La liturgie de dimanche prochain nous fait entendre la parabole des talents. Dès ce début de semaine, nous commençons à la méditer.
Je prends le temps de me préparer à la rencontre du Seigneur. Je fais le signe de croix et cherche à m’installer confortablement pour me disposer à l’écoute de la Parole. Je me présente au seigneur tel que je suis, ce matin, en prenant conscience des dispositions qui m’habitent, des sentiments qui me traversent…
Suis-je disponible, ou préoccupé ? Suis-je en forme ou fatigué ? Suis-je dans la joie ou la tristesse ? Je demande au Seigneur de reconnaître et de mobiliser les talents reçus.
Je lis le texte de la parabole. Je la connais, bien sûr. Je m’efforce de repérer un élément, un détail auquel je ne suis pas attentif d’habitude.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents,
au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités.
Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.’ Son maître lui déclara :
‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’
Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé,
tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’ Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »
Je contemple d’abord la figure du maître, cet homme -image de Dieu- qui donne sa confiance en même temps qu’il confie à chacun un bien important. (Un talent représente quinze années de salaire d’un ouvrier).
Et moi, sais-je faire une telle confiance ? Est-ce que je m’en remets aussi simplement à la responsabilité d’autrui ?

Gérard Altmann
Je contemple ensuite les divers serviteurs, destinataires des talents, reçus « selon les capacités de chacun ». Cinq talents, deux talents, un talent…Il ne s’agit pas de se comparer, voire d’envier…Mais de reconnaître les talents reçus pour s’en réjouir.
Et moi, sans fausse modestie ni vanité, quels talents est-ce que je me reconnais ? De quels talents puis-je rendre grâce ?
Je me mets maintenant à la place des différents serviteurs. Que faire des talents reçus ? Comment en user ?
Et, moi, suis-je prêt à les faire fructifier ? Est-ce que je les laisse dépérir ? Face aux responsabilités qui peuvent m’être confiées, quelles sont mes craintes ? A quelle audace, à quelle prise de risque suis-je prêt ?


La fin de la parabole met en scène un jugement…distinguant ceux qui ont travaillé à l’avènement du Royaume, et qui sont invités à « entrer dans la joie du Seigneur », de ceux qui n’ont rien engagé, rien risqué pour l’avènement du Royaume, et qui sont alors relégués « dans les ténèbres extérieures ».
Ne nous arrêtons pas sur ce jugement qui peut paraître sévère et brutal. Entendons surtout que le maître, le seigneur, attend de nous que nous sachions nous engager avec les talents, les ressources qui sont les nôtres, sans nous réfugier dans la crainte, une excessive prudence qui peuvent conduire à l’impuissance, voire à la résignation.
Et moi, dans ce monde porteur de tant d’attentes, comment est-ce que je me situe ? A quelles occasions suis-je proche des deux premiers serviteurs ? Quelles sont les occasions où je risque d’être un « serviteur mauvais et paresseux » ?
Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme à ce maître confiant qui me donne des talents. Je rends grâce pour ce que j’ai reçu et demande au Seigneur son Esprit pour faire fructifier mes talents et les mettre au service de la construction du Royaume.
Je termine en disant le Notre Père et clos ce temps de prière par un signe de croix.