Marthe et Marie de Vermeer

Je me dispose à me mettre à l’écoute du Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je m’efforce de chasser mes préoccupations pour me rendre disponible à la Parole. Je demande la grâce de savoir me mettre au service.

Je relis l’évangile, illustré par le peintre Vermeer, la visite de Jésus chez Marthe et Marie.

« Chemin faisant, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service.

Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. » (Luc, 10, 38-42)

Je contemple maintenant le tableau de Vermeer, qui a choisi de représenter le dernier verset de cet évangile : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Vermeer, 1656.Jésus avec Marthe et Marie

La pièce où se déroule la scène est très sobrement représentée pour donner toute la place à la relation entre les trois personnages de la scène.

Marie est « assise aux pieds du Seigneur » conformément à l’Évangile. Son visage, reposant sur sa main, suggère l’écoute contemplative, fascinée par la présence du Christ et sa parole.  Le Christ est assis sur un fauteuil, signe de sa dignité, de sa majesté.  Marie est débout, en mouvement, en tenue de service comme l’indique son tablier.

Du centre du tableau sourd la lumière de la nappe immaculée, qui trouve un écho dans les manches de la chemise de Marie, et dans les foulards des deux femmes

Si la main du Christ désigne bien Marie, qui « a choisi la meilleure part », il adresse à Marthe un regard tout en douceur et en tendresse. Les deux femmes tournées vers le Christ manifestent deux façons de se tenir devant le Christ, dans l’écoute et le service.

Au milieu des trois personnages, le pain, dans un simple panier. Marie apporte sur la table, dont la nappe blanche évoque l’autel, « le fruit de la terre et du travail de l’homme. ». Se joue ici, subtilement, liturgie de la Parole et liturgie eucharistique.

Ainsi ce tableau se fait-il résumé de toute la vie chrétienne. Attention à la présence du Christ, attention à sa Parole à accueillir et méditer, place des sacrements et service.

Et moi, que puis-je dire de la façon dont s’articulent ces diverses dimensions dans ma vie de croyant ? Quelle place est-ce que je donne à l’écoute de la Parole ?

Quelle place tient l’eucharistie dans ma vie chrétienne ? Quelle place dans ma vie pour l’offrande et le don ? Quelle place donnée au service ?

Après avoir relu l’évangile de Luc, je me tourne vers le Seigneur, pour le contempler, comme Marie et pour converser avec lui, comme Marthe. Je lui parle de mon chemin de disciple, avec ses réussites et ses difficultés. Je lui confie celles et ceux qui ont besoin que je me mettre à leur service.

Je termine avec cette prière écrite à partir de St Jean Eudes, avant de tracer sur moi le signe de croix.

Jésus tu as affirmé : « … vous êtes des serviteurs inutiles. »
(Lc 17, 10)

Que cette parole est dure à entendre !
Faut-il donc que j’arrête mes engagements ?
Dois-je faire comme d’autres, baisser les bras dans mes services d’Église ?
Me serais-je trompé en m’investissant de manière si prenante ?
Donne-moi ton Esprit pour comprendre cette Parole.
C’est vrai, nous ne sommes rien par nous-mêmes,
et il nous est bon d’en prendre conscience :
tout ce que nous avons vient de toi.
Tout ce que nous pouvons faire pour toi
n’ajoute rien à ce que tu fais pour nous et en nous.
Donne-moi ta paix, Seigneur, pour que j’accueille ta parole.
Tout service est avant tout réponse à ton amour,
gratuit et non pas utile.
C’est toi qui le complètes et lui apportes sa part d’utilité.
Donne-moi, Seigneur, de mettre en œuvre tes dons,
et remplis mes actes de ton amour.

Laisser un commentaire