
Ces jours-ci la liturgie a invité à prier avec le texte de Luc (Lc1, 39-56) faisant le récit de la visite de Marie à sa cousine Elisabeth. Nous prenons maintenant un temps de prière autour de cet évènement en s’appuyant sur ce tableau de Vittore Carpaccio, peintre né à Venise en 1465.
Nous faisons silence et marquons le début de la prière en faisant le signe de croire. Demandons la grâce de nous laisser enseigner par ce mystère contemplé.
Contemplons l’œuvre d’art.
Que ressentons-nous au premier regard ? Puis nous regardons la composition du tableau, les lignes, les formes, les couleurs. Nous regardons ce qui est représenté : le cadre, les 2 femmes au centre, les autres personnages, les animaux, les détails.
Qu’est-ce qui est étonnant ? Qu’est-ce que cela me dit de ce mystère ?
Au centre, il y a Marie et Elisabeth qui s’empressent l’une vers l’autre, poussées par l’Esprit saint ; elles s’enlacent avec tendresse et dans une grande proximité. Toutes deux sont vêtues de rouge et de bleu ;
comme l’alliance de l’humain et du divin. Car toutes deux portent un enfant, un enfant promis par Dieu dans sa vieillesse pour l’une, le Fils de Dieu pour l’autre. Ici pas de tressaillement de joie, mais une certaine gravité sur les visages devant la grandeur du mystère.
Ce tableau semble représenter une scène de la vie quotidienne. Chacun vaque à ses occupations dans cette ville que l’on ne saurait situer. Carpaccio fut un des premiers à utiliser la présence de l’architecture et il peint, dans ses tableaux, la réalité vénitienne au 15ème siècle. Mais ici le peintre laisse aller son imagination poétique et sa passion pour l’Orient. De multiples détails en témoignent :
siècle. Mais ici le peintre laisse aller son imagination poétique et sa passion pour l’Orient. De multiples détails en témoignent : des hommes qui portent des turbans, un minaret au loin, des palmiers, des tapis sur les balcons… Cette visitation ne semble pas être un évènement du passé mais elle s’inculture dans la Venise marchande et florissante du 15ème siècle où affluent hommes et biens de nombreux pays. D’ailleurs, ce tableau fait partie d’un cycle sur l’histoire de la vierge Marie, réalisé pour la confraternité de la communauté albanaise.
Je médite sur l’universalité et l’actualité du message évangélique. C’est toute la création qui est concernée. Comment ce récit de la Visitation rejoint-il ma vie aujourd’hui encore ?
Faisons place à ce récit dans notre vie
Tout au long des siècles, des peintres se sont approprié cette scène évangélique. Comme par exemple, Maurice Denis à la fin du 19ème siècle. Autre temps, autre lieu, autre représentation. Mais la même Bonne nouvelle à partager : Dieu s’est fait chair ; il habite parmi nous.

A notre tour, comment pouvons-nous rendre vivant ce récit ici et maintenant ?

Comme Marie et Elisabeth, suis-je en relation avec le Seigneur ?… Suis-je à l’écoute de sa Parole dans le concret de ma vie ?… M’arrive-t-il de partager avec d’autres ce que le Seigneur a fait pour moi ?… Y a-t-il des rencontres qui ont été pour moi des visitations ?… Avec qui puis-je converser sur ce qui est important pour moi ?… De quelle bonne nouvelle suis-je le porte parole ?… Comment je fais advenir l’enfant de Dieu que je suis ? … Qui pourrais-je visiter en ce jour ?…Je parle au Seigneur de ce qui me rejoint dans ces pistes de méditation, en me laissant porter par la musique de Vivaldi (Magnificat) :