Psaume 88

Refrain: Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante !

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : c’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux. R

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance,
j’ai juré à David, mon serviteur :
j’établirai ta dynastie pour toujours,
je te bâtis un trône pour la suite des âges. » R

« Il me dira : “Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !”
Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle. » R	

Ce psaume, sans doute écrit pendant l’exil à Babylone, est une hymne à la fidélité aimante du Seigneur.

Je m’installe confortablement et je fais silence en moi.

Je me mets en présence du Seigneur « Me voici devant toi Seigneur, donne-moi la grâce d’être fidèle à ta promesse d’alliance. »

Je lis lentement le psaume  en m’arrêtant sur les répétitions des mots « fidélité », « amour » et « pour toujours » et sur les verbes « je le chante » et « je l’annonce ». Qu’est-ce que ces mots suscitent en moi ? Je peux répéter ceux qui me touchent plus particulièrement.

« Ta fidélité est plus stable que les cieux. » 

Dieu ne cesse de nous être fidèle. Sa fidélité me donne-t-elle la force de tenir ferme dans la foi ?

« Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut ! »

Comme le psalmiste, je peux clamer ma louange de mettre Dieu au cœur de ma vie et de me reposer sur lui dans la confiance.

 Je peux terminer ce temps par la prière du Notre Père.

Le vrai berger

Basilique St Clément, Rome

St Jean, 10, 11-18

En ce temps-là, Jésus déclara :« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui :s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ;le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Je m’installe en silence. Je prends le temps de chercher, pour mon corps, la position propice au recueillement. Sans rien forcer, je suis le rythme de ma respiration, qui dit le rythme de la vie. Je trace sur moi le signe de la croix, signe des chrétiens rassemblés par le don de la vie du Seigneur sur la croix.

Je demande la grâce de savoir me donner

Je lis l’Évangile, lentement, me laissant rejoindre par le mot, l’expression qui me touche aujourd’hui.

Le texte évoque longuement les faux pasteurs. A l’époque de Jean, de nombreux personnages prétendaient être le messie…Aujourd’hui encore, nous pouvons nous laisser entrainer par des illusions, de faux prophètes…Qu’en est-il pour moi ? Tous mes attachements conduisent-ils au Christ ?

Le vrai pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent. Que puis-je dire de mon expérience intime d’une sincère relation au Seigneur ? Cette connaissance intime du Seigneur m’entraîne dans la communion trinitaire du Fils au Père. Que puis-je dire de ma relation à la Trinité, que nous allons bientôt fêter ?

Le texte évoque ensuite -au futur- la réalité d’un seul troupeau. Les divisions étaient nombreuses à l’époque de Jean. Elles sont encore multiples, aujourd’hui…Que fais-je pour favoriser l’unité ? A quelles attitudes, à quelles rencontres est-ce que je me sens invité ?

Le bon pasteur est celui qui donne librement sa vie. Quelle est la place du don dans ma vie ? Qu’est-ce que je donne ? A qui est-ce que je donne ?

Je m’adresse maintenant au Seigneur, dans une action de grâce pour le Bon Pasteur. Je lui demande d’être artisan d’unité et de savoir me donner. Je lui confie toutes mes intentions, mes intercessions de ce jour

Je termine par le Notre Père, prière du seul troupeau.

Je clos ce temps de prière en traçant à nouveau sur mon corps le signe de la croix, verticalité de l’enracinement dans la connaissance intime du Seigneur et horizontalité des bras ouverts pour se donner.

Psaume 65

Acclamez Dieu, toute la terre ; 

Peuples, bénissez notre Dieu ! 
 Faites retentir sa louange,
car il rend la vie à notre âme, 
 il a gardé nos pieds de la chute.
Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : 
 je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ;
quand je poussai vers lui mon cri, 
  ma bouche faisait déjà son éloge.

Béni soit Dieu + 
 qui n'a pas écarté ma prière, 
  ni détourné de moi son amour !

Je prends un temps à l’écart et fais silence en moi…Je trace sur moi le signe de Croix et m’ouvre à la présence du Seigneur…

Je lis le psaume, lentement, laissant un mot, un verset résonner en moi, en mon cœur, dans ma vie…

Je regarde les petites choses de mon quotidien ou ses derniers évènements…En quoi puis-je bénir Dieu?  Le louer? Ai-je senti sa présence? Son amour?

Peut-être l’ai-je appelé à mon secours…dans l’épreuve… le doute… Qu’a-t-il « fait pour mon âme »?

Tout cela, je le confie au Seigneur, dans la confiance…

Puis je relis le psaume, ou je l’écoute…

Je termine ma prière en m’adressant à Notre Père…

Mon humble quotidien

Kurt Schwitters-1931

Je commence par écouter cette composition, de John Cage (3mn) sans me laisser surprendre, ni troubler et je peux essayer de repérer tous les sons du quotidien, utilisés ici.

Maintenant je me dispose à prier avec ce qui fait ma vie de tous les jours.

Je me tourne vers le Seigneur. Je me pose, je respire paisiblement et je prends un instant pour m’ouvrir à sa présence. Il m’attend. Je lui ouvre ma vie, comme quand j’accueille un ami chez moi.

Je voudrais visiter ma vie avec lui, en lui présentant avec joie et humilité là où je demeure.

Où les sons repérés rejoignent-ils ma vie? Je parcours les journées récentes et les lieux de ma vie en faisant mémoire des événements déroulés, des relations nouées, des paroles et gestes posés.

Je remercie Dieu pour ce qui s’est vécu; moments de joie, de découverte, d’accueil de la vie, de repos, de remise en cause aussi.

J’ai pris soin des autres et de moi, de tout ce que je suis, mon corps, mon esprit

Si me revient en mémoire une blessure, une parole ou un geste maladroit, j’en demande pardon à Dieu;

avec lui je vois s’il y a quelque chose à changer,une habitude, un rythme, un lieu, une organisation pour favoriser une ouverture plus grande à la vie

Je me laisse questionner par ces textes du Pape François et de Madeleine Delbrêl

16. Cette sainteté à laquelle le Seigneur t’appelle grandira par de petits gestes. Par exemple : une dame va au marché pour faire des achats, elle rencontre une voisine et commence à parler, et les critiques arrivent. Mais cette femme se dit en elle-même : « Non, je ne dirai du mal de personne ». Voilà un pas dans la sainteté ! Ensuite, à la maison, son enfant a besoin de parler de ses rêves, et, bien qu’elle soit fatiguée, elle s’assoit à côté de lui et l’écoute avec patience et affection.

Voilà une autre offrande qui sanctifie ! Ensuite, elle connaît un moment d’angoisse, mais elle se souvient de l’amour de la Vierge Marie, prend le chapelet et prie avec foi. Voilà une autre voie de sainteté ! Elle sort après dans la rue, rencontre un pauvre et s’arrête pour échanger avec lui avec affection. Voilà un autre pas !

(Pape François « appel à la sainteté dans le monde actuel »)

Chaque petite action est un événement immense où le Paradis nous est donné, où nous pouvons donner le Paradis.
Qu'importe ce que nous avons à faire : un balai ou un stylo à tenir; parler ou se taire; raccommoder ou faire une conférence; soigner un malade ou taper à la machine.
Tout cela n'est que l'écorce de la réalité splendide, la rencontre de l'âme avec Dieu, à chaque minute renouvelée, à chaque minute accrue en grâce, toujours plus belle pour son Dieu.
On sonne ? vite, allons ouvrir .
c'est Dieu qui vient nous aimer.
Un renseignement ? le voici:
c'est Dieu qui vient nous aimer.
C'est l'heure de se mettre à table: allons-y :
c'est Dieu qui vient nous aimer.
Laissons-le faire
(M. Delbrêl "La sainteté des gens ordinaires", tome VII des Œuvres Complètes 2009 - Nouvelle Cité - Nous autres, gens des rues, p29-30)

Je conclus en parlant à Dieu comme un ami parle à un ami . Je le remercie, lui partage une question, l’écoute dans le silence.

Je termine par une prière de l’Eglise: Notre Père …


Psaume 33

Malel

R/ Un pauvre crie ;
le Seigneur entend.

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.
Le Seigneur entend ceux qui l’appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.

Il est proche du cœur brisé,
il sauve l’esprit abattu.
Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.

Je trace sur moi le signe de croix pour entrer dans la prière. Je fais silence pour me rendre disponible à l’écoute et je demande au Seigneur la grâce de vivre la béatitude « heureux qui trouve en lui son refuge ».

Je lis le psaume, lentement, me laissant rejoindre par un mot, une expression, un verset.

A la suite du psalmiste, je formule ma louange de ce jour :

que puis-je « goûter », « voir » qui, aujourd’hui, me dit la bonté du Seigneur ?

Mais, comme le psalmiste, je peux être traversé d’angoisses, je peux avoir le « cœur brisé » ou « l’esprit abattu ».

Qu’ai-je à confier, aujourd’hui, au Seigneur : un souci, une peine, une difficulté, une épreuve. Je me confie à lui, sûr que « le Seigneur entend ceux qui l’appellent. »

Je m’abandonne au Seigneur

pour percevoir comment il me sauve et me délivre.

Je relis lentement le psaume. Je peux aussi l’écouter :

Je termine en disant « Notre Père… » et clos ce temps en traçant, à nouveau sur moi, le signe de croix.

Ecouter…avec Etty Hillesum

« Le commencement de notre amour pour Dieu consiste à écouter sa parole » Dietrich Bonhoeffer

Etty Hillesum (1914-1943) est une jeune femme juive hollandaise qui mourut à Auschwitz en 1943. Initialement éloignée de Dieu, elle le découvre en regardant en profondeur à l’intérieur d’elle-même Cette jeune fille fragile et insatisfaite, transfigurée par la foi, se transforme en une femme pleine d’amour et de paix intérieure, capable d’affirmer : « Je vis constamment en intimité avec Dieu ». Extraits de « Une vie bouleversée »

« “Écouter au-dedans” [Hineinhorchen], je voudrais trouver, pour le dire, une bonne expression hollandaise. En fait, ma vie n’est qu’une perpétuelle“écoute au-dedans” de moi-même, des autres, de Dieu. Et lorsque je dis que “j’écoute au-dedans”, en réalité c’est Dieu en moi qui “écoute au-dedans”. Ce qu’il y a de plus essentiel et de plus profond en moi écoute ce qu’il y a de plus essentiel et de plus profond en l’autre. De Dieu à Dieu. »

« Je suis prête à tout accepter, tout lieu de la terre où il plaira à Dieu de m’envoyer, prête aussi à témoigner à travers toutes les situations- et jusqu’à la mort, de la beauté et du sens de cette vie : si elle est devenue ce qu’elle est, ce n’est pas le fait de Dieu mais le nôtre. Nous avons reçu en partage toutes les possibilités d’épanouissement,mais n’avons pas encore appris à exploiter ces possibilités ». juil 1942

Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance. Une chose cependant m’apparaît de plus en plus claire : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider – et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes. C’est tout ce qu’il nous est possible de sauver en cette époque et c’est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu.

Je me dispose à me laisser rejoindre par cet appel à écouter la Parole, parole qui nous guide vers la vie.Je fais silence en moi.

Je lis lentement ces extraits, quelles images ou quels mots me touchent le plus ?

Quel regard nouveau sur ma vie est-ce que je me sens appelé-e à poser ?

Je choisis quelques paroles que je répète, que je rumine, tant qu’elles me donnent du goût.

Je peux regarder ces derniers jours ou semaines et je peux repérer les moments où j’ai été particulièrement à l’écoute de moi-même, des autres et de Dieu.

Ou bien des situations où j’ai eu l’impression de ne pas avoir été à l’écoute

Je parle de tout cela au Seigneur, je peux rendre grâce, demander pardon et lui exprimer mon désir de me laisser transformer par la Parole.

Et je termine en disant: Notre Père…

1.	Écoute, Entends la voix de Dieu. A celui qui a soif, Il vient se révéler. 
Écoute, Que tout en toi se taise, Que tout en toi s’apaise, Et que parle ton Dieu. 

2.	 Écoute, Laisse-là ton souci, Que se taisent les mots, Que s’éloignent les cris. 
Écoute, Dieu sème sans compter. Sa parole est le pain Qui vient nous rassasier. 
3.	Écoute, Dieu t’invite au désert, Au silence du cœur, A la source sans fin. 
Écoute, Il se tient à la porte, Il frappe, et bienheureux Celui qui ouvrira.

4.	Ecoute, Dieu passe près de toi, Dans la brise légère, Dans le vent de l’Esprit. 
Ecoute, tu es aimé de Dieu, Tu es choisi par Dieu, Il veut pour toi la vie.

Psaume 8

R/ Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom,
par toute la terre !  (Ps 8, 2)

À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
le couronnant de gloire et d’honneur ;
tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds.

Les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux

Ce psaume commence par un cri d’admiration. Admiration devant la grandeur de Dieu qui se déploie dans toute la création : le ciel dans son immensité, la terre et tout ce qui l’habite dans sa diversité.

Je prends le temps de regarder la nature qui s’éveille en ce printemps, sa profusion ; et je loue le Seigneur pour « l’œuvre de ses mains ».

Ce psaume pose ensuite une question centrale : « qu’est-ce que l’homme ?… ». Créature parmi les créatures, l’être humain est à la fois si petit  dans cet univers,  et si grand, puisque le Seigneur  «l’établit sur l’œuvre de ses mains ».

Je prends le temps de sentir l’amour de Dieu pour moi, Lui qui pense à moi et prend souci de moi ; Lui qui me confie le créé pour en prendre soin. Je loue le Seigneur pour cette grandeur reçue de Lui.

« Le couronnant de gloire et d’honneur…tu mets toute chose à ses pieds. » Reconnaissons  humblement  que l’humanité ne reflète  pas totalement cette dignité à laquelle le créateur l’appelle.  Seul le Christ ressuscité accomplit ce psaume, lui que Dieu a élevé  dans sa gloire, Seigneur de toutes choses.

En ce temps de Pâques, je peux louer Dieu pour  Jésus,  le Fils bien aimé : en Lui notre humanité trouve son achèvement.

Pour terminer cette prière de louange,  je peux reprendre  le refrain en le chantant  ou écouter le chant « Laudato’si »

Marie-Madeleine près du tombeau

Evangile selon St Jean.  (Jn 20, 11-18)

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent :« Femme, pourquoi pleures-tu ? »Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »Jésus lui dit alors : « Marie ! »S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

L’octave de Pâques nous fait entendre, chaque jour, un récit de résurrection. Arrêtons-nous sur la résurrection à Marie Madeleine, proposée par la liturgie pour ce mardi.

Je pose, je repose mon corps et mon esprit. Je dépose tout ce qui peut m’encombrer et me dispose à l’écoute de la Parole du seigneur. Je demande la grâce de reconnaître le Seigneur par sa Parole

Au début du chapitre 20 de l’évangile de Jean, Marie Madeleine vient au tombeau et le trouve vide. Elle va chercher Pierre et Jean qui se rendent sur les lieux. Il est dit de Jean : « il vit et il crut ». Rien n’est dit de la foi de Pierre, à cet endroit de l’évangile. Les deux disciples rentrent chez eux, laissant Marie Madeleine seule devant le tombeau.

Je lis lentement l’évangile.

Je m’arrête sur la première partie du texte :

Je perçois la douleur de Marie. (Les pleurs sont plusieurs fois mentionnés)

Je perçois une forme d’indifférence, à l’environnement : Marie Madeleine, quasi tétanisée, ne s’étonne pas de la présence des anges. Elle n’est attentive qu’au manque, qu’à l’absence. (L’endroit où avait reposé le corps / on a enlevé mon Seigneur)

Je relis le texte, en contemplant la fresque de Fra Angelico.

Le jardin luxuriant de végétation, avec son tapis de fleurs et les arbres vigoureusement dressés. Image de l’Eden originel. Le résurrection comme nouvelle création.

Le contraste entre le noir de l’entrée du tombeau et la robe lumineuse du Christ. Victoire de la vie sur les ténèbres

La relation entre les deux personnages.

  • Marie tournée désormais vers Jésus. (« Se retourner » mentionné à deux reprise)
  • Jésus qui esquisse un pas, qui s’éloigne du tombeau. Il porte une bêche, pour suggérer la méprise de Marie Madeleine le prenant pour le jardinier.
  • La proximité-distance des deux personnages, vêtus de couleur différente, mais portant l’un et l’autre une auréole dorée. Celle du Christ porte une croix rouge. Les deux mains de Madeleine qui veulent saisir le Christ et le geste du Christ qui veut maintenir la distance. « Ne me retiens pas ».

Je reviens au texte d’évangile.

J’entends la question de Jésus : « que cherches-tu ? ». Et moi, aujourd’hui, qui est-ce que je cherche dans ma prière, dans ma foi ?

J’écoute le dialogue entre Marie Madeleine et Jésus : « Marie » / « Rabbouni ». La reconnaissance que n’avait pas permis le regard est ouverte par l’écoute. « Les brebis le suivent, parce, qu’elles connaissent sa voix. » (Jean, 10, 4). Et moi, que mets-je en œuvre pour écouter la voix du Seigneur ?

Je médite sur le désir de Marie Madeleine de saisir, de s’approprier « j’irai le prendre », et sur la demande de Jésus : « ne me retiens pas. ». Dès ce récit de résurrection, Jean annonce l’Ascension. « Je monte vers mon Père et votre Père. ». Et moi, comment est-ce que je comprends cette tension entre l’intimité avec le Seigneur et la nécessaire distance ?

J’entends la demande du Seigneur « va trouver mes frères. ». Je ne peux garder le Seigneur pour moi, mais suis appelé à  L’annoncer à mes frères, fils d’un même Père. Et moi, comment, est-ce que je me situe comme « disciples missionnaire » ?

Je confie au Seigneur ma recherche et tous les frères à qui annoncer le Seigneur.

Fils dans le fils, je termine en disant « Notre Père… »

Prier devant le Christ en croix

« Devant le Christ en croix », un poème de Jacques Guillet sj, avec des photos du Christ souriant du château familial de François-Xavier.

Quand on s’est mis devant le Christ en Croix,
et qu’on se voit pécheur jusqu’au fond de l’être, 
Qu’on se sait pardonné par le plus grand amour, 
on peut affronter le malheur du monde, 
On peut apporter le pardon et l’espoir au cœur de la nuit, 
annoncer une Eglise fondée sur Pierre, pécheur et pardonné.
Quand on rêve d’apporter la justice aux affamés, 
la joie aux malheureux, la paix entre les ennemis, 
Et qu’on a vu Jésus toucher les lépreux,
embrasser les enfants et sécher les larmes des mères, 
On peut oser lui demander d’être admis à sa suite, 
et de marcher parmi ses disciples.
Quand on a entendu les cris de détresse de la terre, 
et qu’on sent germer l’espoir aux quatre vents du monde, 
On cherche à rejoindre le cœur de l’univers, 
le centre mystérieux de l’humanité 
Et l’on va se mettre au service de l’Eglise et du Pape ,
pour mieux entendre ses appels.
Quand on a livré sa vie au Seigneur Jésus, 
quand on engage son existence devant une décision de fond ,
On trouvera toujours dans le monde des frères et des sœurs, 
des hommes et des femmes sachant pourquoi ils vivent, 
Et l’on verra paraître le vrai visage d’un Eglise ,
accueillante et sereine au milieu des hommes.
Quand on est lié par le coeur des frères ,
François-Xavier, Jean de Brébeuf, Pierre Claver,
Et ceux aujourd’hui 
dans les prisons de Chine ou les bidonvilles d’Afrique, 
On n’a plus peur de rester inutile dans un monde rétréci  :
de tous les horizons, Dieu saura nous appeler.

Psaume 115

Aujourd’hui, jeudi Saint, nous faisons mémoire de la Cène du Seigneur et nous entrons dans le mystère pascal.

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

– J’ entre dans la prière en faisant le signe de la croix.
– Je me dispose et me mets en présence du Seigneur : « Me voici devant toi, Seigneur, tel que je suis. »

– Je demande au Seigneur la grâce d’entrer dans la reconnaissance de son œuvre d’amour pour moi.

 Je lis lentement le psaume en m’arrêtant sur les mots qui me touchent ou qui me questionnent.

Dans ce psaume, le psalmiste reconnaît l’œuvre de libération et de salut à son égard.

Comment est-ce que je fais miens ces versets ? Est-ce que moi aussi je discerne dans mon
passé, une œuvre de salut du Seigneur pour laquelle je peux rendre grâce aujourd’hui ?

Dans le 3ème verset, le psalmiste fait la promesse de témoigner de l’amour de Dieu Sauveur.

Est-ce que moi aussi, je promets au Seigneur de témoigner de sa présence et de son
amour dans le monde qui m’entoure? Concrètement, comment je témoigne de la foi qui m’habite dans ma vie familiale, relationnelle , professionnelle ? ( par mes actes, mes paroles, mes attitudes…)

En ce jour qui commémore l’ultime repas du Christ avec ses disciples, je peux terminer ce
temps de prière par cette hymne :

La nuit qu’il fut livré, le Seigneur prit du pain
En signe de sa mort, le rompit de sa main :
Ma vie, nul ne la prends mais c’est moi qui la donne
Afin de racheter tous mes frères humains.

Après qu'il eut soupé pour la dernière fois
S'offrit comme victime au pressoir de la croix
Mon sang, versé pour vous, est le sang de l'alliance
Amis faites ceci en mémoire de moi

Et nous, peuple de Dieu, nous en sommes témoins
Ta mort, nous l'annonçons par ce pain et ce vin
Jésus ressuscité, ton église t'acclame
Vainqueur, passé du monde à la gloire sans fin
Tu viens revivre en nous ton mystère pascal
Éteins en notre chair le foyer de tout mal
Nous sommes tes sarments, sainte vigne du Père
Fais-nous porter du fruit pour le jour triomphal

Seigneur, nous attendons ton retour glorieux
Un jour tu nous prendras avec toi dans les cieux
Ton corps est la semence de vie éternelle
Un jour tu nous prendras à la table de Dieu