Je me mets à l’écart, pour me rendre disponible. Je me rends attentif aux bruits qui m’entourent, pour, progressivement, m’en extraire et goûter le silence. Je fais le signe de croix. Je prépare mon regard, mon écoute et demande au Seigneur de Lui prêter l’oreille de mon cœur.
Je prends le temps d’observer cette photo.

- L’eau retenue par de fines digues de boue délimitant des rectangles, qu’on appelle œillet.
- La succession régulière de ces œillets.
- Les subtils reflets de l’eau, où je distingue le bleu du ciel qui se reflète, le blanc des cristaux de sel en suspension et le rose d’une algue qui colore des parties de la surface.
- Le ciel chargé de nuages, s’ouvrant néanmoins sur une trouée lumineuse.
- La petite pyramide de sel savamment agencée par le saulnier, qui collecte les cristaux de sel, à la surface de l’eau, en les tirant de sa lousse, une planche fixée à un long manche.
Je médite sur ce paysage.
Je mesure la patience du saulnier pour tirer parti de la ressource offerte par l’eau de mer. Un travail respectueux de la nature, qui ajoute à la beauté du paysage. Je rends grâce pour l’harmonie créée entre « les fruits de la terre » et « le travail de l’homme. ».
Et moi, ai-je l’occasion de poser ce type de geste, à l’occasion du jardinage, de la confection d’un bouquet, de la réalisation d’un plat… ?
Devant ce paysage, je prends conscience qu’il s’agit là d’un travail artisanal, reproduit depuis des siècles, par la transmission de savoir-faire, de génération en génération.
Je peux faire mémoire des savoir-faire que j’ai reçus, des personnes qui me les ont transmis. Je peux aussi évoquer les savoir-faire que je transmets moi-même…Je me situe dans cette longue histoire où l’humanité habite la terre…
Le sel, denrée précieuse depuis toujours, est plusieurs fois mentionné dans la Bible. Je me laisse rejoindre par ce verset de St Matthieu : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. (Matthieu, 5, 13).
Je m’imagine « sel », apte à donner du goût. Quelle saveur puis-je diffuser ? Est-ce bien un parfum d’évangile ? Comment est-ce que j’entretiens la saveur du sel qu’il m’est donné d’être ?
Je prends maintenant le temps d’une conversation avec le Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux rendre grâce pour le dynamisme que je vis en me sentant « sel de la terre ». Je peux demander pardon pour mes manquements qui risquent d’altérer le sel…
Je termine en disant « Notre Père… », et conclus en traçant sur moi le signe de croix.