Prier avec Arcabas et Jean-Baptiste

En ce début d’Avent, laissons-nous toucher par la figure de Jean Le Baptiste, en contemplant cette œuvre du peintre Arcabas (1926 – 2018).

Il est étrange ce personnage  à la barbe foisonnante et aux cheveux dressés. Hirsute et couvert de peaux de bête, sa couleur brune en fait un terreux. Il s’accorde avec le camaïeu de bruns qui occupe une bonne partie du tableau et évoque la terre.

 C’est Jean Baptiste, le fils d’Elisabeth et de Zacharie, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; il s’est retiré dans le désert de Judée.

L’évangile de Marc parle ainsi de lui : « Jean le Baptiste parut dans le désert, (1,4) … Jean était vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. » (1,6)

Le regard est d’abord attiré par le visage. Tout son être est tourné vers la croix qui occupe la partie droite du tableau, mais le prophète tourne son visage vers nous. Les yeux, la bouche aux teintes lumineuses jaillissent de ce visage foncé. Sa bouche, en forme d’anneau, est grande ouverte.

Manifestement c’est d’une voix forte qu’il parle ; et son appel retentit encore aujourd’hui.

« C’est lui dont avait parlé le prophète Isaïe quand il disait : « Une voix crie dans le désert : « préparez les chemins du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Mt 3,3)

Au centre du tableau, ses bras pointent deux directions. Les index levés  vers ce qu’il indique accentuent la force de son geste.

Le bras droit est replié et dirigé vers le haut, vers le ciel. La main se trouve éclairée par le fond doré qui entoure toute la personne de Jean Baptiste. Car l’impression d’ensemble du tableau n’est pas sombre ; l’or et les couleurs chaudes occupent le centre et le rendent lumineux. La croix aux couleurs de la terre  fait partie de cet ensemble lumineux. Elle s’élève, entre un fond noir et une grande tâche jaune d’or qui rejoint l’or qui entoure le prophète. Elle réunit ainsi l’ombre et la lumière, comme les deux faces d’un même mystère, fait de mort et de résurrection.

C’est donc une bonne nouvelle que Jean Baptiste vient proclamer. Habité par l’Esprit Saint, il annonce la venue du Messie, du Sauveur qu’attend Israël.

Lorsque l’ange apparait à Zacharie dans l’évangile de Luc, il parle de Jean ainsi : «Il sera grand devant le Seigneur … il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère ». (1,15)

Et voici ce qu’annonce Jean : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ;  je ne suis pas digne, de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau,  lui vous baptisera d’Esprit Saint. » (Mc 1,7)

L’autre bras, lui,  est tendu, ce qui le rend plus péremptoire. Il est comme le prolongement de la bouche. La main de couleur sombre et l’index pointé  accentuent le côté impératif du discours.

Jean Baptiste annonce une bonne nouvelle mais il est aussi porteur d’une interpellation qui dérange. Il appelle à reconnaître son péché, à se convertir, à changer pour accueillir le Règne qui vient.

« Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. » (Mc 1,4)

Après ce regard sur l’œuvre d’Arcabas, adressons au Seigneur notre prière

Je prends un temps de silence pour laisser remonter ce qui me touche. J’en parle au Seigneur.

Et je lui adresse ma prière : peut- être un ‘merci’ pour sa venue dans notre humanité… un ‘pardon’ pour ce qui en moi retarde la venue de son règne… un ‘s’il te plaît’ pour demander de voir ce qui est à changer dans ma vie …

Je termine par une prière vocale ou en écoutant le cantique de Zacharie.

2 réflexions au sujet de « Prier avec Arcabas et Jean-Baptiste »

  1. Merci pour cette belle proposition.
    Un élément à méditer aussi : l’image dorée à droite, un C à l’envers duquel le surgit une petite croix.
    1) c’est la forme même de l’autel de Saint-Hugues de Chartreuse qu’Arcabas rénova dans les années 50. Comment joindre ici la photo?
    2) le C à l’envers est la 5e lettre de l’alphabet hébraïque qui se lit de gauche à droite et surtout c’est la première lettre du livre de la Genèse en hébreu….par là que tout commence: la croix jaillit du commencement.

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