« Paysan de Dieu » de Frère François CASSINGENA-TREVEDY
Abbaye St Martin de Ligugé
François s’est retiré au cœur de l’Auvergne après des décennies de vie monacale en abbaye bénédictine de Ligugé. A la suite de Madeleine Delbrel des années 1930, frère François nous révèle aujourd’hui son intime conviction, qu’il y a équivalence entre le temps ordinaire des tâches les plus humbles et le temps liturgique qui élève l’âme par ses rites et ses chants.
Ci-joint, quelques lignes glanées au fil des ma lecture
Vendredi 27 juin, nous célébrerons la solennité du Sacré Cœur de Jésus
La tradition du « Sacré Cœur » trouve son origine avec l’apôtre saint Jean, qui a vu le cœur transpercé de Jésus sur la croix : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »
Elle a pris davantage d’ampleur avec sainte Marguerite-Marie Alacoque et le jésuite Saint Claude La Colombière, à Paray-le-Monial à partir de 1673. Marguerite-Marie écrit à ce propos : « Jésus me fit voir qu’il fallait honorer le cœur de Dieu sous la figure de ce cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée. »
Au début de ce temps de prière, tournons-nous vers Jésus, vrai homme et vrai Dieu, pour connaître son cœur à jamais ouvert sur le monde, pour l’aimer et le suivre davantage.
« Je suis doux et humble de cœur. » ( Mt 11,29)
Jésus parle ouvertement de son cœur, doux et humble, quand il dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Jésus a un cœur qui aime jusqu’au bout : il a pitié, pardonne et soulage. Il exulte de joie, prie et mange avec des exclus. Il annonce un royaume d’amour, de paix et de joie pour tous. Son cœur guérit les blessures, remet debout.
Un instant, je contemple la manière de faire du Seigneur et lui demande la grâce d’adoucir mon cœur et de m’apprendre à aimer comme lui.
Puis, je peux répéter lentement :
Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien. Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.
« Comme un berger, il porte ses agneaux sur son cœur » (Prophète Is 40,10)
L’image du berger parcourt toute la Bible pour parler du cœur de Dieu : le Seigneur conduit son Peuple et prend soin de lui. Il guide, rassure, mène vers les eaux tranquilles et fait revivre. Jésus se présente comme le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.
Un instant je contemple Jésus, le vrai berger. Je l’écoute m’appeler par mon nom. Je le regarde prendre soin des plus faibles au travers de mes frères et sœurs en humanité.
Puis, je peux répéter lentement :
Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien. Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.
« Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux. » ( Mt 5,3)
Au cours d’un de ses enseignement à ses disciples, Jésus leur apprend à vivre selon cette béatitude. Il les invite à donner du goût aux choses de la terre, à aimer les ennemis, à prier Dieu qu’il appelle « père », à choisir la bienveillance avec chacun. Jésus nous appelle à avoir un cœur large et généreux.
Lentement je redis cette béatitude, ce chemin de bonheur que me propose Jésus : ‘Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux’. Qu’est ce qui me détourne de cette pauvreté qui donne la vie ? Quel est mon vrai trésor, celui qui me conduit vers la vraie joie ?
Puis je peux répéter lentement :
Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.
Pour terminer ce temps de prière, je rassemble mes pensées et je m’adresse à Jésus, comme un ami parle à son ami. Je lui demande de faire grandir en moi un attachement à son cœur, à sa manière de parler, de regarder, de vivre et de prendre soin de mon prochain.
Prière de Saint Claude La Colombière
Jésus, tu es le seul et le véritable Ami. Tu prends part à mes maux, tu t’en charges, tu as le secret de me les tourner en bien. Je te trouve toujours et en tout lieu ; tu ne t’éloignes jamais. Tu m’écoutes avec bonté lorsque je te raconte mes découragements et tu ne manques jamais de les adoucir. Tu ne t’ennuies jamais de m’entendre. Tu supportes mes défauts avec une patience admirable. Ô Jésus, accorde-moi de vouloir revenir vers toi afin que je sois tout à toi, pour le temps et pour l’éternité.
Le palais Jacques Cœur de Bourges propose actuellement une exposition de la sculptrice Fanny Ferré. ( jusqu’au 5 octobre). Nous nous arrêtons sur la scène présentée dans la cour du palais, évoquant le départ de migrants.
Je me dispose à un moment de prière. Je me retire pour un moment de silence, désireux de me tourner vers le Seigneur. « Seigneur, me voici ». Je demande la grâce de l’attention à l’autre. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je contemple d’abord, calmement, l’œuvre, attentif aux personnages, à leur expression. Détermination. Épuisement. Intériorisation. Regard tourné vers les cieux. Crainte. Expression de révolte.
Je m’arrête aussi sur les vestiges d’une vie passée, les poteries, la vannerie, les animaux domestiques : cheval, cochon, volaille, chien…Traces d’une vie rurale que les personnages quittent.
Je considère maintenant le cadre dans lequel l’œuvre est exposée : le palais Jacques Cœur. La stabilité d’un monument qui a traversé les siècles, face au mouvement erratique de la migration. La solidité de la pierre qui se fait l’écrin d’une œuvre fragile de poterie. Une maison, où une famille était installée. Le linteau d’une des portes représente la vie domestique, près d’une cheminée, d’un foyer…
Et le hasard de la programmation fait que l’exposition a lieu en même temps que des travaux. Les barrières dd chantier ne peuvent pas ne pas évoquer tant de barrières, de murs construits pour arrêter les mouvements de migration.
Dans un premier temps, je fais mémoire des déplacements que j’ai pu connaître, dans ma propre vie, ou qu’ont pu connaître mes ascendants. Même si je n’ai pas vécu, à proprement parler, une « migration », j’ai sans doute expérimenté un départ, la nécessité de m’adapter à un nouvel environnement…
A quels abandons cela m’a-t-il conduit ? Quels mouvements m’ont-ils alors traversé ? Quelles perspectives nouvelles ont-elles pu s’ouvrir ?
Dans un second temps, je prends la mesure des phénomènes migratoires contemporains, que les raisons en soient économiques, politiques ou climatiques.
Que puis-je dire de mes réactions ? Ma compassion, mes craintes, mes éventuels engagements ?
Dans un troisième temps, je considère les Écritures. Je me souviens ce cette prière juive, dans le Deutéronome. « Mon père était un araméen errant qui descendit en Égypte » (Dt, 26,5).
Je me souviens aussi de l’appel fait à Abraham : « quitte ton pays. » (Gn, 12,1). Et j’entends Jésus nous dire : « le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer sa tête. » (Mt, 8,20)
Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux lui dire mon goût / mes craintes du changement, mon désir de m’installer…Je peux lui confier tous les migrants de notre temps.
En pensant aux épreuves des migrants aujourd’hui, je prie avec les mots de St Paul :
« Nous portons un trésor comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. » (2Co, 4, 7-11)
En ces jours de la Pentecôte, remémorons-nous quelques manifestations de l’Esprit .
Dans le vent
Jésus parle à Nicodème: « Le vent souffleoù il veut : tu entends sa voix, mais tu nesais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsipour qui est né du souffle de l’Esprit. » Jn 3,8
Dans le feu:
Nous entendons les disciples d’Emmaüs: « Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait lesÉcritures ? » Lc 24,32
Dans la nuée et la lumière
Kim en Joong-Pentecôte-Eglise de St Genest
Sur la montagne de la Transfiguration: « Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Lc 9, 34-35
Avec l’eau
Jésus à la Samaritaine: « celui qui boira de l’eau quemoi je lui donnerai n’auraplus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra enlui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Jn 4, 14
Je prends maintenant, un temps avec la Parole; je choisis parmi ces extraits proposés, celui qui me rejoint et je me dispose à l’accueillir, à l’entendre pour moi . Je fais silence en moi, je respire calmement , profondément; et lis le passage entier et prends place avec Jésus. Et je me laisse faire par l’Esprit.
Dans ma vie, aujourd’hui, qui est l’Esprit Saint pour moi ? Est-ce que je perçois sa présence? Comment est-ce que je sens que l’Esprit Saint est à l’oeuvre dans ma vie? Comment et où m’envoie t-il à la suite de Jésus ?
Pour conclure je peux prier et chanter cette hymne de Didier Rimaud « Ouvrez vos coeurs au souffle de Dieu »
Ouvrez vos cœurs au souffle de Dieu, Sa vie se greffe aux âmes qu’il touche ; Qu’un peuple nouveau Renaisse des eaux Où plane l’Esprit de vos baptêmes ! – Ouvrons nos cœurs au souffle de Dieu, Car il respire en notre bouche Plus que nous-mêmes !
Offrez vos corps aux langues du Feu : Que brûle enfin le cœur de la terre ! Vos fronts sont marqués Des signes sacrés : Les mots de Jésus et de Victoire ! – Offrons nos corps aux langues du Feu Pour qu’ils annoncent le mystère De notre Gloire.
Livrez votre être aux germes d’Esprit Venus se joindre à toute souffrance : Le Corps du Seigneur Est fait des douleurs De l’homme écrasé par l’injustice. – Livrons notre être aux germes d’Esprit Pour qu’il nous donne sa violence À son service.
Tournez les yeux vers l’hôte intérieur, Sans rien vouloir que cette présence ; Vivez de l’Esprit Pour être celui Qui donne son Nom à votre Père. – Tournons les yeux vers l’hôte intérieur, Car il habite nos silences Et nos prières !
Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge
Je me dispose à la prière, entrant dans le silence, m’installant confortablement. Je m’ouvre à la présence du Seigneur et demande la grâce de sentir l’Esprit Saint prier en moi.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, entrant dans la joie de l’action de grâce. « Mon cœur exulte, mon âme est en fête »
Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu ! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. »
Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.
Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices !
Je m’arrête maintenant sur quelques versets du psaume.
Le psalmiste, David, selon la tradition, évoque à deux reprises : « mon Dieu ». « Garde-moi, mon Dieu. » / « Tu es mon Dieu. ». Je n’entends pas ce possessif comme une appropriation, mais comme l’assurance d’une proximité, d’une connaissance intime.
Où en est, aujourd’hui, ma relation personnelle au Seigneur ?
« Il est à ma droite (…) à sa droite éternité de délices. ». Je considère la joie de la certitude d’avoir une place près de Dieu. N’y-a-t-il pas là l’annonce de la Parole de Jésus en Jean que nous avons récemment réentendue : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. (Jn, 14, 2-3).
Je médite la façon dont Jésus est attentif à chacun, donne sa place à chacun, nous conduit à partager l’amour du Seigneur.
« Tu m’apprends le chemin de la vie. ». Dans la dynamique de Pâques, je me centre sur la résurrection. « Tu ne peux m’abandonner à la mort ». Je me confie à Jésus qui nous a dit : « je suis le chemin, la vérité, la vie. » (Jn, 14,6).
Je relis le psaume, puis prends un temps de dialogue avec Celui qui es « mon » Dieu. A Celui qui est « mon refuge », je peux confier mes difficultés de ce jour. A Celui qui « me conseille », « m’avertit », je peux confier mes questionnements d’aujourd’hui. Et je fais aussi de cet échange intime un temps d’action de grâce et de bénédiction.
Je m’unis aux croyants du monde entier en disant « Notre Père… »
Visitation de Vittore Carpaccio – 1504 – Galerie Franchetti Ca’d’Oro à Venise
Ces jours-ci la liturgie a invité à prier avec le texte de Luc (Lc1, 39-56) faisant le récit de la visite de Marie à sa cousine Elisabeth. Nous prenons maintenant un temps de prière autour de cet évènement en s’appuyant sur ce tableau de Vittore Carpaccio, peintre né à Venise en 1465.
Nous faisons silence et marquons le début de la prière en faisant le signe de croire. Demandons la grâce de nous laisser enseigner par ce mystère contemplé.
Contemplons l’œuvre d’art.
Que ressentons-nous au premier regard ? Puis nous regardons la composition du tableau, les lignes, les formes, les couleurs. Nous regardons ce qui est représenté : le cadre, les 2 femmes au centre, les autres personnages, les animaux, les détails.
Qu’est-ce qui est étonnant ? Qu’est-ce que cela me dit de ce mystère ?
Au centre, il y a Marie et Elisabeth qui s’empressent l’une vers l’autre, poussées par l’Esprit saint ; elles s’enlacent avec tendresse et dans une grande proximité. Toutes deux sont vêtues de rouge et de bleu ;
comme l’alliance de l’humain et du divin. Car toutes deux portent un enfant, un enfant promis par Dieu dans sa vieillesse pour l’une, le Fils de Dieu pour l’autre. Ici pas de tressaillement de joie, mais une certaine gravité sur les visages devant la grandeur du mystère.
Ce tableau semble représenter une scène de la vie quotidienne. Chacun vaque à ses occupations dans cette ville que l’on ne saurait situer. Carpaccio fut un des premiers à utiliser la présence de l’architecture et il peint, dans ses tableaux, la réalité vénitienne au 15ème siècle. Mais ici le peintre laisse aller son imagination poétique et sa passion pour l’Orient. De multiples détails en témoignent :
siècle. Mais ici le peintre laisse aller son imagination poétique et sa passion pour l’Orient. De multiples détails en témoignent : des hommes qui portent des turbans, un minaret au loin, des palmiers, des tapis sur les balcons… Cette visitation ne semble pas être un évènement du passé mais elle s’inculture dans la Venise marchande et florissante du 15ème siècle où affluent hommes et biens de nombreux pays. D’ailleurs, ce tableau fait partie d’un cycle sur l’histoire de la vierge Marie, réalisé pour la confraternité de la communauté albanaise.
Je médite sur l’universalité et l’actualité du message évangélique. C’est toute la création qui est concernée. Comment ce récit de la Visitation rejoint-il ma vie aujourd’hui encore ?
Faisons place à ce récit dans notre vie
Tout au long des siècles, des peintres se sont approprié cette scène évangélique. Comme par exemple, Maurice Denis à la fin du 19ème siècle. Autre temps, autre lieu, autre représentation. Mais la même Bonne nouvelle à partager : Dieu s’est fait chair ; il habite parmi nous.
Visitation de Maurice Denis 1894 – Musée de st Petersbourg
A notre tour, comment pouvons-nous rendre vivant ce récit ici et maintenant ?
Comme Marie et Elisabeth, suis-je en relation avec le Seigneur ?… Suis-je à l’écoute de sa Parole dans le concret de ma vie ?… M’arrive-t-il de partager avec d’autres ce que le Seigneur a fait pour moi ?… Y a-t-il des rencontres qui ont été pour moi des visitations ?… Avec qui puis-je converser sur ce qui est important pour moi ?… De quelle bonne nouvelle suis-je le porte parole ?… Comment je fais advenir l’enfant de Dieu que je suis ? … Qui pourrais-je visiter en ce jour ?…Je parle au Seigneur de ce qui me rejoint dans ces pistes de méditation, en me laissant porter par la musique de Vivaldi (Magnificat) :
Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre.
Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !
Car Dieu est le roi de la terre, que vos musiques l’annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré
C’est le rêve de Dieu : que tous les peuples, que tous les hommes soient dans la joie parce qu’ils ont reçu la bonne nouvelle : Dieu est avec vous, les noirs, les jaunes, les blancs, les Péruviens et les Antillais, les Chinois et les Javanais, les Eskimos et les Sénégalais…
Saint Paul suggère que le Seigneur reviendra quand tous les hommes l’auront reconnu comme Fils du Dieu vivant… Isaïe le prophétisait déjà six-cents ans avant la venue du Messie : « Toutes les nations marcheront vers sa lumière… »
Quand tous chanteront le psaume 46 à l’unisson et battront des mains en rythme, les vieillards et les enfants, les hommes et les femmes, les petits et les grands, les gros
et les maigres, les timides et les extravertis, les riches et les pauvres, les intelligents et les simples, alors le Royaume de Dieu sera inauguré sur la terre.
En contemplant un vitrail de l’église St Bonnet (Bourges)
Je m’installe au calme, pour prendre un temps avec le Seigneur, en de début de semaine, où nous fêterons l’Ascension. Je dépose mes préoccupations du jour auprès du Seigneur et lui demande la grâce de me sentir habité de Sa présence. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je contemple ce vitrail de la Renaissance, dû à Jean Lescuyer, dans l’église St Bonnet de Bourges.
Ce vitrail, bien approprié au temps liturgique que nous vivons, articule la résurrection et l’ascension.
Le premier registre est consacré au tombeau vide…profondeur sombre du rocher au centre d’un paysage qui donne place, néanmoins, à la végétation. Un ange se tient à l’entrée du tombeau vide,
devant des gardes armés, mais déconcertés et impuissants. L’un dort encore, sur la droite. Un autre, au sol, épée à la main, scrute le ciel. A gauche, un autre garde endormi, appuyé sur sa hallebarde. Un dernier, debout, arme au sol.
Le second registre évoque la résurrection. Le Christ y apparaît dans une posture dynamique, inscrit dans une mandorle rayonnante. La croix est l’étendard de la victoire sur la mort. « Ô mort où est ta victoire ? Ô mort, où est-il ton aiguillon ? » (1 Co, 15,55) De part et d’autre, deux scènes liées, dans l’évangile, à la résurrection. A droite, les femmes au tombeau.
A gauche, les deux pèlerins d’Emmaüs, qui reconnaissent le Christ, à la fraction du pain, « mais il avait disparu de devant eux. » (Lc, 24, 31). Une présence retrouvée, à vivre désormais dans l’absence. Le Christ ressuscité se tient dans un mouvement ascendant, qui est déjà, le signe de l’ascension. Au sommet des deux lancettes de gauche et de droite, les anges évoquent déjà le monde céleste.
Le troisième registre est une représentation très originale de l’ascension. Les apôtres, troublés et déconcertés, se tiennent les yeux tournés vers le ciel, certains levant les bras comme pour retenir le Christ. Ils sont douze, comme si Judas avait déjà été remplacé. Quant à Jésus, nous n’apercevons plus que ses pieds et ses jambes, son torse et son visage étant déjà dans la nuée. De part et d’autre se tiennent deux anges qui semblent
s’adresser aux apôtres. « Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. » (Ac, 1, 9-11)
Nous voilà au cœur de la foi, comme nous le proclamons dans le credo : « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. »
Je considère les divers mystères évoqués par le verrier…
Je me tiens, d’abord, devant le tombeau vide, comme les gardes, comme les femmes arrivant au tombeau.
M’arrive-t-il de vivre l’absence du Seigneur, la confrontation à une forme de silence de Dieu ?
Je contemple ensuite le Christ ressuscité, à jamais présent. Les pèlerins d’Emmaüs retrouvent Jésus par sa Parole, puis par le pain rompu de l’eucharistie, où le Christ se rend « réellement présent ».
Et moi, comment est-ce que je vis la présence du Seigneur dans sa Parole et dans les sacrements ?
Je médite maintenant le mystère de l’ascension, Jésus qui n’est plus parmi nous, mais qui reste présent d’une manière renouvelée. J’intériorise quelques paroles du Christ :
Le dernier verset de l’évangile de Matthieu. « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint esprit et leur apprenant à observer tout e que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde ». (Mt, 28, 19).
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jn, 14,2-3)
Je m’adresse au Seigneur, simplement, me tenant comme son enfant. Je peux rendre grâce pour sa présence à mes côtés, lui partager les moments plus difficiles où je me sens seul, et lui présenter celles et ceux qui, aujourd’hui, ont particulièrement, besoin de sa présence.
Nous partageons cette prière proposée par les évêques de France.
Notre fête de ce jour monte vers Toi, Dieu notre Père. Tous nos silences, nos chants et nos paroles, sont tendus vers Toi et participent à la louange de toute la création. Tu as rappelé à Toi Ton Fils Jésus-Christ par qui nous fut donné Ton Salut. Il retourne aujourd’hui partager ta gloire. Dans ce mouvement Qui l’entraîne avec Lui, pour que soit donné Ton souffle à notre humanité. Ainsi nous pénétrons dans le mystère de ton Fils. Nos yeux ne peuvent plus voir, mais nous savons que son retour est déjà commencé ; Sa disparition crée en nous le vide de l’amour, Mais nous savons que par notre amour nous lui redonnons son visage. Par cet amour nous demeurons en Lui et par lui nous demeurons en toi. Il nous rassemble en ce jour Et c’est par son Esprit Que notre communion acclame Ta gloire.
Prière extraite du livre « Reste avec nous » de François Chagneau
Nous célébrons le début du pontificat de Léon XIV et accueillons son message pour l’Eglise.Que le Seigneur le bénisse et que l’Esprit nous inspire et nous soutienne avec lui.
Je me dispose à ce temps de prière en communion avec tous les Chrétiens qui ouvrent cette nouvelle page de l’Eglise. Je fais silence en moi.
Je lis et laisse résonner en moi ces paroles des premières interventions de Léon XIV.
« Sans peur, tous unis, main dans la main, avec Dieu,allons de l’avant: nous sommes les disciples du Christ, le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière » (11 mai)
Je reçois ces mots, ils me concernent et m’appellent. Je les médite. Dans ma vie, dans mon quotidien là où je suis, dans mes engagements, ma famille, ma vie professionnelle, amicale que peuvent-ils évoquer concrètement? Quels pas faire ? Comment entretenir et nourrir notre âme de disciple ?
« La paix commence avec chacun d’entre nous: dans la façon dont nous regardons les autres, écoutons les autres et parlons des autres « (12 mai, avec la presse)
Je me rappelle la manière qu’avait Jésus de regarder, d’écouter, de parler.
Je contemple certains de ses gestes et me laisse inspirer et bousculer par lui.
Quelles paroles de Jésus ai-je envie de garder comme fil rouge ?
Rechercher « toujours la paix, la justice, à travailler comme des hommes et des femmes fidèles à Jésus-Christ, sans peur, pour proclamer l’Evangile, pour être missionnaires »« La mission confiée à Pierre n’est pas d’exercer un pouvoir solitaire » (19 mai)
« Sans peur » est repris souvent dans ces premières paroles; en effet nous sommes en communion avec nos frères, nous prions ensemble et nous nous soutenons. Nous sommes le corps du Christ.Quelle « mission » pour moi et avec ceux de ma paroisse? de mon mouvement?
Je peux prier en chantant:
REFRAIN Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Un instrument de ta paix ! 1 Là où se trouve la haine, que je mette l’amour ! Là où se trouve l’offense, que je dise le pardon ! 2 Là où se trouve la discorde, que je fasse l’union ! Là où se trouve l’erreur, que j’annonce la vérité ! 3 Là où se trouve le doute, que j’éveille la foi ! Là où tout est désespoir, que je chante l’espérance ! 4 Là où se trouve la tristesse, que j’apporte la joie ! Là où se trouvent les ténèbres, que je mette la lumière !
J’entre dans la prière ; je me mets en présence du Seigneur et lui demande de pouvoir entrer dans la louange.
J’écoute ce chant interprété par l’ensemble Resurrexit.
Je reprends les paroles de ce chant pour les méditer.
Jubilez, criez de joie! Acclamez le Dieu trois fois Saint Venez le prier dans la paix, témoigner de son amour Jubilez, criez de joie pour Dieu, notre Dieu
Louez le Dieu de lumière. Il nous arrache aux ténèbres Devenez en sa clarté, des enfants de la lumière
« Je suis la lumière de monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » Jean 8, 12
En ce temps pascal, je fais venir à ma mémoire les instants de lumière, les petits gestes qui donnent vie, les moments de paix et de joie partagés. Alleluia
Trinité miséricordieuse
Jubilez, criez de joie! Acclamez le Dieu trois fois Saint Venez le prier dans la paix, témoigner de son amour Jubilez, criez de joie pour Dieu, notre Dieu
Ouvrez-vous, ouvrez vos cœurs au Dieu de miséricorde Laissez-vous réconcilier, laissez-vous transfigurer
« Je ne suis pas venu pour juger le monde, je suis venu sauver le monde »Jean 12,47
En ce temps pascal, je goûte la joie d’être sauvé. Je laisse remonter les paroles de réconciliation, les gestes de pardon et de miséricorde, tout ce qui construit la paix. Alleluia !
Jubilez, criez de joie! Acclamez le Dieu trois fois Saint Venez le prier dans la paix, témoigner de son amour Jubilez, criez de joie pour Dieu, notre Dieu
Notre Dieu est tout Amour, toute paix, toute tendresse Demeurez en son Amour, il vous comblera de Lui
« Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » Jean 13,34
En ce temps pascal, je me souviens de ce que le Seigneur a fait pour moi, dans son amour. Je me réjouis pour tous ceux qui donnent de l’affection, du réconfort, du temps, de l’argent, de la solidarité… à ceux qui en ont besoin. Alleluia
A l'ouvrage de sa grâce, offrez toute votre vie Il pourra vous transformer, Lui, le Dieu qui sanctifie
Louange au Père et au Fils, louange à l'Esprit de gloire Bienheureuse Trinité, notre joie et notre vie
Je termine ce temps en reprenant une prière de saint Léon 1er le Grand (pape de 440 à 461) :
« Mes bien-aimés, rendons grâce à Dieu le Père par son Fils, dans l’Esprit-Saint, à lui qui, poussé par l’immense miséricorde dont il nous a aimés, a eu pitié de nous ; Et, comme nous étions morts dans nos péchés, il nous a rendu la vie dans le Christ, pour que nous soyons en lui une nouvelle création, une nouvelle œuvre de ses mains… Souviens-toi qu’arraché à la puissance des ténèbres, tu as été transporté dans la lumière du Royaume de Dieu. Par le sacrement du baptême, tu es devenu le temple de l’Esprit Saint. »
Je confie ma vie au Seigneur pour qu’il la sanctifie et je confie le pape Léon XIV, en ce début de pontificat, pour qu’il aide l’Eglise à être source de joie pour le monde.