
Le panneau central de ce retable offre une représentation très originale du Buisson ardent. Le retable est l’œuvre de Nicolas Froment, peintre avignonnais. Il fut réalisé en 1476. Au revers du panneau visible dans la cathédrale, l’artiste a représenté l’Annonciation.
Je me mets à l’écart pour prendre un temps de contemplation. Je fais silence et trace sur moi le signe de croix. Je dispose mon regard pour observer cette scène, interprétation très libre de la scène que je connais bien du buisson ardent. Je demande la grâce de percevoir la présence du Seigneur.
Je commence par relire l’épisode de l’Ancien Testament. (Exode, 3, 1-6)
« Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? »
« Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? »
Je repère, d’abord, ce qui est fidèle au texte biblique : Moïse et son troupeau ; la montagne de Dieu, évoquée par un mont aride, le buisson, qui ne se consume pas suggéré par l’aube qui se lève, Moïse qui se déchausse, et, qui de sa main, se protège.
Puis je considère ce qui est original dans cette représentation, loin du texte biblique, mais qui prend sens dans notre foi chrétienne. Le peintre a ajouté au paysage biblique, une ville en arrière-plan, peut-être Avignon.
L’ange ne se trouve pas dans le buisson, mais évoque, debout, l’ange Gabriel de l’Annonciation, scène représentée au dos du retable. Le buisson n’est pas une chétive plante du désert, mais un majestueux figuier à douze troncs. Et le plus original tient, bien entendu, à la représentation de la vierge à l’enfant, dans le massif végétal.
Je médite, maintenant, sur ce que le peintre a voulu suggérer.
D’abord, le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament. L’ancienne alliance évoquée dans cette rencontre fondatrice entre Moïse et le Dieu de ses Pères. La Nouvelle Alliance inaugurée par la naissance du Christ.
Et moi, quelle place est-ce que je donne à l’Ancien Testament dans ma prière ? Comment, dans ma foi, est-ce que je me sens héritier d’une quête de Dieu qui traverse les siècles ?
Ensuite, la place de l’incarnation, inscrite dans l’histoire du peuple. La scène est inscrite dans un cadre représentant les rois de Juda. Les douze troncs du figuier évoquent les douze tribus d’Israël. Mais la ville, à l’arrière-plan, contemporaine du peintre, souligne que le message est toujours d’actualité.
Et moi, que puis-je dire du sens de l’incarnation dans ma vie concrète, dans nos villes d’aujourd’hui ?
Enfin, je considère l’aurore évoquée par le peintre, Jésus, jeune enfant sur les genoux de la vierge.
Et moi, suis-je, aujourd’hui, attentif à la nouveauté du message évangélique, cette Bonne Nouvelle ? Comment est-ce que je reçois cette nouvelle comme « bonne » pour moi, comment est-ce que je perçois la nouveauté de l’évangile ?
Avec Moïse, ressentant la crainte de Dieu, et devant l’enfant Jésus qui nous conduit au Père, je m’adresse au Seigneur, Tout Autre, « aux cieux » et pourtant si proche. Je peux lui demander de se rendre plus présent. Je peux lui confier celles et ceux qui ont besoin du soutien de sa présence.
Je termine en priant avec Saint François de Sales.
« Je crie vers Toi, ô mon Dieu, je prononce ton Nom très saint, mais sans pouvoir jamais te saisir ! Seigneur mon Dieu, tu es plus grand que nos paroles, plus silencieux que notre silence, plus profond que nos pensées, plus élevé que nos désirs. Donne-nous, ô Dieu souverain, si grand et si proche, un cœur vivant, des yeux nouveaux, pour te découvrir et pour t’accueillir quand tu viens à nous. Ainsi soit-il. »
Je trace sur moi le signe de croix.



