste qui est à genoux et de Jésus qui marche vers lui, lui aussi,les mains ouvertes, comme sa mère.

Sans doute la pointe de cet épisode, c’est de voir que, pour comprendre pleinement ce qui anime chacune de ces femmes, il y a besoin de la rencontre. C’est en s’émerveillant de ce que vit l’autre que je suis capable de pleinement recevoir ce qui m’est donné sans jalousie, sans envie.À travers ces deux femmes, il y a une réciproque admiration, une même action de grâce pour ce Dieu qui intervient de manière toujours surprenante dans leur existence.

Moi même, suis-je capable de me réjouir de ce que vivent les autres ?

Au terme de ce temps de prière, je peux regarder à nouveau ce vitrail et réentendre le verset « Marie se mit en route et se rendit avec empressement dans une région montagneuse. ». »
            Est ce que je vois quelque chose dans cette scène qui me touche de manière particulière ? Je confie cela au Seigneur.

Pour conclure, je peux dire ou chanter la prière du Magnificat 

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