Louer la Création avec les haïkus japonais

En ce printemps, prenons le temps de contempler la Création à travers la nature qui s’éveille. Nous nous mettrons à l’écoute de quelques haïkus japonais.Ce genre de littérature est très codifié: quelques versets d’un nombre de syllabes donné, évoquent toujours une saison précise. Art de l’évocation, qui ouvre à la contemplation.

Je me mets à l’écart et fais le signe de croix. Je fais silence, pour me rendre disponible. Je prends le temps d’écouter la vie qui m’habite, ma respiration régulière, les battements de mon coeur. Je remercie pour la vie qui m’est donnée. Je demande la grâce de la contemplation.

Je lis lentement ces différents haïkus. je laisse venir en moi les sensations qui viennent spontanément, sensible à la délicatesse des images, à la subtilité des sons. Je prends le temps de contempler la légèreté, la vulnérabilité.

Matin de printemps,
Mon ombre aussi
Déborde de vie !
Kobayashi Issa (1763-1827)

Papillon qui bat des ailes,
Je suis comme toi, -
Poussière d'être !
Kobayashi Issa

Averse de pétales -
Je voudrais boire
L'eau des brumes lointaines
Kobayashi Issa
Dans la brume de printemps,
Le vol blanc d'un insecte
Au nom inconnu
Yoka Buson (1716-1783)

Le couchant du printemps
Marche sur la queue
Du faisan
Yoka Buson

Dans le prunier blanc
La nuit désormais
Se change en aube.
Yoka Buson

De la surface de l'eau
Des sillons de soie
Pluie de printemps.
Ryokan (178-1831)

A mon tour, je fais mémoire de ce que je peux percevoir de la nature printanière, aujourd’hui. Je prends conscience de ces modestes dons que je reçois au quotidien, qui me disent la beauté de la création, signes pour moi, de la gloire du Créateur. J’exerce mon regard à l’attention. Dans ces sensations éphémères, je m’efforce de percevoir la création qui se renouvelle sans cesse. Je considère comment la fragilité même me dit les grâces éternelles du Créateur. Je laisse la louange monter à mes lèvres.

Avec le Pape François, je médite les pages d’Evangile où Jésus témoigne de sa sensibilité à la Création.

« Louez Dieu pour toutes créatures ». C’est l’invitation que saint François d’Assise a lancée par sa vie, ses cantiques, ses gestes.Il reprenait ainsi la proposition des psaumes de la Bible et reproduisait la sensibilité de Jésus à l’égard des créatures de son Père: »Observez comment poussent les lis des champs: ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.

Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux » (Mt 6, 28-29) « Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous? Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu » (Lc 12, 6) Comment ne pas admirer cette tendresse de Jésus pour tous les êtres qui nous accompagnent sur notre route ? » (Laudate Deum,§1)

J’écoute et je peux chanter le cantique des créatures

Je termine ce temps de prière par le signe de croix.

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