
vers 1205-1214
Jn 13, 1-15
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.
Le vitrail de la Passion, dans la cathédrale de Bourges, se trouve dans le déambulatoire.Comme la plupart des vitraux du XIII ème siècle, il se « lit » de bas en haut et de la gauche vers la droite.Sur la 3ème « ligne » : à gauche, la Cène ; à droite, le lavement des pieds.
Je lis une ou deux fois l’évangile…
Je demande au Seigneur d’ouvrir mon cœur pour recevoir ce qu’Il veut me dire…
Je regarde la scène …
Le disciple auquel Jésus lave les pieds, Pierre, est au centre du médaillon…Jésus occupe une moitié, en face des disciples « spectateurs » qui occupent l’autre…
Qu’est-ce que cela évoque pour moi ?
Je fais silence en moi, et me dispose à méditer devant cette scène…
Je regarde les attitudes, les expressions…
Jésus, penché, visage serein, tout entier à son action, plein de douceur et de respect…
Pierre regarde Jésus… une main tient son vêtement relevé, l’autre bras est levé et montre sa tête (v.9) …
Les autres disciples groupés, regardent la scène… regards effarés, presque choqués… deux d’entre eux échangent un regard interrogateur…
Jésus, « Maître et Seigneur », assure la tâche réservée aux esclaves…Il se fait serviteur, humblement… La hiérarchie est renversée… Par ce geste, Jésus bouleverse toutes les représentations de Dieu, toutes les idées de puissance que chacun des disciples avait sans doute en tête…
Et pour moi ? Quel visage a Dieu ? En qui je crois ? Quel est mon regard sur la puissance de Dieu ? Comment je la comprends ?
Jésus lave mes pieds à moi aussi… en ai-je bien conscience ? quel sentiment cela fait-il naître en moi ? Comment accueillir ce Dieu à mes pieds ? Comment lui parler ?
Je regarde Jésus, son geste, signe de l’amour infini et miséricordieux du Père pour chacun d’entre nous…
« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jn 13, 15) Le Seigneur nous envoie porter au monde son amour, inconditionnellement, fraternellement… Jésus fait de son geste ce jour-là la source de tous nos gestes d’amour pour les autres… de nos gestes faits même à ceux qui nous trahissent
Je regarde mes lieux de vie, mon entourage, mes rencontres…
Peut-être ai-je été témoin de cet amour offert au nom du Christ ?
Et moi ? Comment suis-je appelé.e à faire de même ? Quel regard je porte sur l’autre ? Y vois-je Jésus lui-même ? Quelle place je lui laisse ?
» … heureux êtes-vous, si vous le faites. » (Jn 13,17)
J’écoute Jésus qui nous parle…
Et je lui confie ce qui m’habite… je lui parle, comme un ami parle à un ami, Lui qui m’a montré jusqu’où va l’amour, Lui qui m’aime… je peux lui demander de l’aide… lui dire merci… lui demander pardon… lui dire que je l’aime…
Puis, avec Lui, m’adresser à Notre Père…