En ce temps où la liturgie nous fait contempler la Sainte Famille, nous prenons un temps de prière devant cette représentation de la fuite en Égypte, installée dans la verrière de la chapelle axiale de la cathédrale de Bourges. La verrière primitive, déjà consacrée à la vierge, fut détruite lors des guerres de religion. C’est donc là un vitrail de la Renaissance, influencée par la peinture.

Je me mets à l’écart, faisant silence en moi, pour me rendre disponible à la contemplation. Je demande la grâce de percevoir la proximité de Jésus. Et j’ouvre ce temps de prière en faisant le signe de croix.
J’observe d’abord la scène dans son ensemble pour me remémorer le contexte de cet épisode raconté par Matthieu (2, 13-18). J’aperçois, à l’arrière-plan, Bethléem qui la Sainte Famille doit quitter rapidement. Je repère, dans les cieux, les anges, présence et vigilance de Dieu sur l’aventure humaine de la Sainte Famille. Dans la partie haute, à droite, un détail emprunté aux évangiles apocryphes, la chute des idoles, pour bien souligner que Jésus est désormais le vrai Dieu. J’observe les couleurs, la terre brune, les cieux où l’azur voisine avec le gris des nuages.
Évocation du mystère de l’incarnation, qui unit la terre et le ciel, en Jésus vrai homme et vrai Dieu. Et la végétation verte, signe d’espérance, qui encadre ce tableau : arbres à droite et à gauche, herbes au premier plan. Et je m’arrête une première fois sur les personnages : Marie et Jésus sur un cheval (le maître-verrier a sans doute considéré que le messie ne pouvait pas monter sur un âne !!), et Joseph.
La Sainte Famille en chemin, comme Jésus sera, dans son ministère constamment sur les routes.
Et moi, où en suis-je de mon chemin. En ce début d’année, que puis-je dire de ma route suivie en 2023 ? Quelles balises est-ce que je souhaite me donner pour 2024 ?

Je centre maintenant mon regard sur Marie et Jésus. Tendresse d’une mère pour son enfant. Confiance sereine de l’enfant dans les bras de sa mère.
Magnifique évocation de l’affection chaleureuse dont a besoin toute personne humaine. Cette proximité de Jésus et de Marie m’est offerte. Jésus m’invite à une même intimité.
Et moi, que puis-je dire de ma relation à Jésus ? Puis-je faire mémoire de moments où je ressens cette proximité ? Dois-je confier au Seigneur d’autres moments, où je le sens plutôt distant, voire absent ?

Je me tourne vers la figure de Joseph. Son pas l’emmène vers l’avant, vers l’inconnu, sans doute, mais son regard fixe Marie et Jésus.
Et moi, que puis-dire de ma façon de marcher ? Comment suis-je prêt à accueillir l’inattendu ? Est-ce que je reste attaché au Christ ?
Dans un cœur à cœur avec Dieu, je rends grâce pour ce que la Sainte Famille nous dit de la relation d’amour entre les hommes, et avec Dieu. Je confie ma famille au Seigneur. Je prie pour les familles éprouvées.
Je peux terminer en disant la prière par laquelle le pape François termine son exhortation apostolique Amoris Laetitia, la Joie de l’amour.
Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté́ dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, Écoutez, exaucez notre prière Amen !
Me souvenant que l’enfant Jésus est aussi celui qui, sur la croix, apporte le salut au monde, je trace sur moi le signe de croix.