
Bien tard je t’ai aimée
"Bien tard, je t'ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle, bien tard, je t'ai aimée. Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors, et c'est là que je te cherchais, et sur la grâce de ces choses que tu as faites, pauvre disgracié, je me ruais ! Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi ; elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant, si elles n'existaient pas en toi, n'existeraient pas ! Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ; j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ; tu m'as touché et je brûle pour ta paix" (Saint Augustin, Confessions X, 27,38)
Je me mets en présence du Seigneur et lui demande la grâce de l’aimer davantage.
Je lis lentement ce passage qu’a écrit saint Augustin, pour parler de son expérience à la recherche de Dieu. Qu’est-ce qui rejoint ma propre expérience ?
Je relis pas à pas ce texte
« Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors »… « Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ; »
Souvent nous nous lamentons de l’absence de Dieu, de son silence. Et si c’était nous qui n’étions pas attentifs à Sa présence? Et si c’était nous qui vivions à la superficie des choses, qui nous nous laissions distraire, qui ne prenions pas le temps de l’écoute de Celui qui nous connait plus que nous-mêmes ?
Je fais mémoire des moments privilégiés où j’ai fait l’expérience de la proximité de Dieu. Je regarde aussi mes journées : qu’en est-il de ma vie intérieure ? Quelle place je donne à l’écoute de la Parole de Dieu ? A la prière ?
« sur la grâce des choses que tu as faites, je me ruais »… « elles me retenaient loin de toi, ces choses »
Les choses créées sont bonnes mais quelque fois nous nous y attachons tellement que nous les considérons comme un dû et en oublions le donateur.
A la suite de saint Augustin, je peux me demander ce qui n’est pas à sa place dans ma vie. Ce à quoi j’attache trop d’importance ? Ce qui n’est pas au service de ma relation à Dieu mais qui au contraire me détourne de Lui ?

« Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ; j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ; tu m’as touché et je brûle pour ta paix »»
Je regarde les mots employés par saint Augustin pour dire comment Dieu l’a rejoint ; c’est le langage des sens ; les 5 sens, l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût et le toucher sont évoqués. Je regarde ce que cet éveil des sens intérieurs a produit chez lui.
Ai-je moi-même vécu des moments où le Seigneur m’a touché, où mon cœur est devenu tout brûlant ? Quel élan, cela a suscité en moi ?
Je parle au Seigneur et le prie : une action de grâce pour sa présence ? Un pardon pour tout ce qui m’éloigne de Lui ? Une demande pour l’aimer davantage en réponse à son amour?
Je termine ce temps en reprenant le refrain de Taizé : « Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais »