Chemin de la paix

Nous commençons la troisième semaine de Carême.

En cette veille de l’Annonciation, retournons sur les pas de Marie, vers le sanctuaire marial de la colline de Sion en Lorraine.

Sur le chemin de ronde, nous attend un chemin de Croix…

Ce « Chemin de Croix  » a été réalisé en 1952 et rénové en 1970 par frère Willi Gunschmann, ancien prisonnier allemand devenu Oblat de Marie Immaculée et qui a désiré rester en France pour travailler à la réconciliation des peuples allemand et français. Signe concret du pardon réalisé, témoin de la fraternité avec d’autres européens avant l’heure, frère Willi a signé à Sion, les premières lignes vivantes d’un nouveau traité de Paix.

Ce parcours ne suit pas les 14 stations traditionnelles. Il invite plutôt à une méditation plus personnelle… Les symboles écrits dans le verre et le béton sont là pour nous y aider.

Je me dispose à accueillir ce temps de méditation.

Je m’installe à l’écart, fais silence en moi et me mets en marche sur le chemin proposé….

1.M’ouvrir à ce chemin La parole du psaume « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur  » ouvre ce chemin, celui de ma vie…à la suite du Christ…

Rester attentif.ve, éveillé.e…car ce que Dieu veut me dire en Jésus son Bien-aimé, ne peut s’entendre que si je reste le cœur ouvert. Le don de la vie du Fils ne se peut comprendre que si je suis réceptif.ve et accueillant.e.

2-Ton serviteur écoute Mains ouvertes en signe d’offrande, de disponibilité :  » Me voici Seigneur « .

Être prêt comme Samuel qui, à l’appel du Seigneur, répond : » Parle Seigneur, ton serviteur écoute… » Être prêt pour vivre et bâtir la paix, celle qui dure, celle que Dieu peut donner… Suis-je bien volontaire pour ce travail ?

3-Le poids du péché te courbe Une personne à genoux, doublée de son ombre et qui tourne le dos à la lumière… L’ombre de nos mauvais penchants qui nous courbent et nous empêchent de regarder plus loin, plus haut, dans la bonne direction……qui tordent et faussent toutes nos relations entre nous, entre pays et cultures différentes. Ces ombres pesantes qui ont fait trébucher Jésus, et qui obscurcissent notre propre chemin vers notre Père Aimant

4-Relève-toi quand même Au-dessus du soleil levant, symbole de la vie nouvelle à venir, nous lisons le OUI de l’espérance et de la confiance.

« Oui je me lèverai… » pour vivre et construire un monde de paix et de fraternité. Oui je crois que c’est possible, malgré tout ! Oui je sais que notre quête du bonheur n’est jamais finie… Oui je sais que pour Dieu, rien n’est jamais perdu !

5-Prends ta croix Une croix cassée, des débris de verre…pour nous rappeler que notre chemin vers la Paix de Dieu est rude.

La route vers la Paix (réconciliation et pardon), n’est pas dans les plaines paisibles mais sur les hauteurs caillouteuses, difficiles à atteindre. Nous savons bien que les mille chemins de la Paix ne sont pas aisés à tracer ! Nous savons bien que le « Suis-moi » de Jésus n’est pas une autoroute !

6-Mais tu es libre Deux triangles qui crachent le feu, tournés vers le bas (avions de chasse en piqué) qui sèment la violence, la ruine et la mort… Tous les bombardements d’hier et d’aujourd’hui, qui fauchent du haut du ciel pour une moisson de haine… Tout ça pour quoi ? « Tout est en toi »… le bon comme le pire !

En face de cette violence, la colombe de la Paix qui s’élève : les aspirations de tout homme, dont le cœur est habité de bonté et d’amour, qui ne demandent qu’à s’épanouir. Oui, c’est vrai, « tout est en toi », mais encore faut-il « choisir »…

7-De rêver ou de servir D ans notre recherche de la Paix, il nous arrive de nous décourager ou de nous endormir parce que ça tarde, parce que le changement des mentalités est trop long et trop lent, parce que nous nous lassons à cause de peu de résultats immédiats…Tel est le symbole de la couronne d’épines : Jésus porte toute souffrance et il ira, par amour, jusqu’au bout, sans reculer… Ce n’est pas le moment de lâcher, d’abandonner, de s’endormir !

Si lui démissionne, alors qui pourra tenir ? « Persévérance » n’est peut-être plus un mot à la mode, mais il reste tellement nécessaire dans notre marche vers la Paix !

8-Pour accomplir ta vie Trois mots seulement. Trois vérités de base indispensables pour rendre possible l’existence de toute communauté…

Pardon et Paix qui sont des manifestations concrètes de l’Amour… et réciproquement : l’Amour qui est à la racine du Pardon et de la Paix. Et pourtant…notre fierté mal comprise qui n’a pas l’audace d’accorder le pardon… certaines de nos communautés qui meurent parce qu’elles ne sont pas prêtes à pardonner… La Paix est enfouie au fond de nos cœurs ; il suffirait de si peu parfois pour la faire naître !

9-Sur les traces du Christ Comme des traces de pas… mais à côté des miennes, il y a celles de Jésus. Ensanglantées. Toute marche vers un monde de Paix ne peut se faire sans renoncements, sans concessions, sans compromis.

Mettre mes pas dans ceux du Seigneur Jésus, je sais où cela me conduit…mon bonheur n’est-ce pas de m’approcher de la Vie ? Mes pas chancelants vers entente et fraternité, sont-ils bien dans les traces des pas de Jésus ?

10-Un marteau, trois clous… C’est ici que nous ont conduit les traces de pas. La croix est là, signe de l’Amour jusqu’à la fin.

Et nous entendons ce reproche de Dieu par la bouche du prophète : »O mon peuple que j’aime, pourquoi ? » pourquoi m’avoir fait tant de mal ? pourquoi t’être détourné de moi ? pourquoi avoir gaspillé mon amour ? pourquoi avoir inventé ces millions de croix dont tu as chargé tes frères et sœurs en humanité ?

11- Tout vient de lui Le soleil, les étoiles, les montagnes, la terre et l’eau : le monde est donné en partage, mais il ne nous appartient pas. Nous ne pouvons en disposer n’importe comment ; nous n’en sommes que les gérants pour nos enfants et les futures générations.

Alors, qu’en avons-nous fait ?

« Je t’ai tout donné » dit le Seigneur, pour ton bonheur, pour celui des autres…

Que fais-tu avec tout ça ?

12-De l’abîme de son cœur Un cœur flamboyant, brûlant d’Amour. C’est ici que tout Homme se retrouve seul avec Dieu, face à face, cœur à cœur… »Dieu est Amour » et il n’est que cela.

C’est ce que Jésus a voulu nous montrer jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême. Ne l’avons-nous pas encore compris ? « Nous sommes enfants de Dieu, parce que Lui, nous a aimés le premier (St Jean) ». Celui qui m’a rendu la vie, m’invite et m’attend. C’est en son cœur grand ouvert, que je peux puiser la force d’aimer…

13-La mère des douleurs Avec son fils mort sur ses genoux…la mère juive et ses millions d’enfants torturés, balayés par la haine et la folie…

Certes la douleur de Marie est grande, mais tant et tant de mères ont souffert et souffrent autant qu’elle… Jérusalem n’est pas la capitale de la souffrance ! Sur les genoux de Marie, aujourd’hui : tous les crucifiés de notre monde…. « Femme, voici tes enfants ! »

14-Et maintenant, que feras-tu ? Avant de retourner chez nous, écoutons encore cette question : « Homme, qu’as-tu fait de lui ? »

Ce n’est pas une accusation, c’est une interpellation. Dieu n’accuse pas, mais nous réveille par sa Parole qui nous taraude. « Qu’as-tu fait de Lui ? » Lui, elle, c’est Jésus, c’est mon voisin, du village proche ou de l’autre côté de la frontière…Lui, c’est mon frère et ma sœur, c’est l’étranger qui vient pour la fraternité et la réconciliation… c’est celui qui a besoin de moi… Et maintenant, que feras-tu de l’Homme ?

Après ce temps de méditation, je confie ce qui m’habite au Seigneur et laisse monter ma prière, avec mes mots…

Prière pour la Paix…le pardon…pour que s’apaise la violence… pour tous ceux qui souffrent…pour un monde plus juste et plus fraternel…

Je termine par une prière d’Eglise :  Notre Père…

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit…

Prier avec tout son corps

Le corps a toute sa place dans la vie spirituelle. Alors que la philosophie grecque méprisait le corps, la tradition biblique respecte le corps. Dieu qui, après la Création de l’Homme, dit que « cela est très bon » a pris notre humanité et s’est incarné, conférant par là une profonde dignité au corps.

« Le Verbe s’est fait chair ».  (Jean, 1,14). Jésus, dans ses rencontres, a beaucoup pris soin du corps, rendant la vue ou l’ouïe, restaurant chez des infirmes la capacité à mouvoir leur corps, guérissant les lépreux de leurs plaies… Et si je priais avec tout mon corps ?

Je me dispose à la prière, en installant confortablement mon corps. Je peux, mentalement, parcourir mes différents membres, les différentes parties de mon corps, désireux de me rendre disponible au Seigneur. Je demande au Seigneur d’habiter pleinement mon corps pour entrer en relation avec le monde, les autres et Dieu. Et c’est sur mon corps, mon front, ma poitrine et chacune de mes épaules que je trace le signe de croix.

Je lis maintenant un extrait de l’épître de la première épître de Paul aux Corinthiens, où il contemple le corps.

Comme Paul, je prends le temps de m’émerveiller des possibilités que m’offrent mon corps, mes sens pour entrer en relation avec le monde, les autres et Dieu lui-même.

Je peux rendre grâce, et le faire à haute voix, pour mieux prendre conscience du don de la parole qui m’est donné. Un souffle intérieur qui vibre grâce aux cordes vocales, puis que mes lèvres émettent. « Seigneur ! ouvre mes lèvres, Et ma bouche publiera ta louange. » (Psaume 51,15)

Je m’arrête maintenant sur les diverses parties de mon corps évoquées par Paul

Le pied. J’exerce une légère pression sur la plante de mes pieds. Je perçois ainsi comment je suis relié à la terre. Je considère comment ils me permettent de tenir en équilibre, mais aussi de me déplacer pour découvrir le monde, aller à la rencontre. « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut. » (Isaïe, 52, 7). Vers qui, aujourd’hui, mes pas peuvent-ils me porter ?

La main. Ma main qui me permet de créer, de saisir, de toucher, d’entrer en contact en serrant la main, de donner…Je regarde, dans l’évangile, Jésus qui prend par la main pour relever. « S’étant approché, il la fit lever en lui prenant la main (…) » (Mc, 1,31). « Il la saisit par la main, et lui dit : Talitha koumi, ce qui signifie : Jeune fille, lève-toi, je te le dis. » (Mc, 5, 41). A quoi, aujourd’hui, puis-je employer mes mains ?

L’oreille. Je prends le temps d’écouter mon environnement. Tel bruit dans la maison, tel son extérieur. Je peux aussi écouter le silence. Je me mets, intérieurement, à l’écoute de la Parole.

L’œil. J’arrête mon regard sur ce qui m’entoure. Un lieu quotidien, sans doute, que je ne regarde plus, pris dans la routine. Et je regarde, aussi, intérieurement, celles et ceux qui me sont proches, des réalités du monde, peut-être plus lointaines. Je me rends attentif aux signes des temps. Revenant à la Parole, je mobilise mes yeux et mon oreille pour accueillir le Seigneur. « Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent ! Je vous le dis en vérité, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » (Matthieu, 13, 16-17). Sur quoi, sur qui, aujourd’hui, j’ai à faire porter mon regard et mon écoute ?

Dans la diversité de mes membres complémentaires, je n’ai, rappelle St Paul, qu’un seul corps. J’ai à travailler à son unité. Je peux considérer comment je m’unifie en considérant, à l’invitation du Pape François, dans sa dernière encyclique, mon cœur.

« Dans ce monde liquide, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur, d’indiquer le lieu où toute personne, quelle que soit sa catégorie et sa condition, fait sa synthèse ; là où l’être concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix. » (Dilexit nos n°9). Et moi, aujourd’hui, qu’est-ce qui m’unifie ?

Je termine ce temps de prière en m’adressant au Seigneur, lui présentant, ce qu’à travers les forces de mon corps, je peux aujourd’hui lui offrir, offrir à mes frères. Je peux aussi partager mes résistances à me donner, me rappelant que je peux faire partie d’un peuple « à la nuque raide. » (Ex, 33,5).

         Je dis le Notre Père.

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prier avec notre terre

Les grues ont repris le chemin du nord, les oiseaux célèbrent le lever du jour, un frémissement de vie traverse la nature… Voici venu le temps de se pencher sur la terre…

Je m’installe confortablement au gré de mes possibilités : vers une fenêtre qui ouvre sur le jardin…près d’une plante d’intérieur…ou je ferme les yeux et j’imagine un jardin, la campagne

Je respire lentement et profondément…je me rends disponible au Seigneur et lui demande la grâce d’être attentif.ve à sa Parole…

Je regarde l’image… des mains qui, telles une coupe, portent de la terre…

Geste simple, humble…geste de celui qui reçoit, mais aussi de celui qui donne…de celui qui travaille la terre…

J’écoute ce que dit le livre de la Genèse(Gn 1, 27-29) :

Je contemple cette terre, don précieux de Dieu…Elle est notre maison, et nous relie à notre Créateur qui l’a confiée à l’humanité toute entière…

Qu’est-ce que cela signifie pour moi aujourd’hui ? Quelle est ma « relation » avec cette terre, reçue de Dieu ? est-ce que je me sens responsable de sa sauvegarde ? est-ce que je m’en donne concrètement les moyens ?

La terre qui donne sa nourriture…fruit de la semence et du travail de l’Homme…

Que signifie pour moi « travailler la terre », donner du fruit, dans le contexte de ma vie quotidienne ? Dans mon jardin, dans mon foyer, dans ma profession, dans ma paroisse etc… en quoi je contribue à prendre soin de la Création… de mes frères et sœurs en humanité ?

En ce début de Carême, comment pourrais-je « fertiliser la terre de mon cœur » pour recevoir la Parole de Dieu et donner davantage de fruit ?

J’en parle au Seigneur, comme un ami avec son ami… et je l’écoute dans la confiance et l’espérance…

Je peux conclure ce temps de méditation avec cette « Prière pour notre terre » du Pape François qui conclut son encyclique « Laudato Si ».

Psaume 1

Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur

Je fais silence et me tourne vers le Seigneur. Je lui demande son aide pour tirer profit de ce temps d’écoute de la Parole.

Je lis lentement le psaume de ce jour.

Heureux est l’homme
qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
planté près d’un ruisseau,

qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

  • « Heureux ! » : le livre des psaumes s’ouvre avec cette béatitude :« Heureux l’homme qui se plait dans la loi du Seigneur »

Je m’arrête sur ces mots.

Est-ce que le Seigneur est, pour moi,  un Dieu qui veut le bonheur et la vie ? Sa Parole est-elle pour moi une parole de vie ?

Les paroles de ce psaume rejoignent-elles mon expérience ? Je fais mémoire de moments de bonheur et je regarde ce qui les as provoqués. Je fais mémoire des moments où je me suis senti en harmonie avec la loi du Seigneur ; qu’ai-je éprouvé alors ?

  • « Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau »

Le psalmiste compare cet homme à un arbre qui tire sa vitalité de l’eau qu’il reçoit. Grâce à cette source, il est bien vert et donne du fruit.

Je fais mémoire des personnes que je connais qui sont bien vivants et rayonnent sur leur entourage… de groupes ou d’associations qui portent du fruit. Quelle est la source de leur vitalité ?

Il est des moments où moi aussi j’ai donné le meilleur de moi-même… qu’est-ce qui m’animait alors ? En ai-je ressenti de la joie ?

  • « Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra ».

Ce psaume nous place devant  un choix. Prendrons-nous « le chemin des justes » ou « le chemin des méchants » ? Choisirons-nous ce qui conduit à la vie ?

Alors que nous venons d’entrer en Carême,  nous pouvons  décider  d’un moyen concret pour nous engager sur le chemin que nous a montré le Christ.

Nous pouvons faire nôtre cette prière :

Prier pour chercher à s’unifier

Michel Gérard, Sans titre. Musée St Roch, Issoudun

Je prends un temps où je décide de vivre un « cœur à cœur » avec le Seigneur. Je me mets à l’écart pour descendre en moi-même, habiter mon intériorité et ouvrir mon cœur au Seigneur. Je demande la grâce de pouvoir faire l’unité en moi. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je regarde

Je me mets face à cette œuvre « sans titre ».

Je m’arrête, d’abord, à mon impression première : suis-je indifférent ? suis-je intéressé ? suis-je agressé ? …

Je prends maintenant le temps de regarder cette création, dans son détail :

  • Un volume compartimenté par des plaques anguleuses. Certains compartiments sont vides.
  • La tête « éclatée » d’un être humain : boîte crânienne partagée ; œil, bouche et nez amputés…
  • Je peux chercher à recomposer cette figure dans son intégrité, mais me rends compte que ce n’est pas possible…Les « pièces du puzzle » ne s’assemblent pas…
  • Je repère, dans le coin gauche de la création un sablier, dont le contenu s’est entièrement écoulé dans le logement inférieur, comme si le temps avait fini de s’écouler.

J’interprète

Je considère maintenant le sens possible de cette création…Un être humain incapable de trouver son unité qui nous présente un visage fragmenté, un être humain qui voit le temps s’écouler sans pouvoir donner cohérence et sens à sa vie. Dans son encyclique Dilexit nos, le pape François évoque « l’histoire personnelle, qui semble fragmentée en mille morceaux. ».

Parabole pour notre temps, où l’accélération continue fait, parfois ou souvent, de la vie une succession d’instants sans lien. « L’homme contemporain est souvent perturbé, divisé, presque privé d’un principe intérieur qui crée l’unité et l’harmonie de son être et de son agir. » (Dilexit nos, n°9)
 

Je lis quelques phrases du pape François

Je relis maintenant quelques phrases de la récente encyclique du Pape François, qui rappelle que le cœur est le lieu unificateur de la personne. Le cœur, et non la tête, comme dans l’oeuvre que nous venons d’examiner…

A mon tour, je considère ma vie

Je prends conscience des différentes facettes de ma vie : vie personnelle, familiale, associative, ecclésiale, sociale…Ces différentes facettes sont-elles des « compartiments étanches », ou sont-elles unifiées ?

Si j’en ai le temps, je peux regarder le fil de la vie que j’ai menée jusqu’à aujourd’hui. Est-ce que je perçois des ruptures ? est-ce ce que je perçois une continuité ? Est-ce que je perçois une progression ?

Et je me tourne vers le Seigneur dans un cœur à cœur, lui demandant de m’aider à faire l’unité en moi

Je peux redire quelques versets du psaume de ce dimanche qui nous invite à vivre l’unité de notre être en habitant la maison du Seigneur.

Et je termine…

Avec le pape François, qui nous présente Marie comme celle qui vit l’unification intérieure (« Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur »), je prie Marie d’intercéder pour ma recherche d’unification. « Je vous salue Marie… »

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Prière d’intercession

Kuzma Petrov-Vodkin (1878-1939)
 Huile sur toile intitulée : Madone de la compassion qui touche les cœurs des plus mauvais (1914-1915)
Musée  russe de St Pétersbourg

Je me place devant cette icône orthodoxe de la Mère de Dieu et me dispose à la prière. Je respire profondément et fais silence en moi ; je marque le début de ma prière par un signe de croix.

Dans le silence du cœur, je laisse venir les personnes qui me sont proches.  Je les nomme  et prends le temps d’évoquer qui elles sont  pour moi et ce que je souhaite pour qu’elles grandissent et aient une vie en plénitude. Je les confie à Dieu par l’intercession de Marie.

J’évoque ensuite les personnes de mon entourage qui sont en souffrance et qui ont besoin du secours de ma prière. Toutes celles qui ploient sous le poids du fardeau, de la solitude, de la maladie, des séparations, des échecs

Peu à peu j’élargis mon regard et confie les hommes et les femmes victimes, de la guerre, de la faim, de la misère, des injustices…  Je les confie à Marie pour qu’elle les donne à son fils et qu’il les soutienne dans l’épreuve.

Je considère le contexte international et les pays en guerre. Je prie pour la paix  et pour la conversion de ceux qui entretiennent ces conflits. Je prie pour les responsables politiques pour qu’ils travaillent à casser les spirales de la haine et de la vengeance.

J’évoque les personnes de mon entourage qui me sont hostiles ou que je n’aime pas. Je ne nie pas le mal qu’elles m’ont fait mais je les confie à l’intercession de Marie pour que leur comportement change.

Je prie enfin pour ma propre conversion. L’injonction de Jésus  « Aimez vos ennemis » est au-dessus de nos forces. Je confie à Marie mon désir  et ma difficulté à être artisan de paix, ambassadeur de la miséricorde et du pardon.

Je termine ma prière en écoutant la prière de st François.

Psaume 101

Du ciel, le Seigneur regarde la terre. 

La liturgie de ce jour nous propose quelques versets du psaume 101, présenté dans la Bible comme « la prière du malheureux qui défaille et devant le Seigneur répand sa plainte. » L’extrait que nous prions aujourd’hui est la seconde partie du psaume. Après avoir exprimé la détresse de sa condition présence, le psalmiste partage son Espérance dans le retour du Seigneur répondant à sa prière. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Je décide de prendre un temps pour rencontrer le Seigneur. Je sais, je crois qu’il m’attend. Je me dispose à cet échange, en me rendant présent à sa Présence.

Je demande la grâce de croire, sans cesse, que le seigneur est attentif à ma prière.

Je lis le psaume, lentement, m’arrêtant sur le verset, l’expression qui, aujourd’hui, me rejoint.

« Il se tournera vers la prière du spolié. » / « Le Seigneur s’est penché » / « Il regarde la terre pour entendre la plainte du captif ». Je contemple cette attention du Seigneur, qui, dans sa transcendance divine, me rejoint, dans mon humble condition.

« Le Seigneur rebâtira Sion. » / « le peuple à nouveau créé. » / « devant toi se maintiendra leur descendance. ». Croyant en Dieu créateur, je crois aussi que Dieu restaure, recrée chaque jour. Nous ne faisons pas seulement mémoire de la création originelle. Nous contemplons, chaque jour, une création renouvelée.

« Les nations. » / « Le peuple à nouveau recréé » / « Le rassemblement des royaumes et des peuples. ». Le Seigneur ne rejoint pas seulement chacun, personnellement, dans sa détresse, il restaure la paix, la concorde et la fraternité. Dans notre monde si déchiré, je m’efforce de partager l’espérance du psalmiste.

Cette seconde partie du psaume est un chant de louange. A mon tour, je m’adresse au Seigneur. Je Lui partage, comme le psalmiste, mes difficultés de ce jour, puis, relis les versets du psaume proposés ce jour, pour m’associer à la louange.

         Je peux aussi écouter le psaume, dans sa totalité.

En disant le Notre Père, je dis au Seigneur mon Espérance. « Que ton règne vienne… »

         Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

L’Evangile avec Sainte Bernadette

Nous sommes aujourd’hui à la veille de la fête de Sainte Bernadette Soubirous célébrée le 18 février. Née à Lourdes en 1844 dans une famille très pauvre, elle est privilégiée à l’âge de 14 ans de 18 apparitions de la Vierge Marie, à l’origine du pèlerinage à Lourdes.

Devenue Sœur de la Charité, à Nevers, elle y meurt le 16 avril 1879, à l’âge de 35 ans. L’Église l’a proclamée sainte le 8 décembre 1933, non pour avoir été favorisée des apparitions, mais pour la manière dont elle y a répondu.

Le chemin de Bernadette est un chemin évangélique. Dans sa vie simple et ordinaire à Nevers, elle apprend à mettre ses pas dans ceux de Jésus. Avec elle, mettons-nous à l’écoute de la Parole de Dieu, Parole pour nous aujourd’hui.

Je me dispose à la prière en faisant silence en moi et je me place avec confiance sous le regard aimant du Seigneur.

Je lui demande, qu’à l’exemple de Bernadette, il me donne la grâce de marcher humblement à la suite de Jésus et d’entrer toujours davantage dans la joie des béatitudes.

« Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » Lc 11, 28

Bernadette n’aime pas les grands discours. Elle est une femme de petits gestes bien concrets qui nous parlent de l’Évangile

Et moi, de quels moyens concrets je dispose dans ma vie pour mettre en pratique la Parole de Dieu ?

« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux. » Mt 5, 3

Bernadette ne souhaite pas attirer le regard. Elle est une femme au regard attentif : à travers la contemplation de Jésus, elle centre toujours davantage son regard sur la vie, les autres, le monde.

Et moi, ai-je le désir d’entrer dans une perspective autre de la vie, plus profonde, plus joyeuse, plus humaine et proche des autres ? Si oui, que puis-je mettre en œuvre pour y parvenir ?

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » Mt 5, 9

Bernadette ne garde rien pour elle. Elle est une femme aux bras ouverts : à travers Marie, elle a découvert un Dieu Père, passionné de donner la vie à chacun de nous . A son tour, elle ouvre généreusement les bras aux autres et apprend de Jésus à accueillir toutes les situations de la vie avec confiance.

Et moi, ai-je conscience de nous recevoir les uns les autres comme enfants aimés du Père et ai-je à cœur de partager cet amour avec celles et ceux qui m’ entourent ?

A la fin de ce temps de prière, je rassemble mes pensées et je m’adresse au Seigneur. Je peux lui rendre grâce pour le témoignage d’humilité et de foi simple et profonde de Bernadette.

Je termine en récitant la prière du Je vous salue Marie.

Aquero, extrait de la comédie musicale Bernadette de Lourdes   

Psaume 127

Ce psaume 127 fait partie des 15  »psaumes graduels », qui étaient chantés en marchant vers Jérusalem, pour les 3 grandes fêtes, Pâques, Pentecôte et Tentes (Souccot).

Je prends un temps à l’écart et m’installe confortablement. Je fais silence en moi et, en communion avec mes frères et sœurs juifs et chrétiens, je me rends disponible pour me mettre à l’écoute du Seigneur…

Je peux lui faire part de mon désir pour ce temps de prière…

Je lis et relis le psaume en étant attentif.ve aux images suggérées, aux mots, en les accueillant… Quels sont ceux qui me touchent, qui me rejoignent dans ce que je vis ? A quoi m’invitent-ils ?

« Heureux »

Sur les six versets, on trouve deux fois le mot « heureux », deux fois « bonheur » et deux fois « béni ».

Dieu veut notre bonheur…

Je fais mémoire de moments heureux… Dans ma vie, qu’est-ce qui est source de joie ? De quoi puis-je rendre grâce ?

Bonheur simple, promis à celui qui « marche selon ses voies »

Mais est-ce si aisé de suivre les voies de Dieu ? de lui être fidèle ? de lui faire confiance ?

Qu’en est-il pour moi ? Suis-je en route, avançant à sa suite sur des chemins de vie ? Quelles sont mes résistances ? Quelle aide puis-je demander au Seigneur ?

Image paisible du bonheur : profiter du fruit de son travail, entouré.e d’une famille féconde…

Et pour moi ? Quels sont mes choix de vie ? Mes engagements ? Est-ce que je les confie au Seigneur ? Sont-ils porteurs de fruit (« vigne généreuse… plants d’olivier ») ?

A la fin de ce temps de prière, je recueille ce qui monte en moi (action de grâce, demande, questionnement…) et en parle à Jésus, comme un ami parle à son ami…

Puis je relis le psaume et demande au Seigneur ce dont j’ai le plus besoin en m’adressant au Père : Notre Père…

Méditons la pèche miraculeuse

Nous prenons le temps de méditer l’évangile entendu à la messe de ce dimanche. Je me dispose à prendre un temps avec le Seigneur. Je fais silence en moi, détendant chacun de mes membres. Je me mets à l’écoute de ma respiration. Je demande la grâce de percevoir que Jésus monte dans ma barque, au cœur de ma vie de tous les jours. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

J’accueille cet évangile, rejoignant les futurs disciples dans leur quotidien. J’associe à ma méditation tous ces peuples, qui, aujourd’hui encore, vivent de la pèche, profitant de l’abondance de la création.

 Je compose la scène : le cadre, les personnages, leurs mouvements, les paroles échangées.

Je me rends attentif à l’échange de quelques paroles.

…Une phrase que d’autres traductions restituent par « avance en profondeur ». J’entends cette double invitation de Jésus.

« Au large ». Oser m’aventurer au-delà de mon espace habituel. Oser la rencontre de l’inattendu. Je considère mon espace habituel, la tentation d’y rester confortablement installé, ou mon désir d’en sortir, de prendre, peut-être, un risque.

« En profondeur ». Une invitation à creuser mon propre désir, à explorer ce qui m’habite intérieurement. Je médite sur mon goût / mes craintes d’écouter les appels intérieurs, qui peuvent être rencontre du Christ

Je médite sur la confiance de Pierre. Selon son expertise professionnelle, toute nouvelle pèche est vaine. Pourtant l’appel de Jésus le pousse à défier ce qui paraît raisonnable.

Et moi, devant une situation, ne fais-je confiance qu’à ma raison, à ma prudence, ou suis-je prêt à risquer au-delà du rationnel ?

Je me tiens devant la pédagogie de Jésus. Il reconnaît la compétence de ces artisans pécheurs. Il les appelle à s’appuyer sur ces compétences et à rester pécheurs.

Mais son appel leur ouvre de nouveaux possibles. Ces pécheurs ce poissons sont invités à se faire pécheurs d’hommes. Occasion, pour moi, de m’arrêter sur mes propres compétences, et de me demander comment je peux les mettre au service de l’Église.

Je relis le texte, en me rendant attentif aux déplacements de ces hommes rencontrés et appelés par Jésus. « Laissant tout, ils le suivirent. »

Je prends maintenant un temps de dialogue intime avec Jésus, monté, à mes côtés, dans ma barque. Je lui parle de ma confiance en sa Parole. Je lui demande, pour cette semaine, d’être attentif à ses appels.

Je termine en disant le Notre Père.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.