Je me dispose à entrer en prière, en ce début de Semaine Sainte. Nous marchons vers la résurrection, qui passe par la croix. Je prends donc le temps d’un long signe de croix intériorisé, à tracer sur tout mon corps.
Sur ma tête, pour prendre le temps de comprendre le mystère de la passion, sur ma poitrine, pour en intérioriser le sens profond et sur mes deux épaules, pour recevoir la croix comme un signe de fraternité. Je demande la grâce d’imiter le Christ.
Dans le récit de la Passion selon Saint Luc, entendu, lors de la célébration des rameaux, je contemple deux figures : Simon de Cyrène et Joseph d’Arimathie.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.
Je contemple Jésus, éprouvé par les diverses étapes de son procès, marqué des humiliations subies, chargé de sa lourde croix. J’imagine Jésus gravissant les chemins pierreux et pentus montant vers le calvaire, au milieu de la foule, des habitants de Jérusalem, vivant leur vie ordinaire,
comme Simon de Cyrène, rentrant de sa journée de travail agraire. Je perçois la fatigue de Jésus, épuisé sous le poids de la croix. Puis je vois les gardes, comme c’était la coutume, réquisitionner un passant pour qu’il aide à porter la croix.
Et moi, quels gestes puis-je accomplir pour soulager la peine d’une personne de mon entourage ? De qui puis-je être le Simon de Cyrène ?
Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.

Je me tiens désormais devant la croix, devant le corps suspendu de Jésus qui vient de rendre l’esprit. Puis j’imagine Joseph d’Arimathie, venant descendre Jésus de la croix. J’imagine son effort, mais aussi la délicatesse avec laquelle il se saisit du corps du Seigneur, le respect qu’il lui porte. Je le vois ensuite l’envelopper avec douceur dans le linceul, dont la blancheur va masquer les plaies du corps défiguré,
et, enfin le déposer dans un tombeau « où personne encore n’avait été déposé. ». Les historiens expliquent qu’on ne pouvait déposer le corps d’un condamné considéré comme impur, dans un tombeau déjà occupé. En même temps, ce tombeau neuf sera le cadre de la nouveauté inouïe de la résurrection.
Et moi, puis-je nommer ceux qui prennent soin de moi lorsque je connais la peine et la souffrance ? Qui sont mes Joseph d’Arimathie ?
Ainsi Simon de Cyrène et Joseph d’Arimathie sont-ils des figures d’espérance, au cœur de ce drame de la Passion.
Dans le monde difficile d’aujourd’hui, et au cœur de l’année jubilaire, quels signes d’espérance puis-je discerner ?

Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Je reviens au début du récit proclamé ce dimanche, l’institution de l’Eucharistie. Le corps du Christ est « donné pour nous », comme le sang du Christ est « répandu pour nous. ».
Je considère le don que Jésus fait de sa vie et j’examine l’appel qui m’est fait, à moi-aussi, de me donner.
Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je peux lui rendre grâce de « donner sa vie pour ceux qu’il aime ». Je peux intercéder pour tous ceux qui ont besoin de trouver sur leur chemin un Simon de Cyrène.
Les textes liturgiques de la semaine dernière, de l’évangile selon St jean, nous ont redit le lien du Fils à son Père, et dans la foi au Dieu Trinitaire, nous disons, « notre Père… ».
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.