Un été pour louer la Création

L’été offre, à beaucoup, plus de temps libre. La météo invite à sortir et à fréquenter plus la nature. Occasion de contempler un paysage, de redécouvrir son propre jardin, un parc public, un site naturel, près de chez soi, ou de découvrir des paysages nouveaux si l’on change de région…

Je prends un temps de contemplation dans un espace naturel que j’ai choisi. Après avoir fait le signe de croix, je demande au Seigneur la grâce de l’attention, par tous mes sens. Et j’ouvre l’oreille de mon cœur.

Je prends d’abord le temps de l’observation…

Je regarde les divers éléments composant l’espace devant lequel je me tiens. Je regarde leur forme, leur étagement…Je regarde les couleurs dans leur variété et leurs nuances. Je m’arrête sur la lumière, son intensité ou sa douceur, selon l’heure du jour…ou sur l’obscurité d’un ciel étoilé…

J’écoute les sons qui m’entourent, flux et reflux de la mer, bruissement dans les arbres d’une forêt, bruits furtifs d’un animal apeuré à la campagne, bourdonnement des insectes sur les fleurs du jardin. J’écoute aussi, quand c’est possible, le silence.

Je suis attentif aux odeurs. Les algues sur une plage, la mousse en forêt, les fleurs du jardin…

Je mobilise aussi le toucher. Je prends le temps de percevoir sur ma peau la chaleur du soleil, la brise du vent, une goutte de pluie…Et si je me déplace, je peux aussi toucher…Mettre ma main dans l’eau de l’océan ou d’un torrent, caresser l’écorce d’un arbre, froisser une feuille…

Je lis maintenant le texte du livre de la Sagesse. (13, 1-9)

De nature, ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. Mais c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux. S’ils les ont pris pour des dieux, sous le charme de leur beauté, ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur. Et si c’est leur puissance et leur efficacité qui les ont frappés, ils doivent comprendre, à partir de ces choses, combien est plus puissant Celui qui les a faites. Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur. Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car c’est peut-être en cherchant Dieu et voulant le trouver, qu’ils se sont égarés : plongés au milieu de ses œuvres, ils poursuivent leur recherche et se laissent prendre aux apparences : ce qui s’offre à leurs yeux est si beau ! Encore une fois, ils n’ont pas d’excuse. S’ils ont poussé la science à un degré tel qu’ils sont capables d’avoir une idée sur le cours éternel des choses, comment n’ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ?

J’entends l’appel à être sensible à ce qui m’est offert : beauté, puissance, grandeur, efficacité.

Mais j’entends aussi la nécessité de dépasser mes seules sensations pour contempler dans la nature l’œuvre du Créateur : « reconnaître l’artisan » ; « le maître de ces choses » ; « l’auteur même de la beauté est leur créateur » ; « à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut comprendre, par analogie leur auteur ».

J’entends enfin l’urgence (déjà affirmée dans un texte écrit il y a plus de 2000ans) de ne pas m’en tenir à la volonté de comprendre (« la science », « une idée ») pour accueillir la création comme un don de la toute-puissance d’amour de Dieu. Une démarche d’accueil et de respect de la Création, pour échapper à la tentation de l’exploitation de la nature par les conquêtes scientifiques.

Et moi, est-ce que je prends régulièrement le temps de contempler la nature, en dépassant l’émotion, pour entrer dans la contemplation du Seigneur et l’action de grâce.

Et moi, comment la contemplation de la nature m’aide-t-elle à prendre soin de la maison commune ?

Je m’adresse maintenant au Seigneur pour exprimer ma louange devant la Création, pour demander pardon pour tout ce qui atteint la vie de notre planète, pour Lui confier tous ceux qui travaillent à la défense de l’environnement.

Je termine en disant cet extrait de la prière du Pape François, qui clôture son encyclique Laudato Si’

Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures,
qui sont sorties de ta main puissante.
Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence
comme de ta tendresse.
Loué sois-tu.

Fils de Dieu, Jésus,
toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie,
tu as fait partie de cette terre,
et tu as regardé ce monde avec des yeux humains.
Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature
avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Esprit-Saint, qui par ta lumière
orientes ce monde vers l’amour du Père
et accompagnes le gémissement de la création,
tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien.
Loué sois-tu.
Ô Dieu, Un et Trine,

communauté sublime d’amour infini,
apprends-nous à te contempler
dans la beauté de l’univers,
où tout nous parle de toi.
Éveille notre louange et notre gratitude
pour chaque être que tu as créé.
Donne-nous la grâce
de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.

Je termine ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix.

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