Prier avec Jean-Sébastien Bach

Bach jeune à 30 ans, 1715, par Johann Ernst Rentsch

Jean Sébastien Bach, né en 1685 fut imprégné de la foi luthérienne. Sa vie durant il fut nourri de la lecture de la Bible; il avait une trèsimportante bibliothèque religieuse comportant davantage d’auteurs mystiques que dogmatiques, portant leur attention sur la vie subjective de la foi et dans la thématique des grands mystiques médiévaux que sont Bernard de Clairvaux, Catherine de Sienne, Maître Eckhart ou Jean Tauler.

Je me prépare à me laisser guider dans ma rencontre du Seigneur et prends le temps de me poser, prends plusieurs respirations profondes et fais silence en moi pour me disposer à la prière soutenue et nourrie par la musique

Bach inscrivait au début de ses partitions les initiales J.J.: »Jesu juva » c’est-à-dire: « Jésus, aide-moi! » ; la Parole de Dieu était sa nourriture et il a voulu par sa musique la faire comprendre.

Il signait aussi: « SDG: »Soli Deo Gloria« : « A Dieu seul la gloire », inspiré de Martin Luther. Il affirme que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre et non lui .

Il a souvent exprimé sa louange au Seigneur, comme dans le choeur du Magnificat

Avant de l’écouter et de louer Dieu, je contemple, avec l’aide l’Esprit ces derniers jours. Pour quoi ai-je envie de rendre grâce et de chanter le Seigneur ? Tout ce que j’ai vécu pour la seule gloire de Dieu.

Sensible à la mystique du Moyen-Âge du début du XVIIes , l’union au Christ est pour Bach, une attirance mutuelle qu’il faut expérimenter sans cesse.Son rapport au Christ s’inscrit dans la théologie de la croix et de la Résurrection.

Comment cette relation au Christ trouve un écho dans ma vie spirituelle et dans mon quotidien ?Comment cela me bouscule ? me questionne ? Je médite cela en écoutant « Christus, der ist mein Leben » BWV 95 (Le Christ, toi qui es ma vie)

Christus, der ist mein Leben,
Christ, toi qui es ma vie,
...
Dem tu ich mich ergeben,
A toi je me donne corps et âme,
...
Denn ich weiß dies
Car je sais
Und glaub es ganz gewiss,
Et je crois fermement
Dass ich aus meinem Grabe
Que de mon tombeau
Ganz einen sichern Zugang zu dem Vater habe.
J'aurais un accès assuré au Père.
Mein Tod ist nur ein Schlaf.
Ma mort n'est qu'un sommeil

Dadurch der Leib, der hier von Sorgen abgenommen,
Grâce auquel le corps, délivré des tourments de cette terre,
Zur Ruhe kommen.
Est parvenu au repos.
Sucht nun ein Hirte sein verlornes Schaf,
Et si un berger cherche sa brebis perdue,
Wie sollte Jesus mich nicht wieder finden,
Comment Jésus ne saurait-il pas me retrouver,
Da er mein Haupt und ich sein Gliedmaß bin!
Puisqu'il est mon chef et que je suis un de ses membres!
So kann ich nun mit frohen Sinnen
C'est pourquoi je puis, d'un coeur réjoui,
Mein selig Auferstehn auf meinen Heiland gründen.
Fonder sur mon Sauveur ma bienheureuse résurrection.

Bach a connu l’épreuve terrible et la grande souffrance de perdre sa première femme et sept de ses enfants, il a souffert aussi d’élever et accompagner un enfant handicapé et a subi le chagrin à cause de la conduite désordonnée d’un de ses fils. Il a été un croyant qui supplie le Dieu de miséricorde.

J’ai peut-être, moi aussi, envie de crier vers le Seigneur. « Aus tiefer Not schrei ich zu dir« 

Mais avec confiance dans la consolation du Père qui nous aime et nous accompagne dans la souffrance, à l’exemple du Christ, demandons la grâce de pouvoir dire avec lui « non ma volonté, mais la tienne  » . « Alles nur nach Gottes Willen » (Tout selon la volonté de Dieu).

Alles nur nach Gottes Willen,
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu,
So bei Lust als Traurigkeit,
Dans la joie comme dans la peine,
So bei gut als böser Zeit.
Aux jours de bonheur comme dans les temps difficiles.
Gottes Wille soll mich stillen
Que la volonté de Dieu me comble
Bei Gewölk und Sonnenschein.
Aussi bien par ciel nuageux que par temps ensoleille !
Alles nur nach Gottes Willen!
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu !
Dies soll meine Losung sein.
Que telle soit ma devise !
Mit allem, was ich hab und bin,
Je m'en remets à Jésus
Will ich mich Jesu lassen,
De tout ce que j'ai et que je suis,
Kann gleich mein schwacher Geist und Sinn
Mon esprit et mon âme sont trop faibles
Des Höchsten Rat nicht fassen;
Pour pouvoir saisir les intentions et les conseils du Très-Haut ;
Er führe mich nur immer hin
Qu'il me conduise donc
Auf Dorn- und Rosenstraßen!
Sur les chemins jonchés d'épines ou de roses !

Je demande au Seigneur de m’éclairer dans ma vie quotidienne et de me donner la grâce de l’abandon.

En mars et avril 1750, Jean-Sébastien Bach fut opéré des yeux, mais ces opérations n’eurent aucun succès et il mourut des suites de ces interventions, le 28 juillet, après avoir communié au corps et au sang du Christ.






Devant ton trône, je vais comparaître
Ô Dieu, et je te prie humblement,
Ne détourne pas ta face pleine de grâce
De moi, qui suis pauvre pécheur

dernier prélude de "l'Autographe de Leipzig" 1750

Souvent, Bach a commenté l’attente de la mort: « ich bin vergnügt mit meinem Glücke » cantate BWV 84

Je me contente de mon bonheur,
celui que Dieu me réserve.
....
Et quand viendra le soir de ma vie,
que mon existence ici-bas touchera son terme,
Dieu me donnera le dernier sou
qui ouvre le ciel.
Oh! si, comme salaire de sa grâce,
il m'accorde ce don,
je n'ai besoin de rien d'autre.
Viens, douce heure de la mort
Fais que mon départ soit doux,
Säume nicht,
Ne tarde pas,
Letztes Licht,
Dernière lumière,
Dass ich meinen Heiland küsse.
Pour que je puisse embrasser mon Sauveur.
Mon vœu
Ist, den Heiland zu umfangen
Est d'embrasser mon Sauveur
Und bei Christo bald zu sein.
Et d'être bientôt avec le Christ.
...
Dans la douce joie du ciel.
Jesu, komm und nimm mich fort!
Jésus, viens et emporte-moi !
Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust,
Repos délicieux, plaisir recherché de l'âme,
Dich kann man nicht bei Höllensünden,
Tu ne peux pas être trouvé parmi les péchés de l'enfer,
Wohl aber Himmelseintracht finden;
Mais plutôt dans la concorde du paradis ;
Du stärkst allein die schwache Brust.
Toi seul renforce le cœur faible.
Drum sollen lauter Tugendgaben
Donc seuls les dons purs de la vertu
In meinem Herzen Wohnung haben.
Auront une place dans mon cœur.
Mir ekelt mehr zu leben,
Je suis dégoûté de vivre plus longtemps,
Drum nimm mich, Jesu, hin!
Aussi emporte-moi loin d'ici, Jésus !
Mir graut vor allen Sünden,
Je suis horrifié par tous les péchés,
Laß mich dies Wohnhaus finden,
Laisse-moi trouver cette habitation,
Wo selbst ich ruhig bin.
Où je pourrai être en paix.

Je me laisse toucher par ce détachement, cette foi profonde. Je parle au Seigneur de ce qui m’interroge, ce qui m’est difficile à accepter et je lui demande la grâce de comprendre et de m’abandonner à lui.

Je peux aussi prier en reprenant un des textes.

Je le loue pour les dons faits aux artistes, aux créateurs qui nous conduisent à lui par d’autres voies.

Prier dans la dynamique du dimanche pour les migrants

Au lendemain du dimanche des migrants, nous prions à partir d’extraits du message du pape François du 24 Mai, en vue de cette journée.

J’ouvre ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Je fais mémoire de la vie donnée du Christ pour que nous ayons tous la vie en plénitude.

Dans ce monde tellement troublé par les événements internationaux et par l’instabilité politique dans notre pays, je prends un temps de calme, de paix intérieure et je demande au Seigneur la grâce du discernement.

Je lis, lentement, le texte du pape François.
 

Nous savons la question des migrations très sensible en France, comme dans bien des pays d’Europe. Je m’efforce d’accueillir ce texte loin des polémiques.

Je considère d’abord, ces migrants de tous les temps. Je peux me remémorer la sortie des Hébreux d’Égypte, puis des scènes d’actualité qui disent les difficultés de migrants aujourd’hui, peut-être des rencontres concrètes avec des migrants. Je prie alors le Seigneur qui libère « Je suis Yahvé ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Ex, 20,2)

Je prends ensuite le temps de m’interroger sur la façon dont je m’informe, au-delà des présentations souvent simplistes, sur la question des migrants ? Suis-je au clair sur les chiffres ? Est-ce que je me questionne sur l’origine des migrations ? N’ai-je pas tendance aux préjugés, à des généralisations abusives à partir de faits divers sordides ? Est-ce que cherche à connaître les capacités réalistes d’accueil de notre pays ?

« De nombreux migrants font l’expérience de Dieu comme compagnon de voyage ». Comment ma paroisse donne-t-elle place aux migrants ? Comment est-ce que je me situe face à des migrants d’autres religions, dans un esprit de dialogue ?

« Grâce à Lui, il y a des bons samaritains sur le chemin ». Je contemple toutes ces personnes – chrétiennes ou non- qui, individuellement ou en association, aident les migrants. Je rends grâce pour leur engagement.

« La rencontre avec le migrant, comme avec tout frère et sœur dans le besoin, est aussi une rencontre avec le Christ. ». Comment est-ce que, intérieurement, je m’efforce de voir dans l’autre fragile, le visage du Christ ?

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je lui partage mes engagements, même modestes, mes résistances, peut-être. Je Lui confie les migrants et ceux qui se mettent à leur service. Je lui demande la grâce du discernement. Je prie pour que nos gouvernants cherchent les voies d’un accueil réaliste et néanmoins audacieux…

         Je termine en disant le Notre Père, avant de faire le signe de croix.

Prier avec une fresque de Giotto

Le Prêche aux oiseaux est la quinzième des vingt-huit scènes du cycle de fresques de la vie de st François visibles dans l’église supérieure de la basilique Saint-François d’Assise attribué à Giotto. Elle a probablement été réalisée entre 1295 et 1299.

C’est le premier biographe de st François, Thomas de Celano, qui raconte cette scène où François fit un sermon aux oiseaux.

Je me mets en présence de Dieu et fais le signe de la croix.

Je fais silence en moi et contemple cette œuvre de Giotto.

Je regarde le paysage, un paysage naturel dans les tons marron et bleu ; une ligne sépare le ciel  azur de la terre brune ; une colline occupe l’espace puis  et une bande de terre où se tiennent les personnages. De grands arbres s’élancent vers le ciel, leur feuillage  exubérant en prend la couleur. C’est un paysage familier aux couleurs de l’Ombrie.

Je regarde les personnages, deux moines, pieds nus, dont les robes de bure se fondent dans le paysage. C’est la tenue habituelle de ces frères qui suivent sont François et vont prêcher dans toute la région. Seule l’auréole de st François met une touche d’or qui illumine son visage.

François est représenté de profil ; son visage d’homme assez âgé reflète douceur et sagesse.  Il semble tout absorbé dans son dialogue avec les oiseaux. Légèrement penché vers eux, humblement, il s’adresse à eux et de sa main droite les bénit.

L’autre frère, légèrement en retrait,  par sa main levée marque son étonnement devant ce qui se passe. C’est que les  oiseaux, toutes sortes d’oiseaux, sont sagement alignés à terre, sauf un retardataire qui vole pour se joindre aux autres. Tournés vers le saint, Ils semblent très attentifs à son discours.

Je me laisse toucher par cette représentation. C’est une nouveauté dans la peinture de représenter ainsi la présence divine, la sainteté humaine, au sein de la réalité terrestre, un réalité toute ordinaire. Dieu, incarné, se révèle dans l’apparence ordinaire des êtres et des choses.

Je me laisse toucher par la simplicité, l’humilité de la scène. Par la fraternité de François avec toutes les créatures, comme par sa proximité avec les pauvres et les petits. Par sa bonté, sa douceur et la paix qu’il porte à chaque être vivant.

Je me laisse toucher par les oiseaux, créatures recevant tout de leur créateur.

Voilà une scène qui a goût d’Evangile.

L’on peut faire le lien avec l’Evangile de dimanche dernier :

Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a évoqué en moi.

Je peux rendre grâces pour la figure de st François …je peux, à sa suite, entrer dans la louange pour toute la création…. Je peux rendre grâces pour ce qui m’est donné…

Je peux aussi demande pardon pour tout ce qui abîme la nature, tous ce qui abîme la fraternité entre les êtres humains….pour ma part de responsabilité en cela. Je peux demander pardon pour mon goût des richesses, du spectaculaire…

Je peux demander au Seigneur son aide…Je peux lui demander de garder une âme d’enfant… de connaitre la paix et la joie qui viennent de Lui…

Je termine en m’associant au Cantique des créatures de st François d’Assise

TEMPS POUR LA CREATION

Année après année, depuis la publication de l’encyclique Laudato Si’ en 2015, septembre devient pour nous le mois de la Création. Alors que tout redémarre, il nous est proposé de faire halte et de rendre grâce pour la Création qui nous est donnée. L’intention de cette année nous appelle toutefois, en plus de l’intercession pour nos frères et nos sœurs, à faire un pas concret, aussi modeste soit-il, dans le respect de la Création. Il s’agit bien de nous « engager personnellement ».

En ce dimanche 15 septembre, Jésus nous pose  la question 

 « Pour vous qui suis-je ? » Marc 8, 29

Pierre ose la réponse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Mais c’est à nous aujourd’hui que la question est posée :

« Pour vous, pour toi, qui suis-je ? »

Nous avons tous nos  réponses toutes faites : « Dieu est Amour », « Dieu est la vie ». Mais si en ce mois de la création nous demandions à notre sœur la terre  qu’elle nous aide à formuler notre réponse

Alors, à l’occasion d’une promenade à la campagne, en forêt, au jardin public, notre jardin si nous avons la chance d’en avoir un, je me pose la question : « Qu’est ce que cette Création me dit de Dieu ? ». Alors,  le « Pour vous qui suis-je ? »  nous est posée par l’intermédiaire, d’une fleur, d’un paysage, d’une fourmi, d’un chemin  etc……

Nous pourrons alors chanter : « Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes… »

Et nous pourrons aussi prendre le temps d’écouter ce magnifique chant « Laudato Si » composé et chanté par Patrick RICHARD

C’est ta voix que j’écoute dans le vent, 
Ton souffle lorsque l’homme respire :
J’ai besoin de ta force et de ta sagesse.
Esprit de Dieu, donne à mes yeux de découvrir ta beauté,
Accorde à mes mains le respect des choses,
À mes oreilles d’écouter ta voix.
Donne-moi l’intelligence pour comprendre toute créature,
Enseigne-moi la leçon que recèle une simple feuille,
Fais-moi sentir ta sagesse renfermée dans une pierre.
Donne-moi ta force non pour m’opposer à mon frère,
mais pour lutter contre le véritable ennemi : moi-même ;
Fais-moi vaincre le mal par le bien que tu m’inspires.
Quand viendra l’heure, viens à ma rencontre :
Je voudrais te rendre grâce de m’avoir créé
et porter avec moi le souvenir de cette terre que j’aime. Amen

Prière pour notre terre – Pape François

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures, 
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours. Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix. Amen

Contemplons Jésus « qui fait sa rentrée » …

En ce temps de rentrée scolaire, professionnelle, associative, nous nous arrêtons, dans l’Évangile de Luc, sur la première scène de son ministère public. Après les scènes de l’enfance, le baptême, puis les tentations au désert, Jésus commence à donner des signes de sa puissance en Galilée, sans que Luc n’en fasse le récit. « Jésus retourné en Galilée, avec la puissance de l’Esprit, et une rumeur se répandit sur lui dans toute la région à son sujet. » C’est à Nazareth que Jésus inaugure son enseignement…Il fait sa rentrée !

Je me rends disponible à la présence du Seigneur, par un signe de croix. Je prête attention à ma respiration, sans la forcer, pour me concentrer sur mon intériorité. Et, du creux de moi-même, je dis au Seigneur « me voici ». Je demande la grâce d’accueillir la présence de Jésus, aujourd’hui.

Je lis lentement, à haute voix, si c’est possible, cette page d’évangile. (Luc, 4, 16-30)

Je prends place dans la synagogue de Nazareth, en ce jour d’affluence puisque c’est le sabbat. Je vois ces habitants, qui, pour beaucoup connaissent Jésus. Je vois Jésus recevoir le rouleau du prophète Isaïe et je l’entends lire. Avec la foule qui se tient « les yeux fixés sur lui », j’écoute les premiers versets du chapitre 61 du livre d’Isaïe. Annonce de la Bonne nouvelle, par des actes de libération, et annonce d’une année jubilaire, comme le sera l’année 2025.

Dans la foule, toujours, j’entends cette forte affirmation de Jésus : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » et je peux partager l’étonnement des auditeurs…

J’entends maintenant les propos provocateurs de Jésus qui vont entraîner l’indignation des villageois. Jésus annonce le salut pour tous, par l’évocation de deux personnes n’appartenant pas au peuple d’Israël : la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien…

Je relis le texte, attentif à l’annonce du salut pour tous.

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je m’efforce de donner à ma prière une dimension universelle. Je peux prier pour une Église plus accueillante à la diversité. Je peux aussi demander au Seigneur de me faire intimement vivre de sa présence dans l’aujourd’hui de chacun des jours de cette nouvelle année.

         Je termine par le Notre Père et trace sur moi le signe de croix.

Psaume 23

La terre est au Seigneur, et toute sa richesse

J’écoute ce psaume qui nous est donné ce jour. Puis je le relis, je le redis lentement, calmement, en laissant les paroles résonner en moi et rejoindre ma vie.

Je peux rester sur un mot ou deux et les ruminer tranquillement, laisser le Seigneur me parler à travers eux et me guider en ce jour.

Je peux rendre grâce au Seigneur en chantant: « que vive mon âme à te louer ! »

Me préparer à la rentrée avec Dieu 

Le mois de septembre est celui de la reprise : de l’école, du travail, de la vie pastorale, des habitudes liées à nos divers occupations et engagements… La rentrée est l’occasion de se fixer de nouveaux objectifs et de fortifier notre relation à Dieu en remettant toute chose entre ses mains.

            Voici quelques versets bibliques à (re)découvrir et à méditer pour se ressourcer auprès du Seigneur en cette période de reprise :

Je m’installe confortablement et me présente devant le Seigneur avec tout ce que je suis.   Que la méditation de sa Parole me laisse dans la confiance pour l’année scolaire ou pastorale à venir.

Je peux dans un premier temps me remémorer ce que j’ai vécu pendant l’été et rendre grâce au Seigneur pour les dons reçus durant cette période de repos.

 Je lis ensuite calmement les 5 versets et je peux m’arrêter sur celui ou ceux qui me parlent davantage pour le(s) méditer.

Je suis invité par ailleurs à réfléchir sur ces quelques points, les versets proposés pouvant me servir d’appui ou m’éclairer :

Que souhaiterais-je offrir au Seigneur pour cette nouvelle année ?

Est-ce que je perçois des appels (choix, décisions, changements, projets, engagements …) Si oui, je demande au Seigneur de m’aider à les discerner et d’avoir confiance en leurs éventuelles réalisations.

Ai-je des appréhensions, des doutes, des questionnements, des peurs ? Si oui, je les confie au Seigneur en toute humilité et lui demande son soutien en me rappelant sa présence aimante.

Pour clore ce temps de prière, je me tourne vers Dieu et lui partage ce qui m’est venu à l’Esprit avant de dire la prière ci-dessous :

A l’occasion des jeux paralympiques,méditer sur notre regard sur les personnes handicapées

Cette mosaïque de Ravenne illustre l’évangile de la guérison du paralytique, rapporté par les trois évangiles synoptiques. (Mt, 9, 1-8 ; Lc, 5, 17-26 ; Mc, 2, 1-12).

Le mosaïste met fidèlement en scène le moment de la guérison : « je le l’ordonne, dit Jésus au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t’en chez toi. ». Il se leva et aussitôt, prenant son grabat il sortit… » (Mc,2, 11-12).

Je prends un temps à l’écart, pour me rendre disponible au Seigneur. Je m’efforce de trouver le silence intérieur pour me mettre à l’écoute. Je demande au Seigneur de me rendre attentif à la vulnérabilité. Je fais le signe de croix.

Je commence par observer la mosaïque, tout en laissant résonner en moi, les versets de l’évangile. J’entends la voix ferme de Jésus qui s’adresse de façon déterminée à l’infirme. « Je te l’ordonne », sollicitant, par-là, la volonté de la personne. Il relève cet infirme, mais sans effacer magiquement son handicap, avec lequel il vit depuis des années.

Le paralytique va prendre son grabat, le porter et, en dépit, de cette charge, de ce handicap qui subsiste, va retrouver sa motricité. L’échange de regards entre Jésus et l’infirme souligne la force que donne la confiance. Le visage tourné vers Celui qui le sauve, le paralytique va de l’avant, part vers sa propre vie, à l’invitation du Christ : « va-t-en chez toi. ».

Je peux faire mémoire d’autres épisodes de l’évangile, où Jésus se montre sensible à la vulnérabilité, toujours désireux de rendre à chacun sa pleine humanité et sa pleine dignité.

Les jeux paralympiques sont l’occasion d’assister à des compétitions entre personnes vulnérables qui ont trouvé la force de dépasser leur handicap, On entend des témoignages de combats, de résilience…

Je considère les évolutions dans l’accueil du handicap, les engagements de tant de militants, les efforts, également,  des pouvoirs publics. Et je mesure aussi tout de qui reste à faire.

Même si j’ai la chance d’être valide et de disposer de toutes mes facultés, je suis nécessairement marqué de vulnérabilités.

Je prends maintenant le temps de m’adresser personnellement au Seigneur, dans un cœur-à-cœur. Je peux lui confier les personnes fragiles de mon entourage, lui demander de l’aide pour assumer mes propres vulnérabilités.

         Je termine en disant cette prière du Pape François.

Je fais le signe de croix.
 

Prier à partir d’un évènement

Alors que nous venons de vivre  un  moment  fort,  avec les Jeux Olympiques 2024 à Paris et que bientôt commenceront les jeux paralympiques, nous revenons sur ces évènements et en faisons le support de notre prière.

Nous entrons dans la prière en faisant le signe de croix et nous demandons au Seigneur d’ouvrir notre intelligence à sa présence.

Nous prenons le temps de nous remémorer ces Jeux, ce que nous en avons vu, ce que nous avons lu à ce sujet, ce que ces jeux ont provoqué, ont fait vivre….

Monument en face du siège du CIO à Lausanne

Nous pouvons aussi  regarder  le monument ci-dessus avec les anneaux olympiques.

Le sigle des 5 anneaux enlacés, représentant les 5 continents dit l’esprit des JO : rassembler l’humanité par le sport ; concourir certes mais dans le respect mutuel, dans le respect des règles. Les silhouettes qui élèvent ces anneaux peuvent évoquer  la devise des JO : « Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble » :

une invitation à donner le meilleur de soi-même et à vivre un dépassement. Cheminer vers ses limites et tendre vers l’excellence ; s’élever en gardant ce principe repris à son compte par le baron Pierre de Coubertin: « L’essentiel n’est pas de gagner mais de participer ». Une invitation à progresser et à vivre un moment de solidarité et de fraternité.

Après avoir contemplé ce qui s’est vécu à travers cet évènement, je prends conscience de ce que cela a provoqué en moi.

Quel moment m’a donné de la joie ?  Qu’est ce qui m’a questionné ? Qu’est-ce qui m’a donné de l’élan ?…

J’en parle au Seigneur :

pour les performances des athlètes, pour leur courage, leur ténacité… Pour l’esprit d’équipe…  Pour les nombreux bénévoles  au service… Pour l’enthousiasme partagé des spectateurs…  Pour l’unité et la confiance retrouvées dans notre pays…  Pour les moments de fraternité…

Ce temps des Jeux que certains ont ressenti comme une parenthèse joyeuse d’unité, une respiration, ne va certes pas résoudre tous les problèmes aux quels sont confrontées nos sociétés. Notre prière peut devenir alors supplication pour notre monde.

Eglise de Loc Maria – Belle-île en mer

Je regarde le Christ élevé de terre, les bras grand-ouverts.

Je me laisse attirer par lui, qui seul est Sauveur. Je le prie pour le  salut de l’humanité,  le rassemblement de tous les peuples et pour qu’advienne un monde fraternel.

J’accueille la paix du coeur que le Seigneur veut me donner et je le prie pour la paix. Je lui présente les conflits de par le monde, mais aussi  ceux qui me touchent plus particulièrement. Je lui demande d’être acteur de cette  paix.

Je rends grâce pour tous les chemins d’unité, pour le sport qui a permis cet enthousiasme partagé. Je le prie pour l’unité dans nos familles, l’unité dans notre Eglise, l’unité des chrétiens, l’unité du genre humain…

Je termine en disant le Notre Père.

CONTEMPLER MARIE

Une visite estivale… La colline de Sion, ou colline de Sion-Vaudémont, est une butte-témoin située dans le pays du Saintois, dans le sud du département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.

De par sa topographie, son histoire millénaire et son sanctuaire, la colline demeure un haut-lieu de la ferveur, de la spiritualité et du tourisme en Lorraine

De par sa topographie, son histoire millénaire et son sanctuaire, la colline demeure un haut-lieu de la ferveur, de la spiritualité et du tourisme en Lorraine.

En 1873 Notre Dame de Sion reçoit le privilège du couronnement. Une toursurmontée de la statue monumentale de Marie Immaculée est élevée.

Devenue basilique en 1933, lieu de pèlerinage à la Vierge Marie, Notre-Dame de Sion est toujours un important sanctuaire du Diocèse de Nancy-Toul.

Il existe de nombreux sanctuaires mariaux en France…

Jeudi 15 Août, tous célèbreront l’Assomption de la Vierge Marie…

Je m’installe confortablement à l’écart, loin des distractions.Je fais silence en moi, et me dispose à contempler la Vierge Marie… Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit…

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 39-56)



Je lis l’évangile « comme si c’était la première fois »…Marie vient de recevoir l’ange Gabriel… Aussitôt, elle se met en route…Je la regarde… en chemin… sa rencontre avec Elisabeth… j’écoute les paroles échangées…Je me laisse « imprégner » de ce récit, comme si j’étais présent.e… Je contemple Marie…Puis je relis l’évangile…

Le Père Jean-Luc Fabre s.j. nous propose une méditation de ce passage :

 » (…) nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie, ce moment unique où Marie rejoint au ciel son Fils, le Mystère de Dieu le Père, dans le souffle de l’Esprit. C’est elle qui vit ce passage, promesse pour nos propres passages. Et, en ce passage, des traits de son existence nous sont donnés pour éclairer notre propre chemin de vie.

Je vous propose de contempler la manière dont Marie a été femme d’action. Oui Marie est aussi une femme active, par ailleurs, elle est également contemplative, mais aussi elle est intercédante, et encore elle est libre, compatissante et bien d’autres dimensions… dimensions qui se tiennent à vrai dire toutes ensemble, unifiées par sa foi en son Créateur et Seigneur.

« Marie se mit en route » Marie vient de vivre une rencontre avec l’ange Gabriel, une rencontre qui a décidé de son orientation de vie. Elle a répondu « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Elle se retrouve alors seule, l’ange la quitte. Et de là, elle se décide, en premier lieu, d’aller rendre visite à Elisabeth et de se mettre à son service pour les derniers mois de sa grossesse. Elle reçoit ce qui lui est dit et y répond simplement, en faisant ce qui lui semble bon et faisable à partir de la situation. Plus tard, cela sera Cana, où elle manifestera seulement à son fils le manque de vin.

Recevons de Marie (…) de savoir faire le petit pas concret qui se présente à chacun de nous. Nul besoin de faire de grandes choses, il suffit de poser le petit acte qui se présente à nous. Nous ouvrons ainsi à Dieu le moyen pour lui d’être un peu plus présent aux hommes.

« Marie dit alors » Marie en rencontrant Elisabeth dit ce qu’elle ressent, elle va chanter le Magnificat, un grand chant de louange concernant le projet de Dieu pour tous les hommes, à partir de ce qu’elle reçoit elle : « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse ». De la même manière, à Jésus adolescent qui les a abandonnés, elle et son père, à Jérusalem, elle dira son désarroi.

Recevons de Marie la capacité de dire ce qui nous arrive, de dire les faits, d’exprimer ce que nous ressentons, de formuler ce qui compte pour nous, de proposer le petit pas qui nous semble souhaitable à faire ensemble avec l’autre. Nous ouvrons ainsi à Dieu le moyen pour lui d’être un peu plus présent aux hommes.

« Puis Marie s’en retourna chez elle ». Marie ne s’appesantit pas dans sa mission. Une fois la naissance de Jean Baptiste survenue, elle retourne chez elle, à Nazareth, elle se remet dans l’axe de son appel. Elle laisse Dieu agir, elle ne veut pas retenir l’instant, elle le reçoit pleinement, puis le laisse partir tel qu’il a été vécu, sans regret mais avec confiance. C’est Dieu qui, à travers toutes ses créatures, donne au fruit de pousser. Marie ne cesse d’être au service du Seigneur, en ce qu’elle initie, en ce qu’elle dit, en ce qu’elle laisse… Lorsque les disciples seront sans leur Maître après la mort et la résurrection, elle sera là au milieu d’eux pour prier, les porter dans la prière, puis elle s’effacera.

Recevons de Marie la capacité de lâcher prise (…). Nous faisons ce qui nous semble possible, et puis nous laissons le Seigneur agir, nous lui confions les autres, nous les lui remettons. Nous retournons dans le silence de notre relation profonde au Seigneur, nous existons dans cette relation, pas dans l’activisme. Nous nous effaçons, nous ne faisons pas écran. Nous ouvrons ainsi à Dieu le moyen pour lui d’être un peu plus présent aux hommes.

La Vierge Marie, dans son existence, nous manifeste et nous enseigne une bonne manière d’agir selon le cœur et le projet de Dieu. Nous lui en rendons grâce et nous lui demandons pour chacun de nous son aide ! »

Père Jean-Luc Fabre

Je laisse monter en moi ce qui m’habite… et j’en parle à Jésus, comme un ami parle à son ami…Je peux aussi me confier à Marie, mère de Jésus et notre Mère…