L’Évangile de ce jour nous invite à réécouter la parabole du Bon Samaritain, que Jésus raconte, suite à la question d’un docteur de la loi : « et qui donc est mon prochain ? »
Les Berruyers peuvent contempler le vitrail du déambulatoire de la cathédrale de Bourges. Nous nous arrêtons, aujourd’hui, devant le vitrail du Bon Samaritain de la cathédrale de Sens.
Je me mets à l’écart et trace lentement le signe de la croix sur mon corps, pour me rendre proche du Christ. Je lui demande la grâce d’intérioriser, de manière renouvelée, ce récit très connu, qui j’ai sans doute entendu, déjà, à de multiples reprises.



Comme à Bourges, le vitrail de la cathédrale de Sens se lit de haut en bas (alors que le sens de lecture habituelle des vitraux est de bas en haut). Comme à Bourges, également, les trois scènes centrales inscrites ici, dans un losange, mettent en scène la parabole, tandis que les pétales qui l’entourent commentent la parabole par d’autres scènes de l’Écriture : la faute originelle, en haut ; le serpent d’airain et le veau d’or, au centre ; la passion, en bas.
Je contemple successivement chacun de ces trois registres.

Le voyageur, sorti de la ville représentée en haut, se fait agresser sur le chemin. Ce blessé est la figure du Christ, descendu du ciel, de la Jérusalem céleste.
« Lui, de condition divine Ne retint pas jalousement Le rang qui l’égalait à Dieu (…)
S’étant comporté comme un homme,
Il s’humilia plus encore,
Obéissant jusqu’à la mort… »
Épître aux Philippiens, 2, 5-8
Je me mets devant le mystère de l’incarnation. Que me dit, aujourd’hui, cette humilité de Dieu qui rejoint ma vulnérabilité ?
La figuration de la faute originelle décrit la survenue du mal dans notre humanité, ce mal, cette violence dont le Christ lui-même sera victime. Le Christ descend pour me rejoindre, quand je descends, je chute, attiré par les forces du mal.
Et moi, aujourd’hui, que puis-je dire de mes tentations, des séductions qui peuvent me faire chuter ?

Le prêtre et le lévite aperçoivent le blessé, sans s’arrêter et « passent de l’autre côté ». Image ancienne, de toujours, sans doute, de l’indifférence si souvent dénoncée par le Pape François.
Et moi, à quoi puis-je être, aujourd’hui, indifférent ? Vers quelles personnes devrais-je plus me tourner ? Pour quelles causes devrais-je plus me mobiliser ?
Les scènes figurant le buisson ardent, le veau d’or, puis le serpent d’airain décrivent la tension entre la Révélation et les infidélités du peuple.
Et moi, de quelles infidélités, puis-je faire mémoire ?

Le Bon Samaritain accompagne le blessé vers l’auberge. Le Bon Samaritain est figure du Christ qui prend sur lui nos propres blessures, ainsi que l’évoquent les scènes de la Passion.
Et moi, quand est-ce qu’en disciple du Christ, je suis appelé à secourir mon prochain ? Et moi, à quelles occasions est-ce que je ressens que le Christ vient à mon aide ?

Je m’arrête sur ces deux dernières images. Au moment de la chute, l’ange, de son épée, chasse Adam et Eve du Paradis. Au pied de la croix, l’ange range son épée au fourreau…Le salut offert par le Christ promet la défaite du mal et de la violence.
Je prends maintenant le temps de m’adresser au Seigneur, pour lui confier ceux auprès desquels je peux me faire « Bon Samaritain », et pour lui demander d’être pour moi, « Bon Samaritain. »
Je termine en m’adressant au Père de miséricorde qui nous a envoyé son Fils : « Notre Père… ». Puis je trace sur moi le signe de croix.