Au lendemain du dimanche des migrants, nous prions à partir d’extraits du message du pape François du 24 Mai, en vue de cette journée.

(…)I est possible de voir dans les migrants de notre époque, comme dans ceux de tous les temps, une image vivante du peuple de Dieu en marche vers la patrie éternelle. Leurs voyages d’espérance nous rappellent que « nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ » (Ph 3, 20).
Les deux images – celle de l’exode biblique et celle des migrants – présentent plusieurs analogies. Comme le peuple d’Israël au temps de Moïse, les migrants fuient souvent des situations d’oppression et d’abus, d’insécurité et de discrimination, d’absence de perspectives de développement. Comme les hébreux dans le désert, les migrants rencontrent de nombreux obstacles sur leur chemin : ils sont éprouvés par la soif et la faim ; ils sont épuisés par les peines et les maladies ; ils sont tentés par le désespoir.
Mais la réalité fondamentale de l’exode, de tout exode, est que Dieu précède et accompagne la marche de son peuple et de tous ses enfants, en tout temps et en tout lieu. La présence de Dieu au milieu du peuple est une certitude de l’histoire du salut : « le Seigneur votre Dieu marche lui-même avec vous ; il ne vous lâchera pas, il ne vous abandonnera pas » (Dt 31, 6) (…)
De nombreux migrants font l’expérience de Dieu comme compagnon de voyage, guide et ancre de salut. Ils se confient à Lui avant de partir et se tournent vers Lui en cas de besoin. Ils cherchent en lui une consolation dans les moments de détresse. Grâce à Lui, il y a de bons samaritains sur le chemin. Ils lui confient leurs espérances dans la prière. (…)
Dieu ne marche pas seulement avec son peuple, mais aussi dans son peuple, en ce sens qu’il s’identifie aux hommes et aux femmes qui cheminent dans l’histoire – en particulier aux derniers, aux pauvres, aux marginalisés – comme s’il prolongeait le mystère de l’Incarnation.
C’est pourquoi la rencontre avec le migrant, comme avec tout frère et sœur dans le besoin, « est aussi une rencontre avec le Christ. Il nous l’a dit lui-même. C’est Lui qui frappe à notre porte, affamé, assoiffé, étranger, nu, malade, emprisonné, demandant qu’on le rencontre et qu’on l’assiste » (…)
J’ouvre ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Je fais mémoire de la vie donnée du Christ pour que nous ayons tous la vie en plénitude.
Dans ce monde tellement troublé par les événements internationaux et par l’instabilité politique dans notre pays, je prends un temps de calme, de paix intérieure et je demande au Seigneur la grâce du discernement.
Je lis, lentement, le texte du pape François.
Nous savons la question des migrations très sensible en France, comme dans bien des pays d’Europe. Je m’efforce d’accueillir ce texte loin des polémiques.

Je considère d’abord, ces migrants de tous les temps. Je peux me remémorer la sortie des Hébreux d’Égypte, puis des scènes d’actualité qui disent les difficultés de migrants aujourd’hui, peut-être des rencontres concrètes avec des migrants. Je prie alors le Seigneur qui libère « Je suis Yahvé ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Ex, 20,2)
Je prends ensuite le temps de m’interroger sur la façon dont je m’informe, au-delà des présentations souvent simplistes, sur la question des migrants ? Suis-je au clair sur les chiffres ? Est-ce que je me questionne sur l’origine des migrations ? N’ai-je pas tendance aux préjugés, à des généralisations abusives à partir de faits divers sordides ? Est-ce que cherche à connaître les capacités réalistes d’accueil de notre pays ?

« De nombreux migrants font l’expérience de Dieu comme compagnon de voyage ». Comment ma paroisse donne-t-elle place aux migrants ? Comment est-ce que je me situe face à des migrants d’autres religions, dans un esprit de dialogue ?

« Grâce à Lui, il y a des bons samaritains sur le chemin ». Je contemple toutes ces personnes – chrétiennes ou non- qui, individuellement ou en association, aident les migrants. Je rends grâce pour leur engagement.
« La rencontre avec le migrant, comme avec tout frère et sœur dans le besoin, est aussi une rencontre avec le Christ. ». Comment est-ce que, intérieurement, je m’efforce de voir dans l’autre fragile, le visage du Christ ?
Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je lui partage mes engagements, même modestes, mes résistances, peut-être. Je Lui confie les migrants et ceux qui se mettent à leur service. Je lui demande la grâce du discernement. Je prie pour que nos gouvernants cherchent les voies d’un accueil réaliste et néanmoins audacieux…
Je termine en disant le Notre Père, avant de faire le signe de croix.