Contempler deux figures de la Passion du Christ

Je me dispose à entrer en prière, en ce début de Semaine Sainte. Nous marchons vers la résurrection, qui passe par la croix. Je prends donc le temps d’un long signe de croix intériorisé, à tracer sur tout mon corps.

Sur ma tête, pour prendre le temps de comprendre le mystère de la passion, sur ma poitrine, pour en intérioriser le sens profond et sur mes deux épaules, pour recevoir la croix comme un signe de fraternité. Je demande la grâce d’imiter le Christ.

Dans le récit de la Passion selon Saint Luc, entendu, lors de la célébration des rameaux, je contemple deux figures : Simon de Cyrène et Joseph d’Arimathie.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.

Je contemple Jésus, éprouvé par les diverses étapes de son procès, marqué des humiliations subies, chargé de sa lourde croix. J’imagine Jésus gravissant les chemins pierreux et pentus montant vers le calvaire, au milieu de la foule, des habitants de Jérusalem, vivant leur vie ordinaire,

comme Simon de Cyrène, rentrant de sa journée de travail agraire. Je perçois la fatigue de Jésus, épuisé sous le poids de la croix. Puis je vois les gardes, comme c’était la coutume, réquisitionner un passant pour qu’il aide à porter la croix.

Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.

Je me tiens désormais devant la croix, devant le corps suspendu de Jésus qui vient de rendre l’esprit. Puis j’imagine Joseph d’Arimathie, venant descendre Jésus de la croix. J’imagine son effort, mais aussi la délicatesse avec laquelle il se saisit du corps du Seigneur, le respect qu’il lui porte. Je le vois ensuite l’envelopper avec douceur dans le linceul, dont la blancheur va masquer les plaies du corps défiguré,

et, enfin le déposer dans un tombeau « où personne encore n’avait été déposé. ». Les historiens expliquent qu’on ne pouvait déposer le corps d’un condamné considéré comme impur, dans un tombeau déjà occupé. En même temps, ce tombeau neuf sera le cadre de la nouveauté inouïe de la résurrection.

Ainsi Simon de Cyrène et Joseph d’Arimathie sont-ils des figures d’espérance, au cœur de ce drame de la Passion.

Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.

Je reviens au début du récit proclamé ce dimanche, l’institution de l’Eucharistie. Le corps du Christ est « donné pour nous », comme le sang du Christ est « répandu pour nous. ».

Je prends maintenant le temps d’un cœur à cœur avec le Seigneur. Je peux lui rendre grâce de « donner sa vie pour ceux qu’il aime ». Je peux intercéder pour tous ceux qui ont besoin de trouver sur leur chemin un Simon de Cyrène.

         Les textes liturgiques de la semaine dernière, de l’évangile selon St jean, nous ont redit le lien du Fils à son Père, et dans la foi au Dieu Trinitaire, nous disons, « notre Père… ».

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Psaume 104

Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance.

Je me tourne vers le Seigneur avec confiance et je me dispose à entrer en sa présence. Pour cela, je calme ma respiration et mes pensées.

« Me voici devant toi, Seigneur. Donne moi la grâce de t’ouvrir mon cœur et de me rendre disponible à tes appels. » Je trace le signe de croix.

Je lis lentement le psaume en m’arrêtant sur le mots, les phrases ou les versets qui résonnent plus particulièrement en moi.

J’entends pour moi ces injonctions.En ce temps de Carême, propice à la conversion, quels moyens je me donne pour chercher le Seigneur ? A quoi suis-je prêt à renoncer pour me tourner davantage vers lui ?

je fais mémoire des merveilles que le Seigneur a fait en moi pendant cette période de Carême ( une rencontre, une bonne nouvelle, un moment de contemplation, une bonne action, un effort…) Je le remercie pour ses prodiges et je lui demande la grâce de discerner les signes de sa puissance dans ma vie.

je m’associe à l’action de grâce du psalmiste pour la fidélité du Seigneur, que je peux élargir aux témoins de la foi qui me touchent et me guident particulièrement dans ma vie spirituelle.

Je peux aussi demander pardon au Seigneur pour mes résistances et mes manquements à son Alliance pendant ce temps de Carême.

Je relis le psaume.

A l’issue de cette méditation,  dans un cœur à cœur avec le Seigneur, je lui exprime ce que je ressens et je m’adresse à lui en récitant le Notre Père.

Avec les couleurs du monde

Cette année jubilaire nous embarque tous, pèlerins d’Espérance, avec nos couleurs personnelles, différentes, à la suite du Christ.

Je contemple cette planisphère et et je prends le temps d’évoquer avec mon coeur et avec les yeux du Seigneur tous les frères qui habitent les différentes contrées de notre planète.

Qu’est-ce que vois ? Qu’est-ce que j’entends ? Quels sentiments m’habitent? Je dépose cela dans les mains du Seigneur.Et je confie tous ces frères et ces pays à sa miséricorde.

Je lui demande la grâce de scruter sa présence et de repérer les signes d’espérance.

Comme par exemple: en Asie, là où l’Azerbaïdjan et l’Arménie entrent en négociation de paix, en Turquie où 3 prisonnières d’opinion ont été libérées, en Australie où il a été décidé de protéger plus de 52% du parc marin antarctique, aux USA, en Alabama, où grâce à Amnesty International, il a été mis fin

à la condamnation à mort de Rocky Myers, en UE quand l’énergie solaire détrône le charbon, quand le 3 avril 2025, un accord est signé sur la délimitation du point de jonction des frontières entre le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.

Nous sommes frères et multicolores dans ces engagements pour participer au Royaume et à la vie. Je peux rendre grâce pour ces signes-là et à mon tour, nourrir mon espérance en aiguisant mon regard autour de moi et dans notre monde.

Bien des couleurs peuvent également nous habiter. Je peux faire mienne cette prière d’une artiste Anne-Laure Lavagna, pour devenir toujours plus Pèlerin d’Espérance dans notre monde.

Prions avec chaque couleur de la création:

Seigneur, je me rends disponible à tes grâces colorées, et je te laisse faire ressortir telle couleur plutôt qu’une autre dans mon quotidien. Elle portera une bénédiction particulière pour cette journée. Je t’en remercie…

Le blanc: « Seigneur, merci pour ce blanc… Viens s’il te plait laver ce qui a besoin d’être purifier en ma vie par ta Présence. Montre-moi ce qui a besoin de ta miséricorde dans ma vie; viens renouveler mes paroles, mes actions, mes pensées. Viens par ta amour miséricordieux me purifier, et par ta grâce me sanctifier ! »

Le jaune : « Seigneur, merci pour ce jaune… Pardon par ce que je suis un témoin un peu « éteint »: Viens raviver ta Lumière en moi, viens éclairer ce qui reste dans l’obscurité dans ma vie. Viens s’il te plait me redonner ton éclat, dissiper mes zones d’ombres, apporter ton feu, ton éclat ! »

L’orange : « Seigneur, merci pour cet orangé… J’ai besoin de ton énergie en ce jour. Seigneur, viens s’il te plait en ce lieu, me donner du courage, de l’élan; par ta grâce redonne-moi du dynamisme, un souffle nouveau dans mon activité, cette situation, cette relation. Gloire à toi Seigneur! »

Le rouge : « Seigneur, merci pour ce rouge… Viens Seigneur m’apporter ta Vie, et dépose en moi une grâce de force là où je suis faible, où je procrastine, où je suis tiède ou démissionnaire… par ta puissance !

Le vert : « Seigneur, merci pour ce vert… Viens Dieu, Créateur des champs, des arbres, qui s’élèvent progressivement, silencieusement…donne-moi la patience, la foi et l’espérance pour ma vie. »

Le bleu : « Seigneur, merci pour ce bleu… Viens Seigneur apporter ta Paix en ma vie ! Que je puisse contempler ton infini et me reposer en toi, demeurer en plénitude, serein(e), paisible, en toi mon Dieu… »

Le brun: « Seigneur, merci pour ce brun… Viens Seigneur me parler avec cette couleur sombre. Viens me rappeler que je dois travailler ma « terre intérieure » pour qu’elle devienne « jardin resplendissant ». Je retire les mauvaises herbes… je demande pardon. »

Je peux poursuivre ma méditation sur l’Espérance du Royaume de Dieu, en ma laissant toucher et questionner par ce témoignage.

Et pourquoi pas méditer sur mes couleurs personnelles en colorant un de ces dessins ?

Et je prie le Père en communion avec tous mes frères:

« Notre Père » Anne-Laure Lavagna

Psaume 105

Ce psaume retrace certains épisodes de l’histoire israélite, dont le priant se sent solidaire. Ces versets retracent notamment la traversée du désert.

Je m’installe à l’écart, fais silence en moi autant que possible, et demande au Seigneur la grâce de le rencontrer en vérité…

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je lis le psaume une première fois, lentement, laissant les images suscitées apparaître…faisant mémoire de cette histoire de mes frères aînés dans la foi…

Puis je le relis…

Souviens-toi de moi, Seigneur,
dans ta bienveillance pour ton peuple.
Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.

Comme le psalmiste, je m’inscris dans un peuple…

 Est-ce que je me sens solidaire de l’Eglise, Corps du Christ ? Quel est mon regard sur elle, sur son histoire ?

Ce psaume souligne la responsabilité du peuple dans une histoire qui a un double aspect : l’œuvre de la grâce de Dieu nous conduit vers le Salut, au-delà des obstacles et des difficultés ; mais notre marche est ralentie par nos détours et nos faux pas

Et moi ? Où en suis-je dans cette marche ? Quels faux pas puis-je repérer ? Suis-je attentif.ve à la présence du Seigneur dans ma vie ?

En particulier, pendant cette traversée du désert que représente le Carême, que puis-je convertir davantage ? Où en suis-je avec le sacrement de réconciliation ?

Dans la confiance, je confie au Seigneur ce qui m’habite : mes interrogations, mon désir, mon action de grâce, ma demande de pardon…

 Je rejoins toute l’Église en disant la prière que le Christ nous a laissée : « Notre Père… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec les pèlerins d’espérance

En cette année jubilaire, l’Eglise invite à se rendre en pèlerinage à Rome ; à se mettre en marche, à prendre le chemin… afin de nourrir et fortifier l’espérance, « compagne irremplaçable qui laisse entrevoir le but : la rencontre avec le Seigneur Jésus. »

Nous prions aujourd’hui en prenant appui  sur  les aquarelles d’Olivier Jochyms et sur des extraits du § 5 de « L’espérance ne déçoit pas » du pape François.

Nous entrons dans ce temps de prière en nous posant et en faisant silence. Le Seigneur est présent. Nous nous tournons vers Lui  et  nous lui demandons la grâce de désirer entrer dans la démarche jubilaire. An nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Aquarelle Olivier Jochyms

« Ce n’est pas un hasard si le pèlerinage est un élément fondamental de tout événement jubilaire. Se mettre en marche est caractéristique de celui qui va à la recherche du sens de la vie. Le pèlerinage à pied est très propice à la redécouverte de la valeur du silence, de l’effort, de l’essentiel. »

Si j’ai déjà l’expérience du pèlerinage, je me remémore ce que j’ai vécu. Qu’est ce que cela m’a apporté ? Quelles ont été mes découvertes ? Ai-je le désir de reprendre le chemin ?
 

Si  je ne peux marcher, quelle démarche pourrais-je entreprendre pour prendre du recul et revenir à l’essentiel ? Qu’est ce qui serait bon pour moi, pour raviver mon espérance ? En quel lieu me rendre, quel temps fort vivre, pour me ressourcer ?

Aquarelle Olivier Jochyms

« Transiter d’un pays à l’autre comme si les frontières étaient abolies, passer d’une ville à une autre dans la contemplation de la création et des œuvres d’art, permettra de tirer profit des expériences et des cultures diverses pour porter en soi la beauté qui, harmonisée par la prière, conduit à remercier Dieu pour les merveilles qu’Il a accomplies. »

Je reviens sur mon expérience de pèlerinage : quelle place a eu la nature lors de ma pérégrination ? A-t-elle été source d’action de grâces ? Ai-je traversé des lieux dont la beauté m’a porté, des paysages mais aussi des œuvres d’art bâties par ceux qui m’ont précédé.

Si je n’ai pas marché, je prends le temps d’évoquer des lieux qui sont porteurs pour moi. Lieux où la beauté de la création me rejoint – Lieux qui font partie de notre patrimoine et qui m’apaisent, me portent à la prière ou m’émerveillent.

Aquarelle Olivier Jochyms

Les églises jubilaires, le long des itinéraires et dans l’Urbs, seront des oasis de spiritualité où l’on pourra se rafraîchir sur le chemin de la foi et s’abreuver aux sources de l’espérance, avant tout en s’approchant du sacrement de la réconciliation, point de départ irremplaçable d’un véritable chemin de conversion.

Rome, lieu de pèlerinage mais aussi de nombreuses églises jubilaires, cathédrales, basiliques, sanctuaires…

Qu’est-ce qui peut être pour moi, une oasis de spiritualité où il fait bon s’abreuver ? Un lieu où je peux goûter à la joie d’être pardonné ?

Car l’espérance repose sur la foi en un dieu de miséricorde et sur la foi que rien ne pourra nous séparer de l’amour du Christ. «  J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » Rm 8, 38-39

Après ce temps de méditation, je m’adresse au Seigneur. Quelle parole me vient : un merci, un cri de louange ? Un désir, une demande… ?  Je lui parle en toute confiance.

Je termine en écoutant le chant du Jubilé.

Chemin de la paix

Nous commençons la troisième semaine de Carême.

En cette veille de l’Annonciation, retournons sur les pas de Marie, vers le sanctuaire marial de la colline de Sion en Lorraine.

Sur le chemin de ronde, nous attend un chemin de Croix…

Ce « Chemin de Croix  » a été réalisé en 1952 et rénové en 1970 par frère Willi Gunschmann, ancien prisonnier allemand devenu Oblat de Marie Immaculée et qui a désiré rester en France pour travailler à la réconciliation des peuples allemand et français. Signe concret du pardon réalisé, témoin de la fraternité avec d’autres européens avant l’heure, frère Willi a signé à Sion, les premières lignes vivantes d’un nouveau traité de Paix.

Ce parcours ne suit pas les 14 stations traditionnelles. Il invite plutôt à une méditation plus personnelle… Les symboles écrits dans le verre et le béton sont là pour nous y aider.

Je me dispose à accueillir ce temps de méditation.

Je m’installe à l’écart, fais silence en moi et me mets en marche sur le chemin proposé….

1.M’ouvrir à ce chemin La parole du psaume « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur  » ouvre ce chemin, celui de ma vie…à la suite du Christ…

Rester attentif.ve, éveillé.e…car ce que Dieu veut me dire en Jésus son Bien-aimé, ne peut s’entendre que si je reste le cœur ouvert. Le don de la vie du Fils ne se peut comprendre que si je suis réceptif.ve et accueillant.e.

2-Ton serviteur écoute Mains ouvertes en signe d’offrande, de disponibilité :  » Me voici Seigneur « .

Être prêt comme Samuel qui, à l’appel du Seigneur, répond : » Parle Seigneur, ton serviteur écoute… » Être prêt pour vivre et bâtir la paix, celle qui dure, celle que Dieu peut donner… Suis-je bien volontaire pour ce travail ?

3-Le poids du péché te courbe Une personne à genoux, doublée de son ombre et qui tourne le dos à la lumière… L’ombre de nos mauvais penchants qui nous courbent et nous empêchent de regarder plus loin, plus haut, dans la bonne direction……qui tordent et faussent toutes nos relations entre nous, entre pays et cultures différentes. Ces ombres pesantes qui ont fait trébucher Jésus, et qui obscurcissent notre propre chemin vers notre Père Aimant

4-Relève-toi quand même Au-dessus du soleil levant, symbole de la vie nouvelle à venir, nous lisons le OUI de l’espérance et de la confiance.

« Oui je me lèverai… » pour vivre et construire un monde de paix et de fraternité. Oui je crois que c’est possible, malgré tout ! Oui je sais que notre quête du bonheur n’est jamais finie… Oui je sais que pour Dieu, rien n’est jamais perdu !

5-Prends ta croix Une croix cassée, des débris de verre…pour nous rappeler que notre chemin vers la Paix de Dieu est rude.

La route vers la Paix (réconciliation et pardon), n’est pas dans les plaines paisibles mais sur les hauteurs caillouteuses, difficiles à atteindre. Nous savons bien que les mille chemins de la Paix ne sont pas aisés à tracer ! Nous savons bien que le « Suis-moi » de Jésus n’est pas une autoroute !

6-Mais tu es libre Deux triangles qui crachent le feu, tournés vers le bas (avions de chasse en piqué) qui sèment la violence, la ruine et la mort… Tous les bombardements d’hier et d’aujourd’hui, qui fauchent du haut du ciel pour une moisson de haine… Tout ça pour quoi ? « Tout est en toi »… le bon comme le pire !

En face de cette violence, la colombe de la Paix qui s’élève : les aspirations de tout homme, dont le cœur est habité de bonté et d’amour, qui ne demandent qu’à s’épanouir. Oui, c’est vrai, « tout est en toi », mais encore faut-il « choisir »…

7-De rêver ou de servir D ans notre recherche de la Paix, il nous arrive de nous décourager ou de nous endormir parce que ça tarde, parce que le changement des mentalités est trop long et trop lent, parce que nous nous lassons à cause de peu de résultats immédiats…Tel est le symbole de la couronne d’épines : Jésus porte toute souffrance et il ira, par amour, jusqu’au bout, sans reculer… Ce n’est pas le moment de lâcher, d’abandonner, de s’endormir !

Si lui démissionne, alors qui pourra tenir ? « Persévérance » n’est peut-être plus un mot à la mode, mais il reste tellement nécessaire dans notre marche vers la Paix !

8-Pour accomplir ta vie Trois mots seulement. Trois vérités de base indispensables pour rendre possible l’existence de toute communauté…

Pardon et Paix qui sont des manifestations concrètes de l’Amour… et réciproquement : l’Amour qui est à la racine du Pardon et de la Paix. Et pourtant…notre fierté mal comprise qui n’a pas l’audace d’accorder le pardon… certaines de nos communautés qui meurent parce qu’elles ne sont pas prêtes à pardonner… La Paix est enfouie au fond de nos cœurs ; il suffirait de si peu parfois pour la faire naître !

9-Sur les traces du Christ Comme des traces de pas… mais à côté des miennes, il y a celles de Jésus. Ensanglantées. Toute marche vers un monde de Paix ne peut se faire sans renoncements, sans concessions, sans compromis.

Mettre mes pas dans ceux du Seigneur Jésus, je sais où cela me conduit…mon bonheur n’est-ce pas de m’approcher de la Vie ? Mes pas chancelants vers entente et fraternité, sont-ils bien dans les traces des pas de Jésus ?

10-Un marteau, trois clous… C’est ici que nous ont conduit les traces de pas. La croix est là, signe de l’Amour jusqu’à la fin.

Et nous entendons ce reproche de Dieu par la bouche du prophète : »O mon peuple que j’aime, pourquoi ? » pourquoi m’avoir fait tant de mal ? pourquoi t’être détourné de moi ? pourquoi avoir gaspillé mon amour ? pourquoi avoir inventé ces millions de croix dont tu as chargé tes frères et sœurs en humanité ?

11- Tout vient de lui Le soleil, les étoiles, les montagnes, la terre et l’eau : le monde est donné en partage, mais il ne nous appartient pas. Nous ne pouvons en disposer n’importe comment ; nous n’en sommes que les gérants pour nos enfants et les futures générations.

Alors, qu’en avons-nous fait ?

« Je t’ai tout donné » dit le Seigneur, pour ton bonheur, pour celui des autres…

Que fais-tu avec tout ça ?

12-De l’abîme de son cœur Un cœur flamboyant, brûlant d’Amour. C’est ici que tout Homme se retrouve seul avec Dieu, face à face, cœur à cœur… »Dieu est Amour » et il n’est que cela.

C’est ce que Jésus a voulu nous montrer jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême. Ne l’avons-nous pas encore compris ? « Nous sommes enfants de Dieu, parce que Lui, nous a aimés le premier (St Jean) ». Celui qui m’a rendu la vie, m’invite et m’attend. C’est en son cœur grand ouvert, que je peux puiser la force d’aimer…

13-La mère des douleurs Avec son fils mort sur ses genoux…la mère juive et ses millions d’enfants torturés, balayés par la haine et la folie…

Certes la douleur de Marie est grande, mais tant et tant de mères ont souffert et souffrent autant qu’elle… Jérusalem n’est pas la capitale de la souffrance ! Sur les genoux de Marie, aujourd’hui : tous les crucifiés de notre monde…. « Femme, voici tes enfants ! »

14-Et maintenant, que feras-tu ? Avant de retourner chez nous, écoutons encore cette question : « Homme, qu’as-tu fait de lui ? »

Ce n’est pas une accusation, c’est une interpellation. Dieu n’accuse pas, mais nous réveille par sa Parole qui nous taraude. « Qu’as-tu fait de Lui ? » Lui, elle, c’est Jésus, c’est mon voisin, du village proche ou de l’autre côté de la frontière…Lui, c’est mon frère et ma sœur, c’est l’étranger qui vient pour la fraternité et la réconciliation… c’est celui qui a besoin de moi… Et maintenant, que feras-tu de l’Homme ?

Après ce temps de méditation, je confie ce qui m’habite au Seigneur et laisse monter ma prière, avec mes mots…

Prière pour la Paix…le pardon…pour que s’apaise la violence… pour tous ceux qui souffrent…pour un monde plus juste et plus fraternel…

Je termine par une prière d’Eglise :  Notre Père…

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit…

Prier avec tout son corps

Le corps a toute sa place dans la vie spirituelle. Alors que la philosophie grecque méprisait le corps, la tradition biblique respecte le corps. Dieu qui, après la Création de l’Homme, dit que « cela est très bon » a pris notre humanité et s’est incarné, conférant par là une profonde dignité au corps.

« Le Verbe s’est fait chair ».  (Jean, 1,14). Jésus, dans ses rencontres, a beaucoup pris soin du corps, rendant la vue ou l’ouïe, restaurant chez des infirmes la capacité à mouvoir leur corps, guérissant les lépreux de leurs plaies… Et si je priais avec tout mon corps ?

Je me dispose à la prière, en installant confortablement mon corps. Je peux, mentalement, parcourir mes différents membres, les différentes parties de mon corps, désireux de me rendre disponible au Seigneur. Je demande au Seigneur d’habiter pleinement mon corps pour entrer en relation avec le monde, les autres et Dieu. Et c’est sur mon corps, mon front, ma poitrine et chacune de mes épaules que je trace le signe de croix.

Je lis maintenant un extrait de l’épître de la première épître de Paul aux Corinthiens, où il contemple le corps.

Comme Paul, je prends le temps de m’émerveiller des possibilités que m’offrent mon corps, mes sens pour entrer en relation avec le monde, les autres et Dieu lui-même.

Je peux rendre grâce, et le faire à haute voix, pour mieux prendre conscience du don de la parole qui m’est donné. Un souffle intérieur qui vibre grâce aux cordes vocales, puis que mes lèvres émettent. « Seigneur ! ouvre mes lèvres, Et ma bouche publiera ta louange. » (Psaume 51,15)

Je m’arrête maintenant sur les diverses parties de mon corps évoquées par Paul

Le pied. J’exerce une légère pression sur la plante de mes pieds. Je perçois ainsi comment je suis relié à la terre. Je considère comment ils me permettent de tenir en équilibre, mais aussi de me déplacer pour découvrir le monde, aller à la rencontre. « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut. » (Isaïe, 52, 7). Vers qui, aujourd’hui, mes pas peuvent-ils me porter ?

La main. Ma main qui me permet de créer, de saisir, de toucher, d’entrer en contact en serrant la main, de donner…Je regarde, dans l’évangile, Jésus qui prend par la main pour relever. « S’étant approché, il la fit lever en lui prenant la main (…) » (Mc, 1,31). « Il la saisit par la main, et lui dit : Talitha koumi, ce qui signifie : Jeune fille, lève-toi, je te le dis. » (Mc, 5, 41). A quoi, aujourd’hui, puis-je employer mes mains ?

L’oreille. Je prends le temps d’écouter mon environnement. Tel bruit dans la maison, tel son extérieur. Je peux aussi écouter le silence. Je me mets, intérieurement, à l’écoute de la Parole.

L’œil. J’arrête mon regard sur ce qui m’entoure. Un lieu quotidien, sans doute, que je ne regarde plus, pris dans la routine. Et je regarde, aussi, intérieurement, celles et ceux qui me sont proches, des réalités du monde, peut-être plus lointaines. Je me rends attentif aux signes des temps. Revenant à la Parole, je mobilise mes yeux et mon oreille pour accueillir le Seigneur. « Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent ! Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » (Matthieu, 13, 16-17). Sur quoi, sur qui, aujourd’hui, j’ai à faire porter mon regard et mon écoute ?

Dans la diversité de mes membres complémentaires, je n’ai, rappelle St Paul, qu’un seul corps. J’ai à travailler à son unité. Je peux considérer comment je m’unifie en considérant, à l’invitation du Pape François, dans sa dernière encyclique, mon cœur.

« Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix. » (Dilexit nos n°9). Et moi, aujourd’hui, qu’est-ce qui m’unifie ?

Je termine ce temps de prière en m’adressant au Seigneur, lui présentant, ce qu’à travers les forces de mon corps, je peux aujourd’hui lui offrir, offrir à mes frères. Je peux aussi partager mes résistances à me donner, me rappelant que je peux faire partie d’un peuple « à la nuque raide. » (Ex, 33,5).

         Je dis le Notre Père.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec notre terre

Les grues ont repris le chemin du nord, les oiseaux célèbrent le lever du jour, un frémissement de vie traverse la nature… Voici venu le temps de se pencher sur la terre…

Je m’installe confortablement au gré de mes possibilités : vers une fenêtre qui ouvre sur le jardin…près d’une plante d’intérieur…ou je ferme les yeux et j’imagine un jardin, la campagne

Je respire lentement et profondément…je me rends disponible au Seigneur et lui demande la grâce d’être attentif.ve à sa Parole…

Je regarde l’image… des mains qui, telles une coupe, portent de la terre…

Geste simple, humble…geste de celui qui reçoit, mais aussi de celui qui donne…de celui qui travaille la terre…

J’écoute ce que dit le livre de la Genèse(Gn 1, 27-29) :

Je contemple cette terre, don précieux de Dieu…Elle est notre maison, et nous relie à notre Créateur qui l’a confiée à l’humanité toute entière…

Qu’est-ce que cela signifie pour moi aujourd’hui ? Quelle est ma « relation » avec cette terre, reçue de Dieu ? est-ce que je me sens responsable de sa sauvegarde ? est-ce que je m’en donne concrètement les moyens ?

La terre qui donne sa nourriture…fruit de la semence et du travail de l’Homme…

Que signifie pour moi « travailler la terre », donner du fruit, dans le contexte de ma vie quotidienne ? Dans mon jardin, dans mon foyer, dans ma profession, dans ma paroisse etc… en quoi je contribue à prendre soin de la Création… de mes frères et sœurs en humanité ?

En ce début de Carême, comment pourrais-je « fertiliser la terre de mon cœur » pour recevoir la Parole de Dieu et donner davantage de fruit ?

J’en parle au Seigneur, comme un ami avec son ami… et je l’écoute dans la confiance et l’espérance…

Je peux conclure ce temps de méditation avec cette « Prière pour notre terre » du Pape François qui conclut son encyclique « Laudato Si ».

Psaume 1

Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur

Je fais silence et me tourne vers le Seigneur. Je lui demande son aide pour tirer profit de ce temps d’écoute de la Parole.

Je lis lentement le psaume de ce jour.

Heureux est l’homme
qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
planté près d’un ruisseau,

qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

  • « Heureux ! » : le livre des psaumes s’ouvre avec cette béatitude :« Heureux l’homme qui se plait dans la loi du Seigneur »

Je m’arrête sur ces mots.

Est-ce que le Seigneur est, pour moi,  un Dieu qui veut le bonheur et la vie ? Sa Parole est-elle pour moi une parole de vie ?

Les paroles de ce psaume rejoignent-elles mon expérience ? Je fais mémoire de moments de bonheur et je regarde ce qui les as provoqués. Je fais mémoire des moments où je me suis senti en harmonie avec la loi du Seigneur ; qu’ai-je éprouvé alors ?

  • « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau »

Le psalmiste compare cet homme à un arbre qui tire sa vitalité de l’eau qu’il reçoit. Grâce à cette source, il est bien vert et donne du fruit.

Je fais mémoire des personnes que je connais qui sont bien vivants et rayonnent sur leur entourage… de groupes ou d’associations qui portent du fruit. Quelle est la source de leur vitalité ?

Il est des moments où moi aussi j’ai donné le meilleur de moi-même… qu’est-ce qui m’animait alors ? En ai-je ressenti de la joie ?

  • « Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra ».

Ce psaume nous place devant  un choix. Prendrons-nous « le chemin des justes » ou « le chemin des méchants » ? Choisirons-nous ce qui conduit à la vie ?

Alors que nous venons d’entrer en Carême,  nous pouvons  décider  d’un moyen concret pour nous engager sur le chemin que nous a montré le Christ.

Nous pouvons faire nôtre cette prière :