
Etienne, né en 1952, est le fils du peintre Arcabas. Il travaille habituellement le bronze, en exploitant les diversités chromatiques de la patine. Ses œuvres, sont, pour une part, abstraites, mais toujours figuratives, prenant ainsi valeur de symbole.
Je m’installe à l’écart, dans le silence. Je m’efforce de quitter les bruits ambiants pour me rassembler en moi-même. Désireux de rencontrer le Seigneur, je fais le signe de croix. Je demande la grâce de la disponibilité à la rencontre et à la conversation.
Je prends le temps de contempler cette œuvre.
Quelle impression d’ensemble est-ce que je ressens ?
Suis-je à l’aise devant ces figures stylisées ?
Qu’est-ce qui rapproche et distingue les deux personnages : attitude, expression… ?
Comment la lumière joue-t-elle sur la patine du bronze ?
Je m’arrête maintenant sur le groupe de ces deux silhouettes :
Sculptés dans une matière lourde, ils se caractérisent néanmoins par une grâce aérienne, tenant dans un harmonieux équilibre.
Je médite sur ce qui, dans ma vie, peut me retenir dans la pesanteur, et sur ce qui me permet d’évoluer, de me mouvoir, d’aller à la rencontre. Je rends grâce sur la liberté que me donne mon propre corps.
Ces deux silhouettes se donnent à voir à travers leurs membres (bras, jambes, pieds) et à travers leur visage. Mais, simultanément, elles comportent une part de mystère, dans l’évidement de leur torse, siège du cœur, de l’intériorité, de cet espace sacré qui n’appartient qu’à chacun
Je médite sur ce que je révèle habituellement de moi-même et sur ce que je garde au sein de mon intimité.
Ces deux silhouettes ont des points communs, sont sculptées de la même matière, et pourtant sont bien différentes dans leurs postures.
Je prends le temps de contempler l’espace qui les sépare, lieu de l’altérité. Je médite sur l’humanité commune qui me rapproche de toute personne humaine, et sur ce qui me distingue dans mon individualité.
Je regarde maintenant plus précisément le personnage de droite.

Une posture qui dit l’ouverture, jambes écartées, main tournée vers son interlocuteur qui semble aider la voix à porter. Ce personnage parle.
Je médite sur ma façon dont je prends la parole.
Je regarde enfin plus précisément le personnage de gauche.

Jambes croisées. Main tournée vers le bas, reposant sur le genou. Visage concentré.
Je médite sur la façon dont j’écoute.
Converser, c’est se tourner vers l’autre, dans le désir d’une rencontre, dans le désir de se rejoindre à travers une parole adressée, formulée par l’un, accueillie par l’autre.
Savons-nous, aujourd’hui, prendre ces temps privilégiés, faits de distance respectueuse, de délicatesse partagée, d’une expression respectueuse, d’une écoute attentive ?
« Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact, tout cela se résume dans le verbe dialoguer. Pour nous rencontrer et nous entraider, nous avons besoin de dialoguer. » (Pape François, Fratelli Tutti, n° 198)
Devant cette sculpture, j’entre en dialogue avec le Seigneur.
M’identifiant au personnage de droite, je m’adresse au seigneur qui m’écoute. M’identifiant au personnage de gauche, j’écoute le Seigneur qui me parle.
Je peux rendre grâce des moments d’écoute où j’entre facilement en relation, je peux aussi confier ce qui m’empêche d’être réceptif ou disponible.
Je confie au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage ont besoin d’écoute.
Je termine ma prière en disant le Notre Père, cette prière que le Seigneur laisse à ses disciples lorsqu’ils lui demandent « Seigneur, apprends-nous à prier… » (Mt, 6, 1). Je fais le signe de croix ;