(Mt, 17,1-9) Fresque de Fra Angelico Couvent San Marco, Florence.
Je me dispose à la prière, me laissant « emmener à l’écart », comme Pierre, Jacques et Jean. M’éloignant de mes préoccupations ordinaires, je choisis de prendre un temps avec le Seigneur. Je demande la grâce de me laisser illuminer par la lumière du Seigneur.
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Je relis l’évangile entendu ce dimanche. (Matthieu, 17, 1-9)
En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :« Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait :« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :« Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre :« Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
Je contemple ensuite la fresque de Fra Angelico

Je suis attentif à la composition de cette œuvre, toute en sobriété. Je m’arrête sur le cadre. Je considère le jeu des couleurs et de la lumière. J’identifie les différents personnages, et examine leur attitude.
Un paysage très simplement évoqué, un rocher aride symbolisant « la haute montagne ».
La composition est centrée sur la Christ, au visage « brillant comme le soleil » et aux vêtements « blancs comme la lumière ». La mandorle lumineuse sur laquelle le Christ se détache est mise en valeur par le fond or de l’œuvre, qui fait penser à une icône orientale.

« Moïse et Elie qui s’entretenaient avec lui », sont représentés de façon très originale, par leurs seuls visages, Moïse sur la gauche, reconnaissable aux rayons qui ornent son crâne et Elie, sur la droite.

Au bas de l’œuvre, les trois apôtres que Jésus a pris avec lui. Fra Angelico représente le moment où les disciples entendent la voix dans la nuée : « Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte ». Pierre sur la gauche, tourné vers nous, se protégeant de ses bras ; Jacques, au centre, appuyé sur le sol, et la main devant lui pour atténuer la vivacité de la lumière ; seul, Jean, sur la droite semble plus apaisé, en prière, comme on le représente communément au pied de la croix.

Et l’artiste a ajouté à sa représentation, au-delà du récit évangélique, la figure de la vierge, à gauche, et celle de St Dominique, à droite, fondateur de l’ordre dominicain auquel appartient Fra Angelico.

Autour du Christ, donc, des figures de l’Ancien Testament, des apôtres contemporains de Jésus, et le temps de l’Église, avec Marie et Dominique, qui est aussi notre temps. Je considère le chemin de la Révélation, et rends grâce de cette longue lignée qui nourrit, aujourd’hui, ma foi.
Contemplant les divers personnages, je m’arrête sur le trouble des deux apôtres Pierre et jacques, et sur la sérénité de Jean, Marie et Dominique, apaisés dans la prière. Que puis-je dire, aujourd’hui, de mes dispositions intérieures. Suis-je troublé, et pourquoi ? Suis-je dans la paix ?
Dans la route menant vers Pâques, le récit de la transfiguration et sa représentation par Fra Angelico, me laissent déjà entrevoir la lumière de la résurrection. Mais l’auréole du Christ est marquée de la croix, comme sa silhouette, bras écartés évoque aussi la crucifixion. Comment mon chemin de carême me permet-il de revenir au cœur de ma foi en Jésus mort et ressuscité ?
Face au désarroi de Pierre, Jacques et Jean, « Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
J’entends cette parole pour moi, aujourd’hui, et je réponds à cette invitation du Seigneur par un échange simple, comme un ami s’adresse à un ami. Je rends grâce pour la lumière qui me rejoint, ou lui présente les obscurités qui peuvent m’habiter. Je lui présente celles et ceux qui ont besoin qu’on leur dise « sois sans crainte. »
Je termine en disant « Notre Père… »
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.