St Jean 4, 28-30

«La femme laissa donc sa jarre, s’en alla dans la ville et dit aux gens : Venez voir ! Il y a là un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Serait-ce le Christ ? Ils sortirent de la ville pour venir à lui. »
« Venez voir ! »
Le texte ne dit pas : « écoutez-moi ». L’attention est moins dirigée sur elle que sur son sauveur. Elle n’impose pas sa découverte, elle invite les gens de sa ville à se faire une opinion personnelle.
« Un homme »
Que ce serait-il passé, si elle avait dit : un Juif ? Sa présentation neutre, n’est-elle pas respect des siens ? Ne facilite-t-elle pas l’abandon des a priori, le bannissement des barrières culturelles, religieuses, nationales, raciales ?
.
« Il m’a dit tout ce que j’ai fait ».
Cette phrase laisse supposer que ce qu’elle avait fait, ou faisait, était connu… Une telle situation en Israël était passible de lapidation. De toutes façons, elle était prête à courir le risque tellement son bonheur était intense. Quelle transformation ! Tout à l’heure, vers midi, elle venait à ce puits, espérant ne rencontrer personne, et maintenant, c’est elle qui va vers les siens. Cette attitude n’est-elle pas la démonstration de la vraie conversion ?
« Serait-ce le Christ ? »
litt. « Celui-ci est-il peut-être le Christ ? ». Elle n’impose pas sa découverte, elle favorise celle des autres… N’est-ce pas là le vrai témoignage, la meilleure évangélisation ? Le vrai partage de spiritualité ? En restant dans le questionnement on n’agresse jamais.
« Ils sortirent de la ville pour venir à lui. »
Est-ce que l’empressement de la Samaritaine a été communicatif ? L’envie et la curiosité sont trop fortes. Ne faut-il pas sortir de son périmètre de confinement, sortir de soi-même, pour aller vers un ailleurs, vers le Christ et lui seul, sans intermédiaire de préférence ? Osons sortir et rendons-nous compte par nous-mêmes de l’importance de rencontrer Christ personnellement
Après cette méditation prenons le temps de contempler cette peinture.