Prier avec une fresque de Giotto

Le Prêche aux oiseaux est la quinzième des vingt-huit scènes du cycle de fresques de la vie de st François visibles dans l’église supérieure de la basilique Saint-François d’Assise attribué à Giotto. Elle a probablement été réalisée entre 1295 et 1299.

C’est le premier biographe de st François, Thomas de Celano, qui raconte cette scène où François fit un sermon aux oiseaux.

Je me mets en présence de Dieu et fais le signe de la croix.

Je fais silence en moi et contemple cette œuvre de Giotto.

Je regarde le paysage, un paysage naturel dans les tons marron et bleu ; une ligne sépare le ciel  azur de la terre brune ; une colline occupe l’espace puis  et une bande de terre où se tiennent les personnages. De grands arbres s’élancent vers le ciel, leur feuillage  exubérant en prend la couleur. C’est un paysage familier aux couleurs de l’Ombrie.

Je regarde les personnages, deux moines, pieds nus, dont les robes de bure se fondent dans le paysage. C’est la tenue habituelle de ces frères qui suivent sont François et vont prêcher dans toute la région. Seule l’auréole de st François met une touche d’or qui illumine son visage.

François est représenté de profil ; son visage d’homme assez âgé reflète douceur et sagesse.  Il semble tout absorbé dans son dialogue avec les oiseaux. Légèrement penché vers eux, humblement, il s’adresse à eux et de sa main droite les bénit.

L’autre frère, légèrement en retrait,  par sa main levée marque son étonnement devant ce qui se passe. C’est que les  oiseaux, toutes sortes d’oiseaux, sont sagement alignés à terre, sauf un retardataire qui vole pour se joindre aux autres. Tournés vers le saint, Ils semblent très attentifs à son discours.

Je me laisse toucher par cette représentation. C’est une nouveauté dans la peinture de représenter ainsi la présence divine, la sainteté humaine, au sein de la réalité terrestre, un réalité toute ordinaire. Dieu, incarné, se révèle dans l’apparence ordinaire des êtres et des choses.

Je me laisse toucher par la simplicité, l’humilité de la scène. Par la fraternité de François avec toutes les créatures, comme par sa proximité avec les pauvres et les petits. Par sa bonté, sa douceur et la paix qu’il porte à chaque être vivant.

Je me laisse toucher par les oiseaux, créatures recevant tout de leur créateur.

Voilà une scène qui a goût d’Evangile.

L’on peut faire le lien avec l’Evangile de dimanche dernier :

Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a évoqué en moi.

Je peux rendre grâces pour la figure de st François …je peux, à sa suite, entrer dans la louange pour toute la création…. Je peux rendre grâces pour ce qui m’est donné…

Je peux aussi demande pardon pour tout ce qui abîme la nature, tous ce qui abîme la fraternité entre les êtres humains….pour ma part de responsabilité en cela. Je peux demander pardon pour mon goût des richesses, du spectaculaire…

Je peux demander au Seigneur son aide…Je peux lui demander de garder une âme d’enfant… de connaitre la paix et la joie qui viennent de Lui…

Je termine en m’associant au Cantique des créatures de st François d’Assise

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