
Je me rends disponible pour entendre le Seigneur me parler ; je fais silence en moi et me dispose à voir et à écouter.
Je contemple cette sculpture en pierre polychrome du 16ème siècle.
Je regarde les lignes, les couleurs, les postures… Quelle impression d’ensemble ?
Je regarde plus attentivement le décor : le drapé des rideaux ouverts sur une sorte d’alcôve, formant comme un sas nous introduisant à l’intérieur – la couleur chaude du mur éclairé d’une lumière vive qui vient baigner toute la scène – le drapé du lit qui semble occuper toute la place – la position des personnages, Marie allongée donnant le sein à l’enfant , ses bras enveloppant le nouveau-né qui lui aussi entoure sa mère de ses petits bras potelés – les animaux qui se tiennent au pied du berceau tressé…
Devant cette scène intime, qui donne à voir la douceur de l’amour maternel, qu’est-ce que je ressens ? Quelle expérience me vient à l’esprit ?
Peut-être ai-je envie de m’exclamer « Heureuse celle qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
« Heureuse celle qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » (Luc 11, 27)
Cette remarque, sous forme de béatitude, a été prononcée par une femme venue écouter Jésus, ce rabbi, qui parle du Royaume de Dieu, de la prière, de la victoire sur le mal… C’est un homme qui parle avec autorité, qui guérit les malades… qui attire les foules.
J’imagine la foule venue écouter Jésus ; j’entends la voix de cette femme qui s’élève de son milieu. Qu’est-ce qui la pousse à prendre ainsi la parole ?
Je laisse monter en moi ma propre expérience : qu’est-ce qui provoque mon admiration ? Ai-je ressenti de la fierté devant un enfant qui grandit… qui réussit… ou quelqu’un qui me semble agir de manière juste… Qu’est-ce que j’ai exprimé alors ? Ai-je rendu grâce à Dieu ?
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Lc 11, 28)
J’entends maintenant la réponse de Jésus, son interpellation.
Tous, nous sommes à la recherche d’une vie bonne. Mais Jésus nous dit de chercher d’abord le Royaume de Dieu. Et le trésor qui comble tous nos désirs, c’est Jésus, Parole du Père.
Comment est-ce que je réagis à cette béatitude que donne Jésus ? Ai-je déjà expérimenté cette joie profonde ? Dans quelles circonstances ? Quand la Parole me parle personnellement ?… Quand j’ai le sentiment d’être accordé à l’Evangile ? …
Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a fait naître.
Je peux terminer ce temps en me tournant vers Marie, celle que tous les âges disent bienheureuse. Bienheureuse d’avoir donné naissance au Fils de Dieu, bienheureuse d’avoir écouté la Parole de Dieu et d’avoir répondu Oui à son appel, bienheureuse d’avoir gardé toutes ces choses dans son cœur…
Elle nous montre le chemin. Je lui demande d’intercéder auprès de son Fils pour m’aider être fidèle à sa Parole.