
Contemplons et prions avec le Christ, mais n’oublions pas cette large bande lumineuse qui rejoint notre terre en passant par la Croix.
« Pour vous qui suis-je ?«
« Vraiment cet homme était le Fils de Dieu ! « (Mc 16, 39).

Ecoutons Isabelle Le Bourgeois: la Résurrection passe par une étape forte, la descente de Jésus au plus profond de nos enfers.
« On ne peut pas parler de la résurrection sans prendre le temps de s’arrêter sur le samedi saint, c’est intimement lié. Le samedi saint, c’est le moment durant lequel Jésus descend aux enfers. Il en ramène ce qu’il y a de plus infernal en nous, d’impossible à vivre et à assumer seul. Ce que nous ne pouvons pas assumer ni récupérer nous-mêmes, il va le chercher et le remonter
Se situer au bon endroit.
Croire en cela me permet de me situer au bon endroit avec ceux que je reçois. Je ne suis pas celle qui les sauve, même si l’on traverse les enfers ensemble.
Je suis confrontée, par ce chemin avec eux, à l’enfer et aux questions qui en découlent : jusqu’où va la capacité de l’âme à descendre ? Jusqu’où va le malheur humain ? Et comment en sortir ?
La Résurrection consiste à accepter que ce passage-là nous réhabilite dans la vie pleinement car nous sommes alors libérés de nos enfers personnels. Ce mouvement extraordinaire m’emplit de gratitude, d’admiration… il est essentiel dans ma foi et dans l’accompagnement que je propose en tant que psychanalyste. Ce Christ descendant pour nous, j’en suis témoin dans mon écoute. Il n’y a de véritable vie possible, en continuité, ou de retour à la vie complète, qu’à partir du moment où l’on a traversé l’enfer… Quand je vois des gens se relever, je me réjouis car je crois qu’ils le sont en vérité. » (I. Le Bourgeois, le Dieu des abîmes)