Prier avec Saint Etienne

La liturgie de la semaine nous fait réentendre, dans les Actes des Apôtres, la vie d’Etienne, le Patron de la cathédrale de Bourges. Nous pouvons, à cette occasion, méditer devant quelques images de la cathédrale.

         Je me dispose à la prière, désireux de rencontrer le Seigneur au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Je me tourne vers lui, comme Etienne, sous l’impulsion de l’Esprit Saint et murmure « me voici ». Je demande la grâce de suivre le Christ.

Je me tiens devant ce haut relief du portail St Etienne de la façade ouest de la cathédrale. Sept hommes (qu’on ne nomme pas encore des diacres, mais qui en sont l’origine) sont appelés, par deux apôtres, pour répondre aux services nécessaires dans la première Église.Etienne, « homme rempli de foi et de l’Esprit Saint » (Ac, 6, 5) est l’un des leurs.

Je peux considérer les divers ministres, les laïcs engagés qui, aujourd’hui, servent l’Église et prier pour que l’Église d’aujourd’hui se montre inventive pour assumer les besoins du monde contemporain, en vue de l’annonce de la Parole, et du service de la charité, la « diaconie ».

Je contemple maintenant une scène du vitrail consacré à St Etienne, dans la chapelle de la Bonne Mort, première des chapelles du côté sud.

Etienne annonce vigoureusement la Parole, devant les docteurs de la Loi juive. « Cet individu ne cesse de tenir des propos contre ce saint lieu et contre la Loi. » (Ac, 6, 13).

Le paysage suggère, sur la gauche, par un arbre mort, la Loi insuffisante pour le salut, tandis qu’au centre s’élève l’arbre vert et abondant en fruits de la Nouvelle Alliance.
 

Et moi, aujourd’hui, quelles paroles est-ce que j’ose prononcer dans une société peu préparée à recevoir l’évangile ?

Revenant au portail de la façade, je considère quelques scènes du martyr d’Etienne.

Alors que les bourreaux brandissent des pierres pour le lapider, je m’arrête sur le visage d’Etienne tout entier tourné vers le Christ. « Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu t Jésus debout à la droite de Dieu. » (Ac, 7,55). Et moi, dans les épreuves que je peux traverser, est-ce que je garde mon regard fixé sur le Christ ?

J’examine un instant la foule, tournant des regards haineux vers Etienne, préparant de quoi le frapper. Et moi, mon regard est-il toujours pur ? Ne suis-je pas tenté, parfois, de régler des comptes ?

         Je me tourne maintenant vers la grande verrière surmontant le chœur.

Etienne, sur la droite, présente la cathédrale à Marie portant Jésus dans ses bras. Etienne se fait notre intercesseur vers le Christ.

« Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Ac, 7,59) s’écrie-t-il au moment de sa mort. Je peux alors méditer sur la place des saints dans ma vie de foi. Comment m’aident-ils à me tourner vers le Christ ?

Je prends maintenant un temps de dialogue avec le Seigneur. Je lui rends grâce pour sa présence, lui présente, peut-être, les pierres qu’il m’arrive d’avoir envie de lancer. Je lui confie aussi ceux qui ont, aujourd’hui, besoin de son secours, recourant, si je le souhaite, à l’intercession de Marie ou d’un saint.

Faisant mémoire de la demande d’Etienne, reprise de celle du Christ en croix, « Seigneur ne leur impute pas ce péché » (Ac, 7, 60), je dis cette prière de St Anselme de Canterbury (1033-1109).

« Étienne, et vraiment Étienne parce que vraiment couronné (Stephanos signifie « couronne » en grec), dis à Celui qui t’aime et que tu aimes : Seigneur, ne lui compte pas ces péchés (Ac 7, 60). Dis-Lui, pour le pauvre qui te supplie, ce que tu as dit pour le peuple qui t’a mis à mort. Que parle seulement ta charité, et je suis certain que Dieu très bienveillant pardonnera tous mes péchés. Car Il est miséricordieux, mon Créateur, et moi malheureux, sa créature, et toi l’ami bien-aimé de Celui qui est béni dans les siècles (Rm 1, 25). Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Homme bienheureux, quelle espérance tu donnes aux pécheurs,

tes amis, quand ils entendent dire que tu as montré pareille sollicitude pour des impies, tes ennemis ! Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Comment répondra-t-il, quand il est invoqué, celui qui excusait ainsi, quand il était provoqué ! De quelle bienveillance couvera-t-il les humbles, lui qui est maintenant glorifié, celui qui secourait ainsi les superbes alors qu’il était humilié ! Avec quelle promptitude délivrera-t-il les affligés, celui qui, aujourd’hui libéré avec puissance, hier venait ainsi en aide à ceux qui l’affligeaient ! Eux se pressaient d’ôter ton âme, toi tu t’efforçais de rendre vie à leur âme. Amen. »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
 

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