Tableau connu d’Antonello da Messina, « Annunciata » a été réalisé vers 1476. Il est conservé à Palerme en Sicile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38) « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils »
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.
En ce 25 mars, comme chaque année, nous célébrons l’Annonciation du Seigneur. Je me dispose à un temps de méditation et de prière en compagnie de Marie. Je m’installe à l’écart et fais silence en moi… Je regarde la peinture…
Contrairement aux représentations « classiques » de l’Annonciation, on ne voit ici ni l’ange ni un quelconque élément de décor… La présence de l’ange est suggérée par la lumière qui éclaire le visage de Marie et son regard …
Les seuls objets présents sont le lutrin et le livre posés devant elle.
C’est le portrait d’une jeune fille humble de Nazareth, qui va être appelée à une vocation exceptionnelle…
Suivons Sophie M (in Actuailes n° 93 – 12 décembre 2018) :
« C’est une femme simple, presque ordinaire. Elle est seule, en train de lire la bible, qu’elle a posée sur un pupitre de bois. Et soudain elle comprend. Elle sourit légèrement, lève la main pour dire oui et retient son voile pour mieux se recueillir. On sent que rien
ne la détournera de sa décision : elle vient d’accepter de porter en elle le Fils de Dieu, de faire de la place en elle à l’amour. Son visage lisse n’exprime ni frayeur ni angoisse : elle sait qu’il lui faut aimer, tout simplement, aimer parfaitement.
Le visage dessine un ovale très pur. Les triangles rigoureux que dessine le voile conduisent vers ce visage, éclairé d’une lumière douce. Pour ne pas nous distraire, Antonello réduit la couleur à un bleu profond et intense, qui se détache sur fond de nuit. Tous ces moyens font de Marie une femme comme nous et en même temps une figure grandiose.
Antonello a l’audace de ne dessiner ni auréole autour de la tête de Marie, ni or sur ses vêtements, ni une demeure, un palais ou un temple qui montreraient sa grandeur.
peint pas d’ange lumineux venu du ciel, il se passe de ces signes merveilleux : il concentre notre attention sur le visage et sur les mains de cette femme qui dit « oui », car c’est ce « oui » qui est merveilleux. »
A nouveau, je contemple la peinture, me laissant porter par tout ce qu’elle me dit…Le « oui » de Marie, source de notre salut…
Je peux faire mémoire de mes « oui » … de mes refus … comment pourrais-je accueillir davantage la volonté du Père ?
Avec le père Jean-Paul Hoch, je m’adresse à Marie :
"Aide-nous à dire OUI"
« Quand vient pour nous l’heure de la décision, Marie de l’Annonciation, aide-nous à dire « oui ».
Quand vient pour nous l’heure du départ, Marie d’Égypte, épouse de Joseph, allume en nous l’Espérance.
Quand vient pour nous l’heure de l’incompréhension, Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience.
Quand vient pour nous l’heure de l’intervention, Marie de Cana, donne-nous le courage de l’humble parole.
Quand vient pour nous l’heure de la souffrance, Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils.
Quand vient pour nous l’heure de l’attente, Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière.
Et chaque jour, quand sonne pour nous l’heure joyeuse du service, Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda, mets en nous Ton cœur de servante.
Jusqu’au jour où, prenant Ta main, Marie de l’Assomption, nous nous endormirons, dans l’attente du jour de notre résurrection. Amen. »
Je conclus avec une prière de l’Eglise : « Notre Père… »