
Aujourd’hui, nous prenons cette aquarelle d’Alfred Manessier comme support de notre prière.
Nous commençons par nous mettre en présence du Seigneur et nous lui demandons son Esprit saint pour qu’il nous éclaire et nous fasse entrer dans le mystère de Pâques.
- Nous regardons l’œuvre pour elle-même
Les couleurs, les formes, la composition, la lumière…
C’est une ville en hauteur qui est représentée ici : Ghardaïa en Algérie. Non pas comme on peut la voir de jour, dans un paysage aux teintes ocres ; ici elle est toute blanche et bleue. Sur un fond bleu foncé, c’est un enchevêtrement de maisons toutes blanches avec leurs nombreuses ouvertures sombres qui donne l’impression d’une ville lumineuse ;
la nuit est venue mais c’est comme si les murs, gorgés de soleil, continuaient de refléter leur blancheur. Les habitations s’étagent jusqu’au sommet où des tours dominent l’ensemble, formant comme un phare dans la nuit.
La nuit n’est pas sombre ; il y a des points lumineux dans le ciel et dans la cité, quelques halos de lumière jaune leur répondent.
« La ténèbre n’est point ténèbre devant toi ; la nuit comme le jour est lumière »Je reprends ce refrain de Taizé
- Nous méditons devant cette aquarelle lumineuse.
En quoi cette représentation peut-elle me parler de Jésus-Christ ? Quelle parole biblique me vient en regardant cette œuvre ? Comment cela peut rejoindre ma propre vie ? Chacun a sa propre réponse
Dans ce temps pascal, nous pouvons évoquer le cœur de la foi chrétienne : au cœur des ténèbres a jailli la lumière ; après les ténèbres de la Passion, a surgi la lumière de la Résurrection. Alleluia !
Christ est venu partager notre humanité jusque dans la souffrance, pour la traverser par amour ; alors la vie a été plus forte que la mort ! Alleluia !
« Je suis la lumière du monde. Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura la lumière qui conduit à la vie. » Jean 8,12
Notre vie humaine, avec son lot de difficultés, n’est-elle pas comme transfigurée, par la présence bienfaisante du Christ à nos côtés ? Et par les petits gestes d’amour de ceux qui se font proches et qui viennent comme éclairer notre nuit ?
Je fais mémoire de ce qui est pour moi présence du Christ.
- Je parle au Seigneur de ce qu’a fait naître en moi cette contemplation ?
Une action de grâces pour une lumière reçue ?… pour la joie de Pâques ?… pour les petits gestes qui rendent la vie plus lumineuse?… Une louange pour le Christ Jésus …
Je termine ma prière en reprenant le début de l’Exultet chanté à l’entrée de la veillée pascale :
Exultez, célébrez les mystères divins !
Résonne, trompette du salut,
pour la victoire d’un si grand Roi !
Que la terre, elle aussi, soit heureuse,
irradiée de tant de feux :
illuminée de la splendeur du Roi éternel,
qu’elle voie s’en aller l’obscurité
qui recouvrait le monde entier !
Réjouis-toi, Église notre mère,
parée d’une lumière si éclatante !
Que retentisse dans ce lieu saint
l’acclamation de tous les peuples !