Je cherche un lieu favorable à la prière et m’y installe confortablement. Après avoir trouvé la position qui me convienne, je fais, mentalement, le tour des différents membres de mon corps, pour les détendre. Puis je dis au Seigneur : « me voici ». Je demande la grâce de la disponibilité à la Parole.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Aujourd’hui, je fais mémoire de l’appel du Christ à nous faire « sel de la terre ». Matthieu, Marc et Luc rapportent la parole de Jésus sur le sel.

L’Ancien Testament fait, à de nombreuses reprise, mention du sel. Auprès de la mer morte, il peut être associé à la stérilité du désert « terre salée où nul n’habite » (Jr, 17,6). Mais le sel est aussi associé à des rites de purification. Ainsi les offrandes doivent-elles être salées. « Tu saleras toute oblation et tu ne manqueras pas de mettre sur ton oblation le sel de l’alliance de ton Dieu. » (Lv, 2,13).
On notera l’expression « sel de l’alliance ». C’est que le sel a la propriété de conserver et qu’une alliance de sel est marquée de la durée. On trouve, par exemple, dans le livre des nombres : « c’est là une alliance éternelle par le sel devant Yahvé, pour toi et pou ta descendance avec toi. » (Nb, 18,19)
Je relis maintenant les paroles de Jésus sur le sel, rapportées par les trois évangiles synoptiques.

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. » (Matthieu, 5, 13)

« C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. » (Marc, 9,50)

« C’est une bonne chose que le sel ; mais si le sel lui-même se dénature, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur ? Il ne peut servir ni pour la terre, ni pour le fumier : on le jette dehors ! Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » (Luc, 14, 34-35)
Je prends le temps d’intérioriser ces trois textes, attentif à leurs similitudes et à leurs différences.

« Vous êtes le sel de la terre » / « Ayez du sel en vous-même ». Jésus s’adresse à moi, comme à son disciple. Comment est-ce que je reçois cet appel ? Le sel est un exhausteur de goût…Je considère comment je peux mieux goûter le monde qui est le mien, comment je peux révéler ce goût à autrui.
« Si le sel devient fade, comment lui rendre sa saveur ? » / « S’il cesse d’être du sel avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? » / « si le sel se dénature, avec quoi lui rendra-t-on sa saveur » …Les trois évangélistes évoquent, par cette image, le risque pour le disciple de perdre de son acuité pour être présent au monde…
Une allusion, peut-être, au sel de l’alliance, à garder précieusement. J’examine les moyens que je peux prendre pour entretenir le goût de Dieu en moi et le désir de le transmettre.
« Ayez du sel en vous-même et vivez en paix entre vous. ». Marc est le seul à articuler la paix à l’évocation du sel. « L’alliance de sel » avec Dieu doit se manifester par la paix, la recherche d’alliance entre les hommes. Je médite cela.
Dans un colloque avec le Seigneur, lui parlant comme un ami parle à un ami, je rends grâce pour les occasions où je peux me sentir « sel de la terre », je confie les moments où ma vie peut me paraître plus fade. J’intercède aussi pour ceux qui peuvent manquer du goût de vivre…
Je termine en disant « Notre Père… ». Lorsque je prononce « donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », je prie pour que le pain que je reçois soit assaisonné du « sel de l’alliance. »
Au nom du Père, du Fils et du Saint esprit.