
Huile sur toile intitulée : Madone de la compassion qui touche les cœurs des plus mauvais (1914-1915)
Musée russe de St Pétersbourg
Je me place devant cette icône orthodoxe de la Mère de Dieu et me dispose à la prière. Je respire profondément et fais silence en moi ; je marque le début de ma prière par un signe de croix.
Je regarde cette icône et me laisse apaiser par la douceur qui émane de cette œuvre d’art. Le visage de Marie, ovale et légèrement penché, est éclairé par le tissu lumineux qui ondule sous la cape rouge qu’elle porte. L’expression de ce visage est grave mais serein.
Le regard qu’elle pose sur ceux qui la regardent est plein de tendresse et ses mains levées apaisent et bénissent.
Derrière ce buste, sur le fond bleu, l’on peut voir deux scènes : à gauche Marie avec l’Enfant Jésus et à droite la crucifixion du Christ. Elles nous rappellent la vie de cette mère accompagnant son enfant de sa naissance à sa mort sur la croix.
A l’intercession de la Mère de Dieu, je confie mes intentions.
Dans le silence du cœur, je laisse venir les personnes qui me sont proches. Je les nomme et prends le temps d’évoquer qui elles sont pour moi et ce que je souhaite pour qu’elles grandissent et aient une vie en plénitude. Je les confie à Dieu par l’intercession de Marie.
J’évoque ensuite les personnes de mon entourage qui sont en souffrance et qui ont besoin du secours de ma prière. Toutes celles qui ploient sous le poids du fardeau, de la solitude, de la maladie, des séparations, des échecs
Peu à peu j’élargis mon regard et confie les hommes et les femmes victimes, de la guerre, de la faim, de la misère, des injustices… Je les confie à Marie pour qu’elle les donne à son fils et qu’il les soutienne dans l’épreuve.
Dans l’iconographie orthodoxe, il existe un type d’icône particulier appelé « Compassion des cœurs mauvais », devant laquelle les fidèles prient pour demander de pacifier des ennemis, pour adoucir des cœurs méchants ou pour éviter des hostilités ou des persécutions. Le tableau de Petrov-Vodkin est intitulé de cette façon; il a été réalisé pendant la première guerre mondiale.
En lien avec l’Evangile de ce dimanche qui demande d’aimer nos ennemis et d’être miséricordieux comme le Père est miséricordieux, je demande à nouveau l’intercession de la Mère de Dieu.
Je considère le contexte international et les pays en guerre. Je prie pour la paix et pour la conversion de ceux qui entretiennent ces conflits. Je prie pour les responsables politiques pour qu’ils travaillent à casser les spirales de la haine et de la vengeance.
J’évoque les personnes de mon entourage qui me sont hostiles ou que je n’aime pas. Je ne nie pas le mal qu’elles m’ont fait mais je les confie à l’intercession de Marie pour que leur comportement change.
Je prie enfin pour ma propre conversion. L’injonction de Jésus « Aimez vos ennemis » est au-dessus de nos forces. Je confie à Marie mon désir et ma difficulté à être artisan de paix, ambassadeur de la miséricorde et du pardon.
Je termine ma prière en écoutant la prière de st François.