
Je prends un temps où je décide de vivre un « cœur à cœur » avec le Seigneur. Je me mets à l’écart pour descendre en moi-même, habiter mon intériorité et ouvrir mon cœur au Seigneur. Je demande la grâce de pouvoir faire l’unité en moi. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je regarde
Je me mets face à cette œuvre « sans titre ».
Je m’arrête, d’abord, à mon impression première : suis-je indifférent ? suis-je intéressé ? suis-je agressé ? …
Je prends maintenant le temps de regarder cette création, dans son détail :
- Un volume compartimenté par des plaques anguleuses. Certains compartiments sont vides.

- La tête « éclatée » d’un être humain : boîte crânienne partagée ; œil, bouche et nez amputés…

- Je peux chercher à recomposer cette figure dans son intégrité, mais me rends compte que ce n’est pas possible…Les « pièces du puzzle » ne s’assemblent pas…

- Je repère, dans le coin gauche de la création un sablier, dont le contenu s’est entièrement écoulé dans le logement inférieur, comme si le temps avait fini de s’écouler.

J’interprète
Je considère maintenant le sens possible de cette création…Un être humain incapable de trouver son unité qui nous présente un visage fragmenté, un être humain qui voit le temps s’écouler sans pouvoir donner cohérence et sens à sa vie. Dans son encyclique Dilexit nos, le pape François évoque « l’histoire personnelle, qui semble fragmentée en mille morceaux. ».
Parabole pour notre temps, où l’accélération continue fait, parfois ou souvent, de la vie une succession d’instants sans lien. « L’homme contemporain est souvent perturbé, divisé, presque privé d’un principe intérieur qui crée l’unité et l’harmonie de son être et de son agir. » (Dilexit nos, n°9)
Je lis quelques phrases du pape François
Je relis maintenant quelques phrases de la récente encyclique du Pape François, qui rappelle que le cœur est le lieu unificateur de la personne. Le cœur, et non la tête, comme dans l’oeuvre que nous venons d’examiner…
« C’est ainsi que nous voyons depuis l’antiquité l’importance de considérer l’être humain non pas comme une somme de diverses facultés, mais comme un ensemble âme-corps avec un centre unificateur qui donne à tout ce que vit la personne un sens et une orientation. » (N°3)
« Le cœur est également capable d’unifier et d’harmoniser l’histoire personnelle, qui semble fragmentée en mille morceaux mais où tout peut avoir un sens. C’est ce que l’Évangile exprime avec Marie qui regardait avec le cœur. Elle savait dialoguer avec les expériences conservées en y réfléchissant dans son cœur, en leur donnant du temps, les méditant et les conservant intérieurement pour se souvenir. Dans l’Évangile, la meilleure expression de ce que pense le cœur est représentée par les deux passages de saint Luc qui nous disent que Marie
« gardait (syneterei) toutes ces choses, les méditant (symballousa) dans son cœur » (cf. Lc 2, 19 ; cf. 2, 51). Le verbe symballein (d’où le terme “symbole”) signifie méditer, unir deux choses dans son esprit, et aussi s’examiner soi-même, réfléchir, dialoguer avec soi-même. En Lc 2, 51 dieterei signifie “conserver avec soin”, et ce qu’elle conservait n’était pas seulement “la scène” qu’elle voyait, mais aussi ce qu’elle ne comprenait pas encore, mais qui était présent et vivant dans l’attente de tout rassembler dans son cœur. » (N°19)
« C’est dans le cœur et par le cœur que s’accomplit le processus d’unification subtil et intense en vertu duquel l’homme reconnaît Dieu et, en même se reconnaît lui-même, reconnaît son origine, sa profondeur et son accomplissement dans l’appel à l’amour. » (Pape François, Tout est à l’amour)
A mon tour, je considère ma vie
Je prends conscience des différentes facettes de ma vie : vie personnelle, familiale, associative, ecclésiale, sociale…Ces différentes facettes sont-elles des « compartiments étanches », ou sont-elles unifiées ?
Si j’en ai le temps, je peux regarder le fil de la vie que j’ai menée jusqu’à aujourd’hui. Est-ce que je perçois des ruptures ? est-ce ce que je perçois une continuité ? Est-ce que je perçois une progression ?
Et je me tourne vers le Seigneur dans un cœur à cœur, lui demandant de m’aider à faire l’unité en moi
Je peux redire quelques versets du psaume de ce dimanche qui nous invite à vivre l’unité de notre être en habitant la maison du Seigneur.
Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.
Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur (Ps 91)
Et je termine…
Avec le pape François, qui nous présente Marie comme celle qui vit l’unification intérieure (« Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur »), je prie Marie d’intercéder pour ma recherche d’unification. « Je vous salue Marie… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.