Quant à Jésus, il s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
La liturgie de ce lundi nous propose le texte que nous connaissons bien, de la « femme adultère », un récit propre à St Jean. Efforçons-nous de nous réapproprier ce texte, de l’intériorise comme si nous le lisions pour la première fois.
Après avoir choisi un lieu favorable pour un temps de prière, je me dispose à la rencontre avec le Seigneur. Je fais silence, cherche la paix intérieure et dis au Seigneur
mon désir de me mettre à son écoute, sachant qu’il est présent, en premier, Lui, pour entendre ma prière. Je demande la grâce de me savoir pécheur réconcilié.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis l’évangile, en étant attentif au cadre, aux personnages, aux mouvements des uns et des autres, aux paroles de chacun.
J’imagine le cadre solennel du Temple, l’ampleur de l’espace, les piliers dressés vers les hauteurs…Puis je vois Jésus, humblement assis, entouré d’une foule désireuse de goûter ses paroles.

J’imagine alors l’irruption des scribes et des pharisiens, bousculant sans doute la foule, pour exhiber la victime qu’ils dénoncent, une victime anonyme, dont ils parlent à la troisième personne, « une femme » qu’on ne caractérise que par son péché. Le péché d’adultère qui, pour eux, ne peut que susciter le mépris pour « ces femmes-là ».
Je m’arrête sur leur attitude et m’interroge sur mes propres postures. M’arrive-t-il de juger abruptement, de proférer des paroles péremptoires, d’enfermer sous une étiquette, de critiquer de façon sévère… ? Le pape Léon XIV, dans son message de carême, nous invite à cette forme de jeûne : « Je voudrais donc vous inviter à
une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse ». Je considère cela.
Je considère cela.

Je suis maintenant sensible au mouvement des personnages dans l’espace du Temple. Je perçois, au début de la scène, l’agressivité des scribes et des pharisiens qui entourent la femme, qui l’oppriment, rêvent peut-être déjà de l’écraser…
Et je vois Jésus les interpeler sur leur propre péché, ce qui les entraîne à quitter le Temple. « Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un. (…) » Ainsi Jésus desserre-t-il l’étau qui entourait la femme, réouvre-t-il l’espace, pour offrir un nouveau chemin de vie et de liberté.
Et moi, comment perçois-je Jésus comme un libérateur ? Est-ce que vis, dans la prière, des temps de libération ?

Ce récit met en scène l’écriture et la parole…Les scribes et les pharisiens font appel à la Loi écrite, qu’ils perçoivent ici comme un ensemble de règles à observer…Jésus lui-aussi écrit, trace des signes sur le sol, sans doute dans la poussière qui recouvre les dalles du Temple. Des signes dont nous ne savons rien, qui disparaîtront au premier souffle de vent…
Jésus en effet ne veut pas figer les choses dans un texte au sens définitif (Pilate dit : « ce que j’ai écrit, je l’ai écrit », JN, 19,22)…Il va entrer en relation avec cette femme, par la parole…Ne cherchant plus à contraindre, il va rejoindre par le dialogue…Se défiant d’un texte qui pourrait enfermer, il prend la parole pour ouvrir un nouveau possible…Là où les scribes et les pharisiens menaçaient de mort, Jésus ouvre au mouvement, à une vie nouvelle : « Va, et désormais ne pèche plus. ».
Je fais mémoire de paroles qui m’ont redonné énergie et dynamisme. Je fais mémoire de Paroles de l’Écriture qui m’ouvrent un chemin de vie.
Je relis le texte.
Après avoir contemplé le dialogue de Jésus et de la femme, je m’adresse au Seigneur, comme un ami parle à un ami…Je peux lui présenter mon péché, le pardon désiré, le pardon reçu, le pardon donné, le pardon difficile à donner…
Je termine en disant « Notre Père…
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.