« Paysan de Dieu » de Frère François CASSINGENA-TREVEDY
Abbaye St Martin de Ligugé
François s’est retiré au cœur de l’Auvergne après des décennies de vie monacale en abbaye bénédictine de Ligugé. A la suite de Madeleine Delbrel des années 1930, frère François nous révèle aujourd’hui son intime conviction, qu’il y a équivalence entre le temps ordinaire des tâches les plus humbles et le temps liturgique qui élève l’âme par ses rites et ses chants.
Ci-joint, quelques lignes glanées au fil des ma lecture
Je me dispose à la prière, cherchant un endroit frais, favorable au repos dans le Seigneur. Je fais silence en moi pour rejoindre la parole du psalmiste, proclamée aujourd’hui dans l’Église universelle. Je demande la grâce de la louange et de l’action ce grâce.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, lentement et je m’arrête sur le verset, l’expression qui me rejoint le plus, aujourd’hui.
Rendez grâce au Seigneur : il est bon !
Rendez grâce au Seigneur : il est bon ! Éternel est son amour ! Qui dira les hauts faits du Seigneur, qui célébrera ses louanges ?
Heureux qui pratique la justice, qui observe le droit en tout temps ! Souviens-toi de moi, Seigneur, dans ta bienveillance pour ton peuple.
Toi qui le sauves, visite-moi : que je voie le bonheur de tes élus ; que j’aie part à la joie de ton peuple, à la fierté de ton héritage.
Le Psaume commence en faisant appel à une communauté, présente par le « vous » (« Rendez-grâce »), ou par des formulations générales. (« Qui dira… » ; « Heureux qui… »). Nous prenons conscience que notre prière personnelle s’inscrit toujours dans la prière du peuple des croyants.
. Je considère cette unité, cette fraternité dans la prière qui rassemble les communautés, proches et lointaines. Je considère mon appartenance au Peuple de Dieu, par-delà le temps et l’espace.
Puis le psalmiste prend la parole en son nom propre, formule des demandes. (« Souviens-toi de moi » ; « visite-moi » ; « que je voie » ; « que j’ai part »). J’examine, comment, au sein d’une multitude, j’ai une relation personnelle au Seigneur.
Je m’arrête à la foi du psalmiste, sûr de la bienveillance du Seigneur qui appelle au bonheur et veut notre joie.
Quels mouvements ces termes provoquent-ils en moi ? Au creux de la démarche jubilaire qui nous invite à nous faire pèlerins d’Espérance, éprouvons-nous une « espérance qui ne déçoit pas » et en témoignons-nous ?
Je relis le psaume, en intériorisant la louange du psalmiste et ses demandes.
Je prends maintenant le temps d’un colloque avec le Seigneur. Je lui présente ce qui fait, aujourd’hui, mon bonheur et ma joie, ou, peut-être, ce qui m’éloigne de ce bonheur et de cette joie.
Je lui confie ceux qui, dans mon entourage, connaissent des épreuves. Je prie aussi aux intentions du monde où la folie des hommes éloigne les perspectives de bonheur.
Je termine en disant Notre Père. Au nom du Père, du Fils ou du Saint Esprit.
Vendredi 27 juin, nous célébrerons la solennité du Sacré Cœur de Jésus
La tradition du « Sacré Cœur » trouve son origine avec l’apôtre saint Jean, qui a vu le cœur transpercé de Jésus sur la croix : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »
Elle a pris davantage d’ampleur avec sainte Marguerite-Marie Alacoque et le jésuite Saint Claude La Colombière, à Paray-le-Monial à partir de 1673. Marguerite-Marie écrit à ce propos : « Jésus me fit voir qu’il fallait honorer le cœur de Dieu sous la figure de ce cœur de chair, dont il voulait l’image être exposée. »
Au début de ce temps de prière, tournons-nous vers Jésus, vrai homme et vrai Dieu, pour connaître son cœur à jamais ouvert sur le monde, pour l’aimer et le suivre davantage.
« Je suis doux et humble de cœur. » ( Mt 11,29)
Jésus parle ouvertement de son cœur, doux et humble, quand il dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Jésus a un cœur qui aime jusqu’au bout : il a pitié, pardonne et soulage. Il exulte de joie, prie et mange avec des exclus. Il annonce un royaume d’amour, de paix et de joie pour tous. Son cœur guérit les blessures, remet debout.
Un instant, je contemple la manière de faire du Seigneur et lui demande la grâce d’adoucir mon cœur et de m’apprendre à aimer comme lui.
Puis, je peux répéter lentement :
Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien. Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.
« Comme un berger, il porte ses agneaux sur son cœur » (Prophète Is 40,10)
L’image du berger parcourt toute la Bible pour parler du cœur de Dieu : le Seigneur conduit son Peuple et prend soin de lui. Il guide, rassure, mène vers les eaux tranquilles et fait revivre. Jésus se présente comme le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.
Un instant je contemple Jésus, le vrai berger. Je l’écoute m’appeler par mon nom. Je le regarde prendre soin des plus faibles au travers de mes frères et sœurs en humanité.
Puis, je peux répéter lentement :
Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien. Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.
« Heureux les pauvres de coeur, le Royaume des cieux est à eux. » ( Mt 5,3)
Au cours d’un de ses enseignement à ses disciples, Jésus leur apprend à vivre selon cette béatitude. Il les invite à donner du goût aux choses de la terre, à aimer les ennemis, à prier Dieu qu’il appelle « père », à choisir la bienveillance avec chacun. Jésus nous appelle à avoir un cœur large et généreux.
Lentement je redis cette béatitude, ce chemin de bonheur que me propose Jésus : ‘Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux’. Qu’est ce qui me détourne de cette pauvreté qui donne la vie ? Quel est mon vrai trésor, celui qui me conduit vers la vraie joie ?
Puis je peux répéter lentement :
Jésus, doux et humble de cœur, rends mon cœur semblable au tien Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi et je t’aime.
Pour terminer ce temps de prière, je rassemble mes pensées et je m’adresse à Jésus, comme un ami parle à son ami. Je lui demande de faire grandir en moi un attachement à son cœur, à sa manière de parler, de regarder, de vivre et de prendre soin de mon prochain.
Prière de Saint Claude La Colombière
Jésus, tu es le seul et le véritable Ami. Tu prends part à mes maux, tu t’en charges, tu as le secret de me les tourner en bien. Je te trouve toujours et en tout lieu ; tu ne t’éloignes jamais. Tu m’écoutes avec bonté lorsque je te raconte mes découragements et tu ne manques jamais de les adoucir. Tu ne t’ennuies jamais de m’entendre. Tu supportes mes défauts avec une patience admirable. Ô Jésus, accorde-moi de vouloir revenir vers toi afin que je sois tout à toi, pour le temps et pour l’éternité.
Illustration logarithmique de l’univers observable Paolo Carlos Budassi
Je me mets à l’écart pour être à l’écoute du Seigneur.
Je lis une première fois puis relis le psaume du jour.
Quels mots ont du goût pour moi ? Je m’y arrête.
De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur dans l’assemblée, parmi les justes. Grandes sont les œuvres du Seigneur ; tous ceux qui les aiment s’en instruisent.
Noblesse et beauté dans ses actions : à jamais se maintiendra sa justice. De ses merveilles il a laissé un mémorial; le Seigneur est tendresse et pitié.
Il a donné des vivres à ses fidèles, gardant toujours mémoire de son alliance. Il a montré sa force à son peuple, lui donnant le domaine des nations.
Justesse et sûreté, les œuvres de ses mains, sécurité, toutes ses lois, établies pour toujours et à jamais,
accomplies avec droiture et sûreté ! Il apporte la délivrance à son peuple ; son alliance est promulguée pour toujours : saint et redoutable est son nom.
La sagesse commence avec la crainte du Seigneur. Qui accomplit sa volonté en est éclairé. A jamais se maintiendra sa louange.
Murillo 1617-1682 – Séville
« De tout cœur nous te rendons grâce, ô notre Père, pour l’œuvre que tu accomplis dans le Christ : il est ta Parole qui a créé le monde, le Fils bien-aimé qui nous délivre, le pain rompu pour l’Alliance éternelle. » (oraison)
Je contemple Jésus, le Juste par excellence, et ses œuvres, telles qu’elles sont rapportées dans l’Evangile. Je fais mémoire de ses gestes de tendresse, de compassion, de salut. Quelle action retient particulièrement mon attention ?
J’en rends grâce et loue le Seigneur pour cela.
« Donne-nous assez d’amour et de sagesse pour comprendre tes signes en ce temps et faire mémoire de tes merveilles, en disant avec ceux qui maintiennent ta louange : Dieu de tendresse et de pitié, Dieu de droiture et de sûreté, Saint ! Redoutable est ton nom ! » (oraison)
Je regarde ce qui fait ma vie et la vie des femmes et des hommes autour de moi. Qu’est-ce que je vois qui me porte à l’action de grâces et la louange ? Qu’est-ce qui me parle de la présence de Dieu et de son action dans le monde d’aujourd’hui ?
J’en rends grâces. Avec quels mots, pourrais-je rendre gloire au Seigneur ?
Je termine ma prière en écoutant le chant : « Ad majorem Dei gloriam » : Pour la plus grande gloire de Dieu !
Le palais Jacques Cœur de Bourges propose actuellement une exposition de la sculptrice Fanny Ferré. ( jusqu’au 5 octobre). Nous nous arrêtons sur la scène présentée dans la cour du palais, évoquant le départ de migrants.
Je me dispose à un moment de prière. Je me retire pour un moment de silence, désireux de me tourner vers le Seigneur. « Seigneur, me voici ». Je demande la grâce de l’attention à l’autre. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je contemple d’abord, calmement, l’œuvre, attentif aux personnages, à leur expression. Détermination. Épuisement. Intériorisation. Regard tourné vers les cieux. Crainte. Expression de révolte.
Je m’arrête aussi sur les vestiges d’une vie passée, les poteries, la vannerie, les animaux domestiques : cheval, cochon, volaille, chien…Traces d’une vie rurale que les personnages quittent.
Je considère maintenant le cadre dans lequel l’œuvre est exposée : le palais Jacques Cœur. La stabilité d’un monument qui a traversé les siècles, face au mouvement erratique de la migration. La solidité de la pierre qui se fait l’écrin d’une œuvre fragile de poterie. Une maison, où une famille était installée. Le linteau d’une des portes représente la vie domestique, près d’une cheminée, d’un foyer…
Et le hasard de la programmation fait que l’exposition a lieu en même temps que des travaux. Les barrières dd chantier ne peuvent pas ne pas évoquer tant de barrières, de murs construits pour arrêter les mouvements de migration.
Dans un premier temps, je fais mémoire des déplacements que j’ai pu connaître, dans ma propre vie, ou qu’ont pu connaître mes ascendants. Même si je n’ai pas vécu, à proprement parler, une « migration », j’ai sans doute expérimenté un départ, la nécessité de m’adapter à un nouvel environnement…
A quels abandons cela m’a-t-il conduit ? Quels mouvements m’ont-ils alors traversé ? Quelles perspectives nouvelles ont-elles pu s’ouvrir ?
Dans un second temps, je prends la mesure des phénomènes migratoires contemporains, que les raisons en soient économiques, politiques ou climatiques.
Que puis-je dire de mes réactions ? Ma compassion, mes craintes, mes éventuels engagements ?
Dans un troisième temps, je considère les Écritures. Je me souviens ce cette prière juive, dans le Deutéronome. « Mon père était un araméen errant qui descendit en Égypte » (Dt, 26,5).
Je me souviens aussi de l’appel fait à Abraham : « quitte ton pays. » (Gn, 12,1). Et j’entends Jésus nous dire : « le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer sa tête. » (Mt, 8,20)
Je m’adresse maintenant au Seigneur, comme un ami parle à un ami. Je peux lui dire mon goût / mes craintes du changement, mon désir de m’installer…Je peux lui confier tous les migrants de notre temps.
En pensant aux épreuves des migrants aujourd’hui, je prie avec les mots de St Paul :
« Nous portons un trésor comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous. En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps. » (2Co, 4, 7-11)
02Tu as aimé, Seigneur, cette terre, tu as fait revenir les déportés de Jacob ; 03 tu as ôté le péché de ton peuple, tu as couvert toute sa faute ; 04 tu as mis fin à toutes tes colères, tu es revenu de ta grande fureur.
05 Fais-nous revenir, Dieu, notre salut, oublie ton ressentiment contre nous. 06 Seras-tu toujours irrité contre nous, maintiendras-tu ta colère d'âge en âge ?
07 N'est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre et qui seras la joie de ton peuple ? 08 Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
09 J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? + Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles ; * qu'ils ne reviennent jamais à leur folie ! 10 Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.
11 Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; 12 la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.
13 Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. 14 La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.
Je prends un temps à l’écart…
Je me prépare à rencontrer le Seigneur, en communion avec toute l’Eglise… Je peux faire mémoire de la foule des croyants qui ont prié avec ce psaume…
Je m’installe, respire profondément et trace sur moi le signe de la Croix…
Je peux demander une grâce au Seigneur…
Je lis le psaume lentement, une première fois.
Composé sans doute après le retour d’exil à Babylone, ce psaume balance entre espérance et attente, confiance et incertitude.
Les v 2-4 font mémoire du pardon de Dieu.
Les v 5-7 demandent la miséricorde divine
Les v 8-10 appellent à la confiance, à l’écoute de la Parole
Les v 11-14 disent le temps de l’espérance
Je relis le psaume en étant attentif.e aux mots, aux images utilisées, aux demandes exprimées. Je reste sur ce qui me parle, sans me soucier d’aller plus loin.
Le verbe « revenir » est employé cinq fois, dans des mouvements différents…
Le sujet de ce psaume est le pardon de Dieu… le Dieu juste condamne le péché, tout péché, mais le Dieu d’amour pardonne au pécheur…
Il nous rappelle l’importance de la mémoire des actions passées de Dieu pour nourrir notre foi en ses promesses futures…
Je peux faire mémoire de l’action de Dieu dans ma vie passée et présente, de son pardon, du don de sa grâce…
J’en parle à Jésus, comme un ami se confie à son ami…
Et je redis ma confiance au Père, dans la paix et la joie de l’Esprit Saint : « Notre Père… »
En ces jours de la Pentecôte, remémorons-nous quelques manifestations de l’Esprit .
Dans le vent
Jésus parle à Nicodème: « Le vent souffleoù il veut : tu entends sa voix, mais tu nesais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsipour qui est né du souffle de l’Esprit. » Jn 3,8
Dans le feu:
Nous entendons les disciples d’Emmaüs: « Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait lesÉcritures ? » Lc 24,32
Dans la nuée et la lumière
Kim en Joong-Pentecôte-Eglise de St Genest
Sur la montagne de la Transfiguration: « Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Lc 9, 34-35
Avec l’eau
Jésus à la Samaritaine: « celui qui boira de l’eau quemoi je lui donnerai n’auraplus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra enlui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » Jn 4, 14
Je prends maintenant, un temps avec la Parole; je choisis parmi ces extraits proposés, celui qui me rejoint et je me dispose à l’accueillir, à l’entendre pour moi . Je fais silence en moi, je respire calmement , profondément; et lis le passage entier et prends place avec Jésus. Et je me laisse faire par l’Esprit.
Dans ma vie, aujourd’hui, qui est l’Esprit Saint pour moi ? Est-ce que je perçois sa présence? Comment est-ce que je sens que l’Esprit Saint est à l’oeuvre dans ma vie? Comment et où m’envoie t-il à la suite de Jésus ?
Pour conclure je peux prier et chanter cette hymne de Didier Rimaud « Ouvrez vos coeurs au souffle de Dieu »
Ouvrez vos cœurs au souffle de Dieu, Sa vie se greffe aux âmes qu’il touche ; Qu’un peuple nouveau Renaisse des eaux Où plane l’Esprit de vos baptêmes ! – Ouvrons nos cœurs au souffle de Dieu, Car il respire en notre bouche Plus que nous-mêmes !
Offrez vos corps aux langues du Feu : Que brûle enfin le cœur de la terre ! Vos fronts sont marqués Des signes sacrés : Les mots de Jésus et de Victoire ! – Offrons nos corps aux langues du Feu Pour qu’ils annoncent le mystère De notre Gloire.
Livrez votre être aux germes d’Esprit Venus se joindre à toute souffrance : Le Corps du Seigneur Est fait des douleurs De l’homme écrasé par l’injustice. – Livrons notre être aux germes d’Esprit Pour qu’il nous donne sa violence À son service.
Tournez les yeux vers l’hôte intérieur, Sans rien vouloir que cette présence ; Vivez de l’Esprit Pour être celui Qui donne son Nom à votre Père. – Tournons les yeux vers l’hôte intérieur, Car il habite nos silences Et nos prières !
Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge
Je me dispose à la prière, entrant dans le silence, m’installant confortablement. Je m’ouvre à la présence du Seigneur et demande la grâce de sentir l’Esprit Saint prier en moi.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je lis le psaume, entrant dans la joie de l’action de grâce. « Mon cœur exulte, mon âme est en fête »
Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu ! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. »
Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable.
Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption.
Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices !
Je m’arrête maintenant sur quelques versets du psaume.
Le psalmiste, David, selon la tradition, évoque à deux reprises : « mon Dieu ». « Garde-moi, mon Dieu. » / « Tu es mon Dieu. ». Je n’entends pas ce possessif comme une appropriation, mais comme l’assurance d’une proximité, d’une connaissance intime.
Où en est, aujourd’hui, ma relation personnelle au Seigneur ?
« Il est à ma droite (…) à sa droite éternité de délices. ». Je considère la joie de la certitude d’avoir une place près de Dieu. N’y-a-t-il pas là l’annonce de la Parole de Jésus en Jean que nous avons récemment réentendue : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. (Jn, 14, 2-3).
Je médite la façon dont Jésus est attentif à chacun, donne sa place à chacun, nous conduit à partager l’amour du Seigneur.
« Tu m’apprends le chemin de la vie. ». Dans la dynamique de Pâques, je me centre sur la résurrection. « Tu ne peux m’abandonner à la mort ». Je me confie à Jésus qui nous a dit : « je suis le chemin, la vérité, la vie. » (Jn, 14,6).
Je relis le psaume, puis prends un temps de dialogue avec Celui qui es « mon » Dieu. A Celui qui est « mon refuge », je peux confier mes difficultés de ce jour. A Celui qui « me conseille », « m’avertit », je peux confier mes questionnements d’aujourd’hui. Et je fais aussi de cet échange intime un temps d’action de grâce et de bénédiction.
Je m’unis aux croyants du monde entier en disant « Notre Père… »
Visitation de Vittore Carpaccio – 1504 – Galerie Franchetti Ca’d’Oro à Venise
Ces jours-ci la liturgie a invité à prier avec le texte de Luc (Lc1, 39-56) faisant le récit de la visite de Marie à sa cousine Elisabeth. Nous prenons maintenant un temps de prière autour de cet évènement en s’appuyant sur ce tableau de Vittore Carpaccio, peintre né à Venise en 1465.
Nous faisons silence et marquons le début de la prière en faisant le signe de croire. Demandons la grâce de nous laisser enseigner par ce mystère contemplé.
Contemplons l’œuvre d’art.
Que ressentons-nous au premier regard ? Puis nous regardons la composition du tableau, les lignes, les formes, les couleurs. Nous regardons ce qui est représenté : le cadre, les 2 femmes au centre, les autres personnages, les animaux, les détails.
Qu’est-ce qui est étonnant ? Qu’est-ce que cela me dit de ce mystère ?
Au centre, il y a Marie et Elisabeth qui s’empressent l’une vers l’autre, poussées par l’Esprit saint ; elles s’enlacent avec tendresse et dans une grande proximité. Toutes deux sont vêtues de rouge et de bleu ;
comme l’alliance de l’humain et du divin. Car toutes deux portent un enfant, un enfant promis par Dieu dans sa vieillesse pour l’une, le Fils de Dieu pour l’autre. Ici pas de tressaillement de joie, mais une certaine gravité sur les visages devant la grandeur du mystère.
Ce tableau semble représenter une scène de la vie quotidienne. Chacun vaque à ses occupations dans cette ville que l’on ne saurait situer. Carpaccio fut un des premiers à utiliser la présence de l’architecture et il peint, dans ses tableaux, la réalité vénitienne au 15ème siècle. Mais ici le peintre laisse aller son imagination poétique et sa passion pour l’Orient. De multiples détails en témoignent :
siècle. Mais ici le peintre laisse aller son imagination poétique et sa passion pour l’Orient. De multiples détails en témoignent : des hommes qui portent des turbans, un minaret au loin, des palmiers, des tapis sur les balcons… Cette visitation ne semble pas être un évènement du passé mais elle s’inculture dans la Venise marchande et florissante du 15ème siècle où affluent hommes et biens de nombreux pays. D’ailleurs, ce tableau fait partie d’un cycle sur l’histoire de la vierge Marie, réalisé pour la confraternité de la communauté albanaise.
Je médite sur l’universalité et l’actualité du message évangélique. C’est toute la création qui est concernée. Comment ce récit de la Visitation rejoint-il ma vie aujourd’hui encore ?
Faisons place à ce récit dans notre vie
Tout au long des siècles, des peintres se sont approprié cette scène évangélique. Comme par exemple, Maurice Denis à la fin du 19ème siècle. Autre temps, autre lieu, autre représentation. Mais la même Bonne nouvelle à partager : Dieu s’est fait chair ; il habite parmi nous.
Visitation de Maurice Denis 1894 – Musée de st Petersbourg
A notre tour, comment pouvons-nous rendre vivant ce récit ici et maintenant ?
Comme Marie et Elisabeth, suis-je en relation avec le Seigneur ?… Suis-je à l’écoute de sa Parole dans le concret de ma vie ?… M’arrive-t-il de partager avec d’autres ce que le Seigneur a fait pour moi ?… Y a-t-il des rencontres qui ont été pour moi des visitations ?… Avec qui puis-je converser sur ce qui est important pour moi ?… De quelle bonne nouvelle suis-je le porte parole ?… Comment je fais advenir l’enfant de Dieu que je suis ? … Qui pourrais-je visiter en ce jour ?…Je parle au Seigneur de ce qui me rejoint dans ces pistes de méditation, en me laissant porter par la musique de Vivaldi (Magnificat) :