
Quelques jours après la fête de l’Assomption, arrêtons-nous sur cette représentation de la dormition par Fra Angelico. Si la scène ne figure que dans les évangiles apocryphes, la fête de la dormition fut fixée au 15 Août, en orient, au VIème siècle. L’histoire des dogmes amena l’Église catholique à définir progressivement le dogme de l’Assomption, quand les orthodoxes fêtent toujours la dormition.
Je choisis un temps et un lieu pour la prière. Je décide de me rendre disponible au Seigneur
et le salue en traçant sur moi le signe de croix. Je demande la grâce de rechercher, avec Marie, l’union avec le Christ.
Je prends le temps d’observer ce tableau, composé de trois registres.

Fidèlement au récit des apocryphes, les apôtres sont réunis autour du corps de Marie. On repère sur la gauche Pierre, revêtu du pallium d’étoffe blanche marqué de croix noires. Le pallium est un insigne réservé aux papes, cardinaux et archevêques.
Il tient un livre où il lit sans doute l’office des morts. Marie, revêtue de son ample manteau bleu, présente un visage doux et serein. Le Christ se dresse au centre de la scène, vêtu aussi de bleu. Il recueille l’âme de Marie, représentée par un bébé, signe de pureté.

Le corps de Marie, mère du Verbe incarné, ne peut connaître la corruption du tombeau. Marie, avec son corps terrestre,
est accueillie dans le Royaume des cieux, au milieu d’un chœur d’anges musiciens. Ses mains se tournent vers son Fils occupant le troisième registre.

Le Christ se penche vers Marie, mains ouvertes, pour l’accueillir.

La palette des couleurs décline des bleus nombreux : manteau de la vierge endormie dans la mort, manteau du Christ debout près de sa mère, robe plus claire de Marie, au corps vivant dans le Royaume, robe bleu outremer du Christ accueillant. Le bleu symbolise la fidélité, la sagesse, la justice, la foi et la pureté. Cet accord des couleurs dit la profonde unité qui anime Jésus et Marie.
Ces bleus se détachent sur des fonds d’or, symbole de divinité et de spiritualité.

Je médite sur ce tableau
L’unité de Marie et du Christ.
Et moi, comment dans ma prière, je m’adresse, je me confie à Marie pour être plus en lien avec le Christ, plus en relation avec Lui ?
La dormition comme l’Assomption annoncent en Marie la résurrection de chacun de nous. Le visage serein de Marie nous invite à ne pas redouter la mort et à nous tenir dans l’Espérance.
Et moi, que puis-je dire de ma relation à la mort ? Quelle est ma foi dans la résurrection de la chair que nous proclamons chaque dimanche dans le credo ?
La scène de la dormition et la palette des couleurs choisie par Fra Angelico nous font rejoindre l’art de l’icône et la foi orthodoxe.
A quelques jours du 15 Août, où les églises catholique et orthodoxe, ont, en même temps, fêté Marie, dans leur propre tradition, je prie pour les chrétiens d’orient, en pensant tout particulièrement aux chrétiens ukrainiens.
Je prends maintenant un temps pour converser avec le Seigneur et lui confier, par Marie, mes intentions de ce jour.
Je termine ce temps de prière en redisant le Magnificat.
Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
Je termine en traçant, sur mon corps appelé à la résurrection, le signe de la croix.