Voici le roi !

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous célébrons le Christ Roi de l’univers. Sa royauté n’a rien à voir avec celles de ce monde. Dans nos pays occidentaux, ce mot sonne mal à nos oreilles. Il évoque l’ancien régime avec ses honneurs, ses fastes, son pouvoir absolu. Mais quand nous fêtons le Christ Roi, nous voulons dire autre chose.

Christ Roi : Voici le Roi !
 

Il revendique d’être traité 
à l’égal de l’homme,
Il se dépouille lui-même
de sa puissance.
Il devient familier de sa souffrance.
Il prend la couronne humaine.

Le voici votre Roi : C’est un Seigneur d’humilité, c’est un serviteur !

Il sent l’étable et la paille,
il ne possède rien,
pas même un tombeau,
il donne tout
même son corps et son sang.

Le voici votre Roi : C’est un Seigneur de pauvreté !

Il se blesse à courir les ronces, 
après la brebis salie,
Il pleure la mort de son ami,
il enlève les péchés des cœurs
comme le vent
Efface les traces sur le sable,
Il se partage à tous les affamés,
Il ne juge pas, il pardonne,

Le voici votre roi : C’est un Seigneur de tendresse !

Il crie sous la douleur, 
il a peur des ténèbres
Il tombe, il est roulé sous la pierre,
il se relève, il passe dans la lumière.

Le voici votre Roi :Cest un Seigneur d’humanité, c’est un frère.


Dieu a inversé l’ordre des choses :
Dorénavant on ne mesure plus la grandeur
et l’importance de quelqu’un, à son pouvoir,

mais à sa capacité à servir !

Prier pour la paix

En ce jour du 11 novembre, prions pour la paix.

         Je me mets à l’écart, dans un endroit paisible, et m’efforce de trouver la paix en moi, pour me rendre disponible au Seigneur, en traçant sur moi le signe de croix. Je demande la grâce d’être artisan de paix.

En ce jour de commémoration, j’évoque tous les soldats qui ont donné leur vie pour défendre la paix. Peut-être puis-je faire mémoire d’un de mes ancêtres qui a été engagé dans un conflit.

Je m’unis à tous ceux qui se rendent devant un monument aux morts et qui, croyants ou non, par une minute de silence, rendent hommage aux combattants. Je prie aussi pour toutes les victimes des conflits d’aujourd’hui.

A Bourges, l’une des cloches de la cathédrale, Daniel Mathilde, porte les noms de tous les combattants morts au combat lors de la guerre de 1914-1918.

Tout en priant pour la paix, nous savons qu’elle est une tâche ardue pour notre humanité, qu’elle demande patience et persévérance, qu’elle mobilise l’effort des diplomates et des politiques. Mais, priant dans la confiance, nous pouvons aussi demander la paix pour nous-mêmes, attentif aux signes des temps, sensible à l’actualité, dans sombrer dans la désespérance. Mettons-nous à l’écoute de la Parole.

Dès l’Ancien Testament, dans un monde déjà gravement troublé, le prophète Isaïe annonce, de la part de Dieu, la survenue de la paix.

Et Saint Paul, dans l’épître aux Philippiens, nous invite à la confiance et à l’espérance.

Comment est-ce que je reçois ces paroles aujourd’hui ? Je peux, si cela est aidant, contempler ces diverses photos, pour chercher la paix.

La parole m’invite aussi à me faire artisan de paix.

Je regarde mon environnement immédiat et je considère comment je peux être artisan de paix. Un encouragement à prodiguer, une blessure à accueillir, un pardon à donner…

M’adressant alors au Seigneur, Prince de la Paix, comme un ami parle à un ami, je récapitule ma prière. Je prie aux intentions du monde, pour l’apaisement des conflits. Je confie au Seigneur mon désir de paix, les obstacles qui m’empêchent d’y accéder. Je présente au Seigneur ceux, qui, dans mon entourage, ont besoin d’être aidés à trouver la paix.

         Je termine ma prière en me tournant vers Marie, en disant les paroles de ce chant de Didier Guise.

Marie console-moi

1 – Je me tourne vers toi, Marie, Toi qui brilles dans la nuit, Et le monde est blessé, il attend la paix, je me tourne vers toi, Marie. Tu souris tendrement, tu es là. Marie, console-moi.

2 – Je me tourne vers toi, Marie, Le monde souffre dans la nuit, Le monde a si peur, il a besoin d’espoir, je me tourne vers toi, Marie. Tu souris tendrement, tu es là. Marie, entends nos voix.

3 – Je me tourne vers toi, Marie, Je me sens si démuni, Tellement de tristesse, tant d’âmes en détresse, je me tourne vers toi, Marie. Tu souris tendrement, tu es là. Marie, rassure-nous.

4 – Je me tourne vers toi, Marie, Je vois tous ceux qui te prient, Au creux de notre errance, un signe d’espérance, je reprends confiance, Marie. Tu souris dans la nuit, tu es là. Marie je te remercie.

5 – Je me tourne vers toi, Marie, Ta lumière nous guérit, Quand on se parle enfin, quand on revient de loin, et que tu nous bénis, Marie. Tu souris dans la nuit, tu es là. Marie je te remercie.

6 – Je me tourne vers toi, Marie, Toi qui brilles dans la nuit, Quand on sèche des larmes, qu’on dépose les armes et que tu nous bénis, Marie. Tu souris dans la nuit, tu es là.

Je dis Je vous salue Marie…et fais le signe de croix.

Prier au temps des passages de grues

Je me mets en prière en contemplant la nature.

En ce moment on peut entendre dans le ciel du Berry le cri particulier des grues. Elles passent,  par milliers, quittant les contrées de l’Europe du Nord  pour rejoindre le sud de l’Espagne  ou l’Afrique du Nord ; des terres où elles trouveront de quoi se nourrir pendant l’hiver. Quand vient ainsi le temps de la migration pour les grues, nous savons que nous allons doucement, au fil des jours qui déclinent, vers une saison plus hivernale.

Cette constatation peut évoquer une remarque de Jésus aux foules :

Je reçois cette interpellation de Jésus qui rejoint notre propre difficulté à lire les signes des temps, à reconnaitre dans ce qui se passe actuellement les signes du Royaume de Dieu qui est déjà là. La tentation est grande de ne voir que tout ce qui ne va pas.

Pourtant Jésus affirme que le Règne de Dieu est parmi nous. Il le compare à des petites choses du quotidien : « une graine de moutarde qu’un homme a jeté dans son jardin ou le levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine » (Luc 13, 19. 21)

Je regarde ce quotidien. Je fais mémoire des faits, des gestes qui  construisent le Royaume de Dieu ; des faits et gestes tout simples qui sont au service du bien commun et portent en eux un potentiel de fécondité.

« J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire….c’est cela la sainteté « de la porte d’à côté ».

Exhortation apostolique « la joie et l’allégresse » n°7

Je rends grâce au Seigneur.  Pour ces signes du Règne de Dieu que je vois autour de moi. Alors que nous venons de fêter la Toussaint, je rends grâces aussi  pour la multitude des saints de tous les temps qui ont suivi Jésus et  apporté leur pierre à la construction de ce  Royaume.

J’observe à nouveau les vols de grues.

Ces oiseaux ne se déplacent pas seuls mais en colonie. Le vol en V leur permet d’économiser leur énergie pour parcourir les 2500 kms de leur périple. Avec ce positionnement à 45 degrés et en ajustant leurs battements d’ailes, ils bénéficient pleinement du tourbillon ascendant des mouvements des oiseaux qui les précèdent. Je médite cela.

Ce phénomène peut faire écho avec l’exhortation de ce jour de l’apôtre Paul aux Philippiens qui reprend le désir de Jésus, exprimé en Jn 17,21, « Que tous soient un »:

Je reçois cette interpellation à l’unité de l’apôtre Paul. Quels sont les groupes, les communautés,  auxquels j’appartiens ? Comment oeuvrons-nous ensemble, nous soutenant les uns les autres ? Quelles sont les personnes sur lesquelles je peux compter ? Quels sont les gestes d’entraide et de solidarité dont je suis témoin ?

« La communauté qui préserve les petits détails de l’amour, où les membres se protègent les uns les autres et créent un lieu ouvert et d’évangélisation, est le lieu de la présence du Ressuscité qui la sanctifie selon le projet du Père. »

Exhortation apostolique « la joie et l’allégresse » n°145

Je parle au Seigneur. Je lui rends grâce pour ceux qui sont à mes côtés sur le chemin.  Je prends conscience aussi  de ceux qui m’ont précédé et qui intercèdent pour moi.

Je demande pardon pour l’individualisme, l’égoïsme, l’indifférence… et confie à l’intercession de Marie et de tous les saints, ma prière pour un monde plus juste et plus fraternel.

Je termine ce temps en écoutant le chant : « Dieu nous a tous appelés »

Confiance! Lève-toi! Il t’appelle.

Je me dispose, dans un temps ralenti, à prendre un moment donné au Seigneur.

Je prends une position confortable, je respire plusieurs fois doucement, profondément, je dépose ce qui me préoccupe dans les mains du Père et fais silence en moi.

Et je demande au Seigneur la grâce de me laisser rejoindre et toucher par ses paroles.

J’accueille avec simplicité de prier cet évangile très connu de la guérison de Bartimée, entendu hier, j’essaie de l’entendre différemment et de me laisser bousculer, dérouter .

Dans son message pour la fin de la seconde sessions du Synode sur la synodalité, le Pape François donne l’aveugle Bartimée dans l’évangile de Marc, à contempler.

« être une Eglise « à l’image de Bartimée« , ce mendiant aveugle, ce « rejeté de l’Evangile » assis au bord de la route qui, entendant Jésus, « se met à crier vers lui » puis à le suivre.

Comment j’accueille cette comparaison? Qu’est-ce que cela peut évoquer pour moi de mon Eglise ?

« Nous n’avons pas besoin d’une Eglise qui s’assoit et abandonne, mais d’une Eglise qui accueille le cri du monde et se salit les mains pour le servir »

Je peux être découragé.e ! Mais avec le Seigneur, je peux voir avec le coeur et être plus attentif.ve au cri du monde près de chez moi. Je réfléchis en moi-même.

Accueillons, à l’image de Bartimée, les orientations de l’Eglise: »Pas une Eglise assise, mais une Eglise debout.[..] Pas une Eglise aveugle, mais une Eglise éclairée par le Christ qui apporte aux autres la lumière de l’Evangile. Pas une Eglise statique, mais une Eglise missionnaire, qui marche avec le Seigneur sur les routes du monde.[…] Déposons le manteau de la résignation, confions notre cécité au Seigneur, levons-nous et portons la joie de l’Evangile sur les chemins du monde. »

Je me laisse mettre en mouvement par ce message. « AVEC le Seigneur« . Lui faire confiance, me lever car Il m’appelle ici, dans les petits gestes du quotidien. Je médite cet appel pour moi.

Je confie au Père mes désirs, mes découragements et lui demande son aide en priant avec François d’Assise.

Se faire proche du Seigneur et du prochain par le sourire

La cathédrale de Reims est bien connue pour son ange au sourire…Lorsque la cathédrale a été bombardée lors du premier conflit mondial, la statue de l’ange a été décapitée et un journaliste titra : « Reims a perdu son sourire »

Et si, face à une actualité difficile, par une météo marquée par la grisaille, face, peut-être aussi, à des difficultés personnelles, je prenais résolument le parti du sourire.

Je me dispose à la prière en faisant taire en moi mes préoccupations du moment, en renonçant à toute forme d’agitation et je demande au Seigneur la grâce de la paix intérieure. Je fais le signe de croix.

Je prends le temps de contempler la figure rayonnante de l’ange.

Je regarde longuement les traits apaisés de son visage, l’harmonie de ses lignes, le regard confiant et le fin trait des lèvres souriantes. Un sourire qui rayonne, qui apaise.

Je m’efforce de partager la sérénité de cette figure. Je peux méditer sur ce visage restauré après les destructions de la guerre, signe de l’Espérance qui fait renaître.

J’évoque aussi des visages souriants que j’ai rencontrés et qui ont pu m’aider sur mon chemin, m’appeler à une rencontre, m’entraîner à une Espérance renouvelée dans la présence aimante du Seigneur.

« L’une des premières choses qui arrivent aux personnes qui se détachent de Dieu est que ce sont des personnes sans sourire. Peut-être sont-elles capables d’éclats de rire, elles en font l’un après l’autre, une blague, un éclat de rire… Mais il manque le sourire ! Seule l’espérance donne le sourire : c’est le sourire de l’espérance de trouver Dieu. » (Pape François, audience générale du 7 décembre 2016)

Regarder vers Dieu entraîne à sourire. « Qui regarde vers lui, resplendira sans ombre ni trouble au visage » dit le psalmiste (Psaume 33,6). Rappelons-nous aussi du sourire de Moïse descendant de la montagne où il a rencontré le Seigneur.

« Lorsque Moïse descendit de la montagne du Sinaï, ayant en mains les deux tables du Témoignage, il ne savait pas que son visage rayonnait de lumière depuis qu’il avait parlé avec le Seigneur. » (Exode, 34,29).

Et, au seuil de la cathédrale de Reims, l’ange au sourire nous invite nous aussi à aller sourire dans la Maison du Seigneur, dans la foi de sa présence aimante. « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

 Je considère comment la prière peut m’aider à entrer dans une sérénité intérieure qui détend mon visage et le fait sourire.
 

S’adresser à quelqu’un en souriant ouvre à la rencontre, à la fraternité. Je peux me demander si je souris spontanément, si cela peut me demander des efforts devant certains, dans telle ou telle circonstance. Quels pas puis-je faire pour oser manifester plus de bonne humeur, pour ne pas refuser « l’aumône d’un sourire. »

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec Dieu, lui rendant grâce pour toutes les occasions, les rencontres qui m’entrainent à sourire.

Je lui présente aussi les résistances qui peuvent m’habiter et m’empêcher de m’ouvrir à la vie. J’intercède aussi pour tous ceux que la vie prive de sourire.

Je termine en disant cette prière de Thomas More (1478-1535) que le Pape François recommande dans son livre « Dieu est jeune » (Mars 2024)

« Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.
Donne-moi la santé du corps, avec la bonne humeur pour la garder au mieux,
Donne-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais qu’elle trouve dans Ta présence la voie pour redresser la situation.
Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir, et ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle “moi”.
Seigneur, donne-moi l’humour, Concède-moi la grâce de comprendre la plaisanterie, pour que je tire quelque bonheur de cette vie et que j’en fasse profiter les autres. Ainsi soit-il ».

Je conclus ce temps de prière en faisant le signe de croix.

Prier avec Thérèse d’Avila

Alors que nous nous apprêtons à fêter st Thérèse d’Avila, nous prions avec l’un de ces écrits.

Nous entrons dans la prière en reprenant le refrain de Taizé « Nada te turbe »

Que rien ne te trouble
Que rien ne t’effraie
Toute passe

Dieu reste le même
Patience
Atteint tout.

Qui a Dieu
Ne manque de rien
Dieu seul suffit.

Je lis une première fois, la prière de Thérèse d’Avila.

« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Élève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus-Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n’a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas.

Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l’âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s’il se voit assailli par l’enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. »

Qu’est-ce qui me frappe ? Comment Dieu est-il qualifié ? Quels mots reviennent le plus souvent ?  Qu’est-ce ce texte provoque en moi ?

Je lis ce texte une deuxième fois.

« Que rien ne te trouble » 

J’entends cette interpellation. Comment est-ce que je la reçois ? Y a-t-il en ce moment dans ma vie quelque chose qui m’inquiète et me trouble ? Je laisse venir mes soucis, mes angoisses, mes difficultés, mes impatiences…  tout ce qui m’empêche de vivre pleinement.

Je me tourne vers Jésus-Christ, lui qui est vainqueur du mal et de la mort. Je me souviens de la parole qu’il adresse à ses disciples, effrayés de la voir marcher sur la mer  agitée : « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27)

« il n’y a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours »

Je considère les biens de ce monde, qu’est-ce qui est important pour m’aider à vivre ? Qu’est-ce qui me semble bon pour moi ? Y a-t-il des biens auxquels je suis particulièrement attaché et qui prennent trop de place dans ma vie ? Je prends conscience du côté éphémère de tous ces biens, et du fait qu’ils ne peuvent me combler vraiment

Je me tourne vers Jésus-Christ qui enseigne les foules sur la montagne : «  Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaitre, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 19-21)

« Si Dieu est son trésor, il ne manque de rien… Dieu seul suffit »

Je médite cette phrase. Et moi  où est mon trésor ? Quelle place je donne à Dieu ? Est-ce que je crois en sa « Bonté immense » ? Est-ce que je lui fais confiance et crois en ses promesses ? Est-il pour moi Celui que je cherche avant toutes choses?

Je me tourne vers Jésus-Christ qui, toute sa vie, a été ajusté à son Père et qui montre le chemin vers Lui. Après avoir parlé à la foule des oiseaux du ciel et des lys des champs, il dit : « Cherchez d’abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6,33)

Je prends maintenant un temps de silence pour laisser venir la prière qui monte de mon cœur. Je m’adresse au Seigneur.

Je termine ce temps de méditation en me confiant à l’intercession de Marie, elle qui a su rester dans la confiance ; elle qui a vécu dans la patience et l’espérance. Je vous salue Marie.

Notre Dame des Eaux – Nevers st Gildard

Prier avec Jean-Sébastien Bach

Bach jeune à 30 ans, 1715, par Johann Ernst Rentsch

Jean Sébastien Bach, né en 1685 fut imprégné de la foi luthérienne. Sa vie durant il fut nourri de la lecture de la Bible; il avait une trèsimportante bibliothèque religieuse comportant davantage d’auteurs mystiques que dogmatiques, portant leur attention sur la vie subjective de la foi et dans la thématique des grands mystiques médiévaux que sont Bernard de Clairvaux, Catherine de Sienne, Maître Eckhart ou Jean Tauler.

Je me prépare à me laisser guider dans ma rencontre du Seigneur et prends le temps de me poser, prends plusieurs respirations profondes et fais silence en moi pour me disposer à la prière soutenue et nourrie par la musique

Bach inscrivait au début de ses partitions les initiales J.J.: »Jesu juva » c’est-à-dire: « Jésus, aide-moi! » ; la Parole de Dieu était sa nourriture et il a voulu par sa musique la faire comprendre.

Il signait aussi: « SDG: »Soli Deo Gloria« : « A Dieu seul la gloire », inspiré de Martin Luther. Il affirme que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre et non lui .

Il a souvent exprimé sa louange au Seigneur, comme dans le choeur du Magnificat

Avant de l’écouter et de louer Dieu, je contemple, avec l’aide l’Esprit ces derniers jours. Pour quoi ai-je envie de rendre grâce et de chanter le Seigneur ? Tout ce que j’ai vécu pour la seule gloire de Dieu.

Sensible à la mystique du Moyen-Âge du début du XVIIes , l’union au Christ est pour Bach, une attirance mutuelle qu’il faut expérimenter sans cesse.Son rapport au Christ s’inscrit dans la théologie de la croix et de la Résurrection.

Comment cette relation au Christ trouve un écho dans ma vie spirituelle et dans mon quotidien ?Comment cela me bouscule ? me questionne ? Je médite cela en écoutant « Christus, der ist mein Leben » BWV 95 (Le Christ, toi qui es ma vie)

Christus, der ist mein Leben,
Christ, toi qui es ma vie,
...
Dem tu ich mich ergeben,
A toi je me donne corps et âme,
...
Denn ich weiß dies
Car je sais
Und glaub es ganz gewiss,
Et je crois fermement
Dass ich aus meinem Grabe
Que de mon tombeau
Ganz einen sichern Zugang zu dem Vater habe.
J'aurais un accès assuré au Père.
Mein Tod ist nur ein Schlaf.
Ma mort n'est qu'un sommeil

Dadurch der Leib, der hier von Sorgen abgenommen,
Grâce auquel le corps, délivré des tourments de cette terre,
Zur Ruhe kommen.
Est parvenu au repos.
Sucht nun ein Hirte sein verlornes Schaf,
Et si un berger cherche sa brebis perdue,
Wie sollte Jesus mich nicht wieder finden,
Comment Jésus ne saurait-il pas me retrouver,
Da er mein Haupt und ich sein Gliedmaß bin!
Puisqu'il est mon chef et que je suis un de ses membres!
So kann ich nun mit frohen Sinnen
C'est pourquoi je puis, d'un coeur réjoui,
Mein selig Auferstehn auf meinen Heiland gründen.
Fonder sur mon Sauveur ma bienheureuse résurrection.

Bach a connu l’épreuve terrible et la grande souffrance de perdre sa première femme et sept de ses enfants, il a souffert aussi d’élever et accompagner un enfant handicapé et a subi le chagrin à cause de la conduite désordonnée d’un de ses fils. Il a été un croyant qui supplie le Dieu de miséricorde.

J’ai peut-être, moi aussi, envie de crier vers le Seigneur. « Aus tiefer Not schrei ich zu dir« 

Mais avec confiance dans la consolation du Père qui nous aime et nous accompagne dans la souffrance, à l’exemple du Christ, demandons la grâce de pouvoir dire avec lui « non ma volonté, mais la tienne  » . « Alles nur nach Gottes Willen » (Tout selon la volonté de Dieu).

Alles nur nach Gottes Willen,
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu,
So bei Lust als Traurigkeit,
Dans la joie comme dans la peine,
So bei gut als böser Zeit.
Aux jours de bonheur comme dans les temps difficiles.
Gottes Wille soll mich stillen
Que la volonté de Dieu me comble
Bei Gewölk und Sonnenschein.
Aussi bien par ciel nuageux que par temps ensoleille !
Alles nur nach Gottes Willen!
Qu'il en soit toujours selon la volonté de Dieu !
Dies soll meine Losung sein.
Que telle soit ma devise !
Mit allem, was ich hab und bin,
Je m'en remets à Jésus
Will ich mich Jesu lassen,
De tout ce que j'ai et que je suis,
Kann gleich mein schwacher Geist und Sinn
Mon esprit et mon âme sont trop faibles
Des Höchsten Rat nicht fassen;
Pour pouvoir saisir les intentions et les conseils du Très-Haut ;
Er führe mich nur immer hin
Qu'il me conduise donc
Auf Dorn- und Rosenstraßen!
Sur les chemins jonchés d'épines ou de roses !

Je demande au Seigneur de m’éclairer dans ma vie quotidienne et de me donner la grâce de l’abandon.

En mars et avril 1750, Jean-Sébastien Bach fut opéré des yeux, mais ces opérations n’eurent aucun succès et il mourut des suites de ces interventions, le 28 juillet, après avoir communié au corps et au sang du Christ.






Devant ton trône, je vais comparaître
Ô Dieu, et je te prie humblement,
Ne détourne pas ta face pleine de grâce
De moi, qui suis pauvre pécheur

dernier prélude de "l'Autographe de Leipzig" 1750

Souvent, Bach a commenté l’attente de la mort: « ich bin vergnügt mit meinem Glücke » cantate BWV 84

Je me contente de mon bonheur,
celui que Dieu me réserve.
....
Et quand viendra le soir de ma vie,
que mon existence ici-bas touchera son terme,
Dieu me donnera le dernier sou
qui ouvre le ciel.
Oh! si, comme salaire de sa grâce,
il m'accorde ce don,
je n'ai besoin de rien d'autre.
Viens, douce heure de la mort
Fais que mon départ soit doux,
Säume nicht,
Ne tarde pas,
Letztes Licht,
Dernière lumière,
Dass ich meinen Heiland küsse.
Pour que je puisse embrasser mon Sauveur.
Mon vœu
Ist, den Heiland zu umfangen
Est d'embrasser mon Sauveur
Und bei Christo bald zu sein.
Et d'être bientôt avec le Christ.
...
Dans la douce joie du ciel.
Jesu, komm und nimm mich fort!
Jésus, viens et emporte-moi !
Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust,
Repos délicieux, plaisir recherché de l'âme,
Dich kann man nicht bei Höllensünden,
Tu ne peux pas être trouvé parmi les péchés de l'enfer,
Wohl aber Himmelseintracht finden;
Mais plutôt dans la concorde du paradis ;
Du stärkst allein die schwache Brust.
Toi seul renforce le cœur faible.
Drum sollen lauter Tugendgaben
Donc seuls les dons purs de la vertu
In meinem Herzen Wohnung haben.
Auront une place dans mon cœur.
Mir ekelt mehr zu leben,
Je suis dégoûté de vivre plus longtemps,
Drum nimm mich, Jesu, hin!
Aussi emporte-moi loin d'ici, Jésus !
Mir graut vor allen Sünden,
Je suis horrifié par tous les péchés,
Laß mich dies Wohnhaus finden,
Laisse-moi trouver cette habitation,
Wo selbst ich ruhig bin.
Où je pourrai être en paix.

Je me laisse toucher par ce détachement, cette foi profonde. Je parle au Seigneur de ce qui m’interroge, ce qui m’est difficile à accepter et je lui demande la grâce de comprendre et de m’abandonner à lui.

Je peux aussi prier en reprenant un des textes.

Je le loue pour les dons faits aux artistes, aux créateurs qui nous conduisent à lui par d’autres voies.

Prier dans la dynamique du dimanche pour les migrants

Au lendemain du dimanche des migrants, nous prions à partir d’extraits du message du pape François du 24 Mai, en vue de cette journée.

J’ouvre ce temps de prière en traçant sur moi le signe de la croix. Je fais mémoire de la vie donnée du Christ pour que nous ayons tous la vie en plénitude.

Dans ce monde tellement troublé par les événements internationaux et par l’instabilité politique dans notre pays, je prends un temps de calme, de paix intérieure et je demande au Seigneur la grâce du discernement.

Je lis, lentement, le texte du pape François.
 

Nous savons la question des migrations très sensible en France, comme dans bien des pays d’Europe. Je m’efforce d’accueillir ce texte loin des polémiques.

Je considère d’abord, ces migrants de tous les temps. Je peux me remémorer la sortie des Hébreux d’Égypte, puis des scènes d’actualité qui disent les difficultés de migrants aujourd’hui, peut-être des rencontres concrètes avec des migrants. Je prie alors le Seigneur qui libère « Je suis Yahvé ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Ex, 20,2)

Je prends ensuite le temps de m’interroger sur la façon dont je m’informe, au-delà des présentations souvent simplistes, sur la question des migrants ? Suis-je au clair sur les chiffres ? Est-ce que je me questionne sur l’origine des migrations ? N’ai-je pas tendance aux préjugés, à des généralisations abusives à partir de faits divers sordides ? Est-ce que cherche à connaître les capacités réalistes d’accueil de notre pays ?

« De nombreux migrants font l’expérience de Dieu comme compagnon de voyage ». Comment ma paroisse donne-t-elle place aux migrants ? Comment est-ce que je me situe face à des migrants d’autres religions, dans un esprit de dialogue ?

« Grâce à Lui, il y a des bons samaritains sur le chemin ». Je contemple toutes ces personnes – chrétiennes ou non- qui, individuellement ou en association, aident les migrants. Je rends grâce pour leur engagement.

« La rencontre avec le migrant, comme avec tout frère et sœur dans le besoin, est aussi une rencontre avec le Christ. ». Comment est-ce que, intérieurement, je m’efforce de voir dans l’autre fragile, le visage du Christ ?

Dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je lui partage mes engagements, même modestes, mes résistances, peut-être. Je Lui confie les migrants et ceux qui se mettent à leur service. Je lui demande la grâce du discernement. Je prie pour que nos gouvernants cherchent les voies d’un accueil réaliste et néanmoins audacieux…

         Je termine en disant le Notre Père, avant de faire le signe de croix.

Prier avec une fresque de Giotto

Le Prêche aux oiseaux est la quinzième des vingt-huit scènes du cycle de fresques de la vie de st François visibles dans l’église supérieure de la basilique Saint-François d’Assise attribué à Giotto. Elle a probablement été réalisée entre 1295 et 1299.

C’est le premier biographe de st François, Thomas de Celano, qui raconte cette scène où François fit un sermon aux oiseaux.

Je me mets en présence de Dieu et fais le signe de la croix.

Je fais silence en moi et contemple cette œuvre de Giotto.

Je regarde le paysage, un paysage naturel dans les tons marron et bleu ; une ligne sépare le ciel  azur de la terre brune ; une colline occupe l’espace puis  et une bande de terre où se tiennent les personnages. De grands arbres s’élancent vers le ciel, leur feuillage  exubérant en prend la couleur. C’est un paysage familier aux couleurs de l’Ombrie.

Je regarde les personnages, deux moines, pieds nus, dont les robes de bure se fondent dans le paysage. C’est la tenue habituelle de ces frères qui suivent sont François et vont prêcher dans toute la région. Seule l’auréole de st François met une touche d’or qui illumine son visage.

François est représenté de profil ; son visage d’homme assez âgé reflète douceur et sagesse.  Il semble tout absorbé dans son dialogue avec les oiseaux. Légèrement penché vers eux, humblement, il s’adresse à eux et de sa main droite les bénit.

L’autre frère, légèrement en retrait,  par sa main levée marque son étonnement devant ce qui se passe. C’est que les  oiseaux, toutes sortes d’oiseaux, sont sagement alignés à terre, sauf un retardataire qui vole pour se joindre aux autres. Tournés vers le saint, Ils semblent très attentifs à son discours.

Je me laisse toucher par cette représentation. C’est une nouveauté dans la peinture de représenter ainsi la présence divine, la sainteté humaine, au sein de la réalité terrestre, un réalité toute ordinaire. Dieu, incarné, se révèle dans l’apparence ordinaire des êtres et des choses.

Je me laisse toucher par la simplicité, l’humilité de la scène. Par la fraternité de François avec toutes les créatures, comme par sa proximité avec les pauvres et les petits. Par sa bonté, sa douceur et la paix qu’il porte à chaque être vivant.

Je me laisse toucher par les oiseaux, créatures recevant tout de leur créateur.

Voilà une scène qui a goût d’Evangile.

L’on peut faire le lien avec l’Evangile de dimanche dernier :

Je parle au Seigneur de ce que cette contemplation a évoqué en moi.

Je peux rendre grâces pour la figure de st François …je peux, à sa suite, entrer dans la louange pour toute la création…. Je peux rendre grâces pour ce qui m’est donné…

Je peux aussi demande pardon pour tout ce qui abîme la nature, tous ce qui abîme la fraternité entre les êtres humains….pour ma part de responsabilité en cela. Je peux demander pardon pour mon goût des richesses, du spectaculaire…

Je peux demander au Seigneur son aide…Je peux lui demander de garder une âme d’enfant… de connaitre la paix et la joie qui viennent de Lui…

Je termine en m’associant au Cantique des créatures de st François d’Assise

TEMPS POUR LA CREATION

Année après année, depuis la publication de l’encyclique Laudato Si’ en 2015, septembre devient pour nous le mois de la Création. Alors que tout redémarre, il nous est proposé de faire halte et de rendre grâce pour la Création qui nous est donnée. L’intention de cette année nous appelle toutefois, en plus de l’intercession pour nos frères et nos sœurs, à faire un pas concret, aussi modeste soit-il, dans le respect de la Création. Il s’agit bien de nous « engager personnellement ».

En ce dimanche 15 septembre, Jésus nous pose  la question 

 « Pour vous qui suis-je ? » Marc 8, 29

Pierre ose la réponse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Mais c’est à nous aujourd’hui que la question est posée :

« Pour vous, pour toi, qui suis-je ? »

Nous avons tous nos  réponses toutes faites : « Dieu est Amour », « Dieu est la vie ». Mais si en ce mois de la création nous demandions à notre sœur la terre  qu’elle nous aide à formuler notre réponse

Alors, à l’occasion d’une promenade à la campagne, en forêt, au jardin public, notre jardin si nous avons la chance d’en avoir un, je me pose la question : « Qu’est ce que cette Création me dit de Dieu ? ». Alors,  le « Pour vous qui suis-je ? »  nous est posée par l’intermédiaire, d’une fleur, d’un paysage, d’une fourmi, d’un chemin  etc……

Nous pourrons alors chanter : « Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes… »

Et nous pourrons aussi prendre le temps d’écouter ce magnifique chant « Laudato Si » composé et chanté par Patrick RICHARD

C’est ta voix que j’écoute dans le vent, 
Ton souffle lorsque l’homme respire :
J’ai besoin de ta force et de ta sagesse.
Esprit de Dieu, donne à mes yeux de découvrir ta beauté,
Accorde à mes mains le respect des choses,
À mes oreilles d’écouter ta voix.
Donne-moi l’intelligence pour comprendre toute créature,
Enseigne-moi la leçon que recèle une simple feuille,
Fais-moi sentir ta sagesse renfermée dans une pierre.
Donne-moi ta force non pour m’opposer à mon frère,
mais pour lutter contre le véritable ennemi : moi-même ;
Fais-moi vaincre le mal par le bien que tu m’inspires.
Quand viendra l’heure, viens à ma rencontre :
Je voudrais te rendre grâce de m’avoir créé
et porter avec moi le souvenir de cette terre que j’aime. Amen

Prière pour notre terre – Pape François

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures, 
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours. Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix. Amen