
Je me mets en prière en contemplant la nature.
En ce moment on peut entendre dans le ciel du Berry le cri particulier des grues. Elles passent, par milliers, quittant les contrées de l’Europe du Nord pour rejoindre le sud de l’Espagne ou l’Afrique du Nord ; des terres où elles trouveront de quoi se nourrir pendant l’hiver. Quand vient ainsi le temps de la migration pour les grues, nous savons que nous allons doucement, au fil des jours qui déclinent, vers une saison plus hivernale.
Cette constatation peut évoquer une remarque de Jésus aux foules :
« Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive. Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ?»(Luc 12, 54-56)
Je reçois cette interpellation de Jésus qui rejoint notre propre difficulté à lire les signes des temps, à reconnaitre dans ce qui se passe actuellement les signes du Royaume de Dieu qui est déjà là. La tentation est grande de ne voir que tout ce qui ne va pas.
Pourtant Jésus affirme que le Règne de Dieu est parmi nous. Il le compare à des petites choses du quotidien : « une graine de moutarde qu’un homme a jeté dans son jardin ou le levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine » (Luc 13, 19. 21)
Je regarde ce quotidien. Je fais mémoire des faits, des gestes qui construisent le Royaume de Dieu ; des faits et gestes tout simples qui sont au service du bien commun et portent en eux un potentiel de fécondité.
« J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire….c’est cela la sainteté « de la porte d’à côté ».
Exhortation apostolique « la joie et l’allégresse » n°7
Je rends grâce au Seigneur. Pour ces signes du Règne de Dieu que je vois autour de moi. Alors que nous venons de fêter la Toussaint, je rends grâces aussi pour la multitude des saints de tous les temps qui ont suivi Jésus et apporté leur pierre à la construction de ce Royaume.

J’observe à nouveau les vols de grues.
Ces oiseaux ne se déplacent pas seuls mais en colonie. Le vol en V leur permet d’économiser leur énergie pour parcourir les 2500 kms de leur périple. Avec ce positionnement à 45 degrés et en ajustant leurs battements d’ailes, ils bénéficient pleinement du tourbillon ascendant des mouvements des oiseaux qui les précèdent. Je médite cela.
Ce phénomène peut faire écho avec l’exhortation de ce jour de l’apôtre Paul aux Philippiens qui reprend le désir de Jésus, exprimé en Jn 17,21, « Que tous soient un »:
« Frères, s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la compassion, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité ». (Ph 2,1-2)
Je reçois cette interpellation à l’unité de l’apôtre Paul. Quels sont les groupes, les communautés, auxquels j’appartiens ? Comment oeuvrons-nous ensemble, nous soutenant les uns les autres ? Quelles sont les personnes sur lesquelles je peux compter ? Quels sont les gestes d’entraide et de solidarité dont je suis témoin ?
« La communauté qui préserve les petits détails de l’amour, où les membres se protègent les uns les autres et créent un lieu ouvert et d’évangélisation, est le lieu de la présence du Ressuscité qui la sanctifie selon le projet du Père. »
Exhortation apostolique « la joie et l’allégresse » n°145
Je parle au Seigneur. Je lui rends grâce pour ceux qui sont à mes côtés sur le chemin. Je prends conscience aussi de ceux qui m’ont précédé et qui intercèdent pour moi.
Je demande pardon pour l’individualisme, l’égoïsme, l’indifférence… et confie à l’intercession de Marie et de tous les saints, ma prière pour un monde plus juste et plus fraternel.
Je termine ce temps en écoutant le chant : « Dieu nous a tous appelés »