Psaume 94

Cathédrale Sainte Julitte-Nevers

Ce psaume 94 que nous propose la liturgie de ce jour est le psaume invitatoire qui précède les Laudes premier office du jour prié par l’Eglise.

Seigneur dans cette prière du matin me voici devant toi, en ta présence. 
Tu es là Seigneur. Oui tu es là près de moi, avec moi, en moi.
Je viens te remercier pour cette nuit écoulée.
Je viens te confier cette journée.
Je viens te prier aujourd’hui avec le psaume du matin par excellence, le psaume de la prière matinale et du réveil de l’Église, le psaume 94

Dès ce matin Seigneur je veux accueillir ta joie. Ta bonté est immense ! Merci pour cette nuit Seigneur, pour ce repos, que j’aie bien dormi ou que j’aie mal dormi, je te dis merci Seigneur pour la vie, pour ta vie, pour ce nouveau jour qui se lève comme cadeau de ton amour, de ta grâce en ce matin.

Seigneur tu es mon créateur, mon Dieu et ce matin, tu crées aussi cette nouvelle journée. Tu déploies devant moi ce temps de grâce. Toi qui as créé la terre, les montagnes et les mers, toi qui as pétri toute chose par amour, tu conduis à nouveau aujourd’hui ta création vers son achèvement, et tu comptes sur moi, malgré ma pauvreté et ma faiblesse pour te présenter et t’offrir ce monde, cette journée, ces personnes que je vais rencontrer, de me laisser guider et combler par toi. Je te présente toute chose Seigneur en ce matin.

Oui, entrons inclinons-nous, prosternons-nous car  Il est là. Il nous aime et veut demeurer chez nous. Il est le bon berger qui nous guide tous ensemble vers les eaux du repos, Par cette prière du matin, conduis chacun et nous tous vers la pleine réalisation de tes desseins d’amour sur l’humanité.

Voici la grande et belle question de ce psaume qui nous est posée en ce matin : aujourd’hui, écouteras-tu sa parole ? Tu as le choix, aujourd’hui. Choisis donc la vie, dit la Parole de Dieu dans le Deutéronome.

Oui Seigneur je veux aujourd’hui écouter ta parole. Je veux choisir dès maintenant de prendre aujourd’hui quelques instants pour toi. Viens habiter ma journée. Seigneur fais que je marche en ta présence pour recevoir ta force et ta vie en chaque instant.

Jeunes Lycéens de Paris avec des novices de différents pays

Psaume 1

Le psautier s’ouvre par cette béatitude « Heureux est l’homme .» Le 1er psaume nous présente le bonheur promis par Dieu. C’est une méditation sur la vie de l’homme qui alterne entre son désir de faire la volonté de Dieu et celui de mener seul son propre chemin.

– Je m’installe confortablement et je lis lentement le psaume en répétant les mots qui me touchent plus particulièrement, pour les laisser peu à peu s’imprégner en moi.

– Je peux demander au Seigneur pour ce temps de prière, la grâce de ressentir le désir de le suivre et de me détourner de ce qui m’éloigne de lui.

Je prends ensuite le temps de méditer le psaume en m’aidant, si je le souhaite, des points suivants :

● Le psaume décrit ce qui fait le bonheur de ceux qui marchent à la suite du Christ.

-Je me laisse toucher par la promesse du Seigneur.

– Et moi, ai-je le désir de suivre le Christ ? Si oui, quels moyens je me donne pour y parvenir ?

● Je peux m’arrêter sur les images en lien avec la nature : celle de l’arbre, synonyme de vie et de solidité et celle de la paille qui souligne la légèreté et l’éphémère.

– Quels sont les points d’ancrage dans ma vie qui me donnent de la force, me soutiennent et pour lesquels je peux rendre grâce ?

– A l’inverse, de quels plaisirs superficiels et éphémères pourrais-je essayer de me détacher en ce  temps de conversion du Carême ? Je peux humblement demander au Seigneur de m’aider dans ma démarche.

Je termine ma prière en rassemblant ce qui m’est venu dans la méditation et en me confiant au Seigneur, sûr de son amour et de sa miséricorde.Je récite enfin  le Notre Père et je peux écouter le chant « Heureux, bienheureux. »

Psaume 22

Je prévois un temps de rencontre avec le Seigneur…

Je m’installe à l’écart, confortablement…Je respire profondément et fais silence en moi…

Je lis tranquillement le psaume, si possible à voix haute…

Le psalmiste parle de Dieu, son berger (v 1-3) … Puis il parle à Dieu, avec confiance (V 4-5) et termine par une promesse (v 6) …

Je relis ce poème et laisse venir les différentes images qu’il évoque pour moi…

La métaphore du berger nous dit la bienveillance du Seigneur…Il est présent, prend soin de nous…nous rassure…et nous conduit…

Quel écho cela a-t-il dans ma vie?

Je peux rendre grâce au Seigneur pour sa présence en m’adressant à Lui :

tu me fais reposer…tu me fais revivre… tu me conduis… tu es avec moi… tu prépares pour moi…

Je peux aussi lui exprimer une demande… lui dire ma confiance…à ma manière, avec mes propres mots… ou avec cette prière :

« Nous te rendons grâce, ô bon pasteur, de nous accompagner sur nos chemins. Donne-nous de savoir reconnaître ta voix à travers les événements de tous les jours … Fais grandir notre foi en ta Parole, augmente en nous le désir de te plaire, viens répandre ton souffle créateur en ceux et celles que tu appelles… Merci d’être là Seigneur, dans cette liberté à te suivre. Apprends-nous à réagir avec compassion à la détresse de nos frères et sœurs » (Prière de Jacques Gauthier, Prions en Église Canada – 17 avril 2016)

Je termine en priant Notre Père

Psaume 1

En ce début de carême ce psaume nous parle de chemin : « Le Seigneur connait le chemin des juste »

Je me dispose à prier avec le psaume de ce jour.

Je le dis doucement, lentement. Je laisse résonner en moi ces versets .

Quels mots, quels passages me questionnent, m’interpellent? En quoi me rejoignent-ils ?

Qu’est-ce que j’ai envie de dire au Seigneur, de lui demander?

Quels sont ceux qui me réjouissent ?

En quoi je peux louer le Seigneur ?

Alors qu’attendons-nous pour partir ?

N’attends pas 
qu’on frappe à ta porte,
pars,
oui, lève-toi, et pars,
parce que
partir signifie ouvrir tout grand sa porte
et laisser l’aventure
s’engouffrer
dans toutes nos lassitudes
nos hésitations.
Pars loin devant toi
ou pars au fond de ton jardin,
pars dans la solitude enfin trouvée,
ou dans l’ivresse du partage amical,
pars pour une heure
une journée
une année
mais surtout pars.
Et, en partant,
oublie de clore ta porte,
alors
à ton retour,
tu ne pourras plus la refermer :
la clématite fleurie de tes souvenirs
la maintiendra ouverte,
le soleil rayonnant de tes mille rencontres
réchauffera ta maison,
la lumière de l’amitié l’illuminera
l’envahira….
t’envahira toi-même.

Bon carême !

Psaume 118

Je choisis un endroit calme et confortable, un lieu où je ne serais pas parasité(e) par des sollicitations extérieures.

Je fais silence en moi, je me tourne vers le Seigneur et me dispose à Le rencontrer avec tout ce que je suis.

Je fais mon signe de croix.

Je lis doucement le psaume puis :

 Je laisse résonner les paroles du psaume « Toi, tu es bon, Tu fais du bien : apprends-moi tes commandements »

La question fut posé à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? ( Matthieu 22, 37-39)

Il a répondu :

L’appel que me lance Jésus est à la fois beau et exigeant. Je commence par lui demander une double grâce.

Qu’il me donne d’entendre cet appel à aimer dans toute sa radicalité. Qu’il me donne aussi de le recevoir avec douceur et patience face à mes limites.

C’est-à-dire d’un cœur qui n’est pas partagé, divisé.Y a-t-il dans mon cœur, dans ma tête des choses auxquelles je tiens, des choses que je ne peux pas réconcilier avec mon amour pour Dieu ? des choses qui m’égare ? Qu’est-ce que je veux en faire ?

Je peux me poser la question d’où je place le curseur dans ma vie, entre le soin raisonnable de moi-même et le service des autres ? Où en est cet équilibre, en suis-je satisfait ?

Je fais un petit bilan intérieur : comment est-ce que je me sens à la fin de cette prière ? Spontanément, qu’est-ce que j’en garde ? Je pars de ce tour d’horizon pour m’adresser à Jésus, pour lui dire ce que je désire, avec confiance et spontanéité.

Psaume 105

R/ Souviens-toi de nous, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
 (cf. Ps 105, 4)

Heureux qui pratique la justice,
qui observe le droit en tout temps !
Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.

Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
Ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d’agir.
Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c’est un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons.

De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.
Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur.

La liturgie propose un extrait du psaume 105. Ce passage est un cri vers le Seigneur : devant la réalité de son péché,  le psalmiste en appelle à la bienveillance de Dieu pour son peuple.  Et du verset 6 au verset 44, ce psaume évoque l’histoire du peuple hébreu, depuis la libération d’Egypte,  avec sa traversée du désert et son installation en Canaan. Un chemin mouvementé qui alterne action de grâce et récriminations,  oubli de Dieu et adoption des pratiques des païens.

*Je prie aujourd’hui avec ce psaume ;  les mots de ce psaume peuvent me renvoyer à ma propre histoire. Je me mets sous le regard du Seigneur et je fais mémoire de ce qui fait ma vie. Je peux demander la grâce de prendre conscience de mon péché, c’est à dire de ce qui m’éloigne de Dieu.

Je peux aussi demander la lumière en prenant  le refrain de Taizé : « Christ, Lumière intérieure »

« Heureux qui pratique la justice » : je peux  d’abord évoquer les moments où j’ai le sentiment de vivre l’Evangile, d’être ajusté à ce que veut le Seigneur pour moi. Ai-je ressenti alors du bonheur ?

« Ils apprennent les manières d’agir  des  païens» : dans notre société sécularisée, quelles sont les attitudes qui vont à l’opposé de l’Evangile ? Les pratiques qui ne sont pas celles du droit et de la justice ?  Est-ce que personnellement j’y participe d’une manière ou d’une autre ? Comment je vis cela 

« Ils servent leurs idoles » : quelles sont les idoles de notre temps ? Ce qui est recherché avant tout : la réussite, l’argent, la beauté, la notoriété… ? Personnellement,  qu’est-ce qui compte vraiment  pour moi ? Y a-t-il en moi des attachements qui  passent avant la louange et le service du Seigneur ?

*Je m’adresse au Seigneur et lui partage le fruit de ma méditation. Je peux lui demander pardon pour ce qui n’est pas ajusté à son projet de vie pour moi ; je peux lui demander son aide pour me libérer…

Ce psaume est aussi un psaume de louange ; il commence par une invitation à rendre grâces pour l’amour du Seigneur :

Rendez-grâce au Seigneur : Il est bon !
Eternel est son amour !

Il se termine par une bénédiction de Dieu dont l’amour est fidèle et qui sauve.

Il se souvient de son alliance avec eux ; 
dans son amour fidèle, il se ravise :
il leur donna de trouver grâce
devant ceux qui les tenaient captifs.

Sauve-nous, Seigneur notre Dieu,
rassemble-nous du milieu des païens,
que nous rendions grâce à ton saint nom,
fiers de chanter ta louange !

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
depuis toujours et pour la suite des temps !
Et tout le peuple dira : Amen ! Amen !

*Je peux faire mien l’un ou l’autre verset et le répéter.

Puis je me tourne avec confiance  vers le Dieu de Jésus-Christ, Lui qui est fidèle à son alliance, qui est tendresse et miséricorde et je dis un Notre Père.

Je peux terminer ma prière en reprenant le refrain de Taizé.

Avec quelques jours de retard, méditons la Présentation au Temple

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22,40)

Je prends le temps de me disposer pour une rencontre avec le Seigneur et l’écoute de sa Parole. Je trace sur moi le signe de croix. Me rendant attentif à ma respiration, sans la forcer, je prends conscience à travers l’air que je respire que j’appartiens à l’humanité tout entière, à la Création. En même temps, je crois que dans la multitude, Dieu s’adresse à moi personnellement, dans une relation unique. Je demande la grâce de la consolation.

Je lis le texte d’évangile, et retrouve un épisode que je connais bien. Quarante jours après la naissance de Jésus, Joseph et Marie accomplissent les rites juifs : la purification de la femme qui a accouché et la présentation au Temple du premier né « consacré au Seigneur ».

Pas de prêtre pour recevoir Marie et Joseph, mais Syméon, un homme juif extérieur au service du Temple, qui vient, poussé par l’Esprit. Il va prononcer successivement un cantique et un oracle. Une vieille femme, la prophétesse Anne, loue le Seigneur.

Pour accueillir le texte, je m’aide du tableau de Fra Angelico

Compressed by jpeg-recompress

J’observe le cadre : pas de représentation solennelle du Temple, mais, une relation entre des personnages, un échange de regards. Au-delà du cultuel se joue ici une reconnaissance intérieure du Christ.

Je m’arrête sur le choix des couleurs. Un fond rouge, la robe rouge de Marie et le nimbe crucifère rouge du Christ, en écho à l’oracle de Syméon qui annonce la Passion.

Les tons or des auréoles et des tuniques de Joseph et de Syméon (tunique or et verte, couleur de l’Espérance). Signe du Christ annoncé comme « lumière qui se révèle aux nations. »

Je contemple maintenant les personnages :

  • Tous les regards sont tournés vers Jésus.
  • Joseph, présentant les deux tourterelles qui vont être sacrifiées, conformément à la prescription du Livre du Lévitique. (12, 1-4). Le regard de Joseph dit la profondeur de son écoute de l’oracle de Syméon. Étonnement, peut-être saisissement.
  • Marie, qui tend les mains en un geste d’offrande. Elle fait don de son fils. Au sacrifice rituel prescrit par la Loi se substituera bientôt l’offrande par Jésus, de sa vie.
  • Syméon « qui reçut l’enfant dans ses bras ». L’intense échange de regards entre Syméon et Jésus souligne l’accomplissement de la promesse, pour Syméon qui sut reconnaître dans ce nouveau-né la consolation d’Israël.
  • Sur la droite, la prophétesse Anne qui contemple Jésus, prosternée.
  • Sur la gauche, St Dominique. Fra Angelico est dominicain. La figure du dominicain représente l’Église, dépositaire de la Nouvelle Alliance.

Je rends grâce pour la sérénité de cette scène. Sans rien occulter du drame de la Passion, le peintre nous invite à contempler Jésus consolation et lumière des nations.

Le texte met en présence deux vieillards, derniers représentants de l’Ancienne Alliance, reconnaissant dans le nouveau-né, le signe de la consolation, du salut et de la délivrance.

Jésus, annoncé comme Messie, est reconnu par Syméon comme « le salut que tu préparais à la face des peuples ».

Après l’accomplissement du rite, Joseph et Marie « retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth ».

  • Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur. Je peux lui rendre grâce pour les germes de nouveauté que je pressens aujourd’hui. Je peux lui présenter mes résistances à la nouveauté. Je prie pour ceux, qui ont aujourd’hui, besoin de connaître la délivrance.
  • Dans ma prière, je m’unis aux consacrés fêtés à l’occasion de la fête de la Présentation au Temple. Je prie le cantique de Syméon, dit chaque jour à l’office de complies, comme une expression privilégiée, à la fin du jour, de gratitude, de paix et d’espérance.
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Je termine par le signe de croix.