En contemplant un vitrail de l’église St Bonnet (Bourges)
Je m’installe au calme, pour prendre un temps avec le Seigneur, en de début de semaine, où nous fêterons l’Ascension. Je dépose mes préoccupations du jour auprès du Seigneur et lui demande la grâce de me sentir habité de Sa présence. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je contemple ce vitrail de la Renaissance, dû à Jean Lescuyer, dans l’église St Bonnet de Bourges.

Ce vitrail, bien approprié au temps liturgique que nous vivons, articule la résurrection et l’ascension.

Le premier registre est consacré au tombeau vide…profondeur sombre du rocher au centre d’un paysage qui donne place, néanmoins, à la végétation. Un ange se tient à l’entrée du tombeau vide,
devant des gardes armés, mais déconcertés et impuissants. L’un dort encore, sur la droite. Un autre, au sol, épée à la main, scrute le ciel. A gauche, un autre garde endormi, appuyé sur sa hallebarde. Un dernier, debout, arme au sol.

Le second registre évoque la résurrection. Le Christ y apparaît dans une posture dynamique, inscrit dans une mandorle rayonnante. La croix est l’étendard de la victoire sur la mort. « Ô mort où est ta victoire ? Ô mort, où est-il ton aiguillon ? » (1 Co, 15,55) De part et d’autre, deux scènes liées, dans l’évangile, à la résurrection. A droite, les femmes au tombeau.
A gauche, les deux pèlerins d’Emmaüs, qui reconnaissent le Christ, à la fraction du pain, « mais il avait disparu de devant eux. » (Lc, 24, 31). Une présence retrouvée, à vivre désormais dans l’absence. Le Christ ressuscité se tient dans un mouvement ascendant, qui est déjà, le signe de l’ascension. Au sommet des deux lancettes de gauche et de droite, les anges évoquent déjà le monde céleste.

Le troisième registre est une représentation très originale de l’ascension. Les apôtres, troublés et déconcertés, se tiennent les yeux tournés vers le ciel, certains levant les bras comme pour retenir le Christ. Ils sont douze, comme si Judas avait déjà été remplacé. Quant à Jésus, nous n’apercevons plus que ses pieds et ses jambes, son torse et son visage étant déjà dans la nuée. De part et d’autre se tiennent deux anges qui semblent
s’adresser aux apôtres. « Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac, 1, 9-11)
Nous voilà au cœur de la foi, comme nous le proclamons dans le credo : « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures,
et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. »
Je considère les divers mystères évoqués par le verrier…
Je me tiens, d’abord, devant le tombeau vide, comme les gardes, comme les femmes arrivant au tombeau.
M’arrive-t-il de vivre l’absence du Seigneur, la confrontation à une forme de silence de Dieu ?
Je contemple ensuite le Christ ressuscité, à jamais présent. Les pèlerins d’Emmaüs retrouvent Jésus par sa Parole, puis par le pain rompu de l’eucharistie, où le Christ se rend « réellement présent ».
Et moi, comment est-ce que je vis la présence du Seigneur dans sa Parole et dans les sacrements ?
Je médite maintenant le mystère de l’ascension, Jésus qui n’est plus parmi nous, mais qui reste présent d’une manière renouvelée. J’intériorise quelques paroles du Christ :
Le dernier verset de l’évangile de Matthieu. « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint esprit et leur apprenant à observer tout e que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde ». (Mt, 28, 19).
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jn, 14,2-3)
Je m’adresse au Seigneur, simplement, me tenant comme son enfant. Je peux rendre grâce pour sa présence à mes côtés, lui partager les moments plus difficiles où je me sens seul, et lui présenter celles et ceux qui, aujourd’hui, ont particulièrement, besoin de sa présence.
Nous partageons cette prière proposée par les évêques de France.
Notre fête de ce jour
monte vers Toi, Dieu notre Père.
Tous nos silences,
nos chants et nos paroles,
sont tendus vers Toi
et participent à la louange
de toute la création.
Tu as rappelé à Toi
Ton Fils Jésus-Christ
par qui nous fut donné
Ton Salut.
Il retourne aujourd’hui
partager ta gloire.
Dans ce mouvement
Qui l’entraîne avec Lui,
pour que soit donné
Ton souffle à notre humanité.
Ainsi nous pénétrons
dans le mystère de ton Fils.
Nos yeux ne peuvent plus voir,
mais nous savons que son retour
est déjà commencé ;
Sa disparition crée en nous
le vide de l’amour,
Mais nous savons que par notre amour
nous lui redonnons son visage.
Par cet amour nous demeurons en Lui
et par lui nous demeurons en toi.
Il nous rassemble en ce jour
Et c’est par son Esprit
Que notre communion acclame Ta gloire.
Prière extraite du livre « Reste avec nous » de François Chagneau
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.